RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
Une chose menant à une autre de Joy Setton
Joy Setton est une voyageuse, une poète ainsi qu’une essayiste, et elle n’a pas sa langue dans sa poche. Dès les premiers paragraphes d’Une chose menant à une autre, où elle réinvestit le genre de la promenade philosophique, elle en balance des nettes, et sans bavure. Occupée à désosser la pensée d’Alain Robbe-Grillet, ce qui reste une drôle d’idée, elle lance « Je ne peux même pas finir un...
Dans les arcanes d’un regard
Un essai pour montrer comment André Pieyre de Mandiargues a renouvelé ce qu’il appelait « la vieille entreprise de raconter », et combien son œuvre résonne avec les formes artistiques contemporaines.
Chasseur de l’étrange, réaliste de l’imaginaire, Mandiargues le Magnifique (1909-1991) est l’auteur d’une œuvre inclassable et d’une étonnante liberté. Poète, conteur, romancier, « voyeur d’art » comme il aimait à le dire de lui-même, il occupe une place singulière tant son écriture explore, avec une acuité esthétique et poétique des plus rares, le langage. Une modernité et une...
Des livres
Le Corps et ses raisons
de
Jean Starobinski
Histoire de la médecine
de
Jean Starobinski
La certitude sensible
En 2020, Jean Starobinski aurait eu 100 ans. L’occasion de faire retour sur le parcours de cet intellectuel hors pair qui entretint avec la médecine des liens fidèles et féconds.
Licencié ès Lettres en 1942, Jean Starobinski s’inscrit à la faculté de médecine la même année. En 1948, il intervient à Genève, sa ville natale, en tant qu’assistant médecin à l’hôpital et professeur de littérature à l’Université. Une double compétence qui continuera jusqu’au bout d’amender sa réflexion et placera l’intellectuel dans une position tout à fait à part. Deux livres témoignent de...
Dans le miroir de courtoisie
Par le détour d’un hommage aux lieux habités, aux livres aimés, aux amis disparus, le philosophe Giorgio Agamben compose son propre portrait en creux.
On connaît ce discret équipement des habitacles automobiles : installé « à la place du mort », qui abaisse le pare-soleil y trouvera le miroir dit « de courtoisie ». On y vérifie sa coiffure, son maquillage ou son nœud de cravate, et l’on y regarde sans se retourner la personne, sur la banquette arrière, avec qui l’on converse. Mais elle aussi nous regarde, lit la partie supérieure de notre...



