RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
La Tradition des larmes de Jean-Paul Iommi-Amunategui
Il est des ouvrages, des essais notamment, qui en explorant un sujet dessinent un portrait en creux de celui qui l’écrit. Il en était ainsi d’Autoportrait en nature morte (Équateurs, 2020). La question lui avait été alors posée (Lmda N°212-213) : « Un portrait en creux, soit, mais, si cela pouvait avoir un sens, un creux fait de bris et dont la forme finale serait elle-même un fragment...
Âmes démultipliées
Dix ans après le décès d’Antonio Tabucchi, Bernard Comment nous offre les derniers entretiens avec son ami. Audacieux et malicieux.
Certains auteurs transalpins instillent ce que l’on pourrait nommer une tendresse littéraire par leur présence au monde et les figures qui s’en dégagent, leurs écrits subtils, combatifs, toujours intranquilles, métaphysiques et humains. Ils possèdent une étrange propension à passer le doigt sous le monde réel, la modernité et d’en révéler la fausseté, le mal, la cruauté, l’obscurantisme. Ils...
Pataphysichien
Les hérauts de la ’pataphysique ont été des hommes à chien : François Caradec a révélé dans le magnifique Nous deux mon chien (Horay, 1983) qui de l’homme ou de la bête est le cerveau, et Raymond Queneau s’est enquis des quadrupèdes poilus tout au long de sa vie. Le bibliophile Dominique Charnay, qui connaît fort bien l’œuvre de ce dernier, nous conte par le menu les affections canines du...
À crédit et en stéréo
Dans la catégorie des livres où l’on ne comprend pas tout, un bel essai sur Sade et Fourier.
Le rayon « Philosophie » se divise en deux : les livres où l’on comprend tout mais qui ne pensent rien ou si peu, et ceux où l’on ne comprend pas tout, mais qui nous donnent à penser qu’il nous faudrait poursuivre. Payer le mal à tempérament, de Simone Debout (1919-2020), appartient à la seconde catégorie. L’éditeur qui réédite ce texte paru en 1981 dans la revue de psychanalyse Topique...




