RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
Cocosmonautes
Il est toujours fascinant de partir à la découverte d’un continent inexploré, surtout dans un bon fauteuil, une boisson chaude à portée de main. Cette histoire de la science-fiction soviétique, unique en son genre, vaut son pesant de caviar et l’on en apprend de vertes, à commencer qu’il y eut bel et bien une science-fiction soviétique. Certes, on le savait déjà par Jacques Bergier et...
Les Chiffonniers de Paris d’Antoine Compagnon
Peaux de lapins ! » criait-on sur le boulevard en haut du jardin du modeste auteur de ces lignes, dans les années 60. C’était un de ces chiffonniers et récupérateurs de bric et de broc qu’Antoine Compagnon rassemble en son étonnant, terrible parfois, Les Chiffonniers de Paris. Il reproduit une gravure de 1820, par Carle Vernet, montrant « le marchand de peaux de lapins », l’un de ces gueux...
Ce que raconter veut dire
Poursuivant son enquête sur le « partage du sensible », Jacques Rancière explore les voies et voix de la littérature, et le savoir profond qu’elle délivre.
Qu’est-ce au juste que ce curieux récit, Les Anneaux de Saturne de Sebald, qui se donne comme un compte-rendu de voyage en même temps qu’une enquête historique sur certains vestiges du progrès et de la destruction ? Une « topographie de la mémoire qui est aussi bien une topographie de la fiction » ? Que perçoit Baudelaire dans ces « yeux des pauvres » qui, dans le poème du Spleen de Paris,...
L’ultime aventure
Avec son Essai sur le fou de champignons, c’est le miracle de s’étonner et l’art de s’émerveiller que célèbre Peter Handke.
Il écrit comme on se met en chemin, Peter Handke, comme on part pour une marche sans but. Plus qu’une espèce de méthode, c’est pour lui une manière d’être, une façon d’aller sans savoir qui relève d’une science subtile de l’égarement. Un art de se perdre qui donne aux plus humbles choses un éclat parfaitement nouveau, une puissance, un rayonnement autre. Cette démarche livrant l’écriture à la...




