La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Un nomadisme sauvage
S’espacer, se repenser comme une autre, tel est le paysage mental autour duquel s’organise le nouveau livre de Sophie Loizeau.
L’extravagance a du bon, surtout avec Sophie Loizeau. Extra-vagans, qui erre au-dehors nous dit l’étymologie, mais, chez Loizeau, cette errance est un mouvement d’élargissement qui tient autant du décentrement que de la divagation. Il a consisté à déplacer le poème « du côté de l’altérité », à se laisser dériver vers un autre espace mental, à sortir du huis clos de son identité pour se...
Mystérieusement inexemplaire
Au fil d’une parole libre d’elle-même, les proses brèves de Robert Walser diffractent la substance mouvante d’un présent muable et capricieux.
Un art du voir s’articulant autour d’une fausse naïveté de l’œil, une oreille ouverte aux discours du « temps-présent », une ironie subtile désamorçant et renversant tout jugement de valeur, une écriture qui semble d’une infinie simplicité mais qui est inimitable, et puis un invincible désir d’être insignifiant et de le rester : tout Robert Walser (1878-1956) est là. Tout son être aura été...
Un rire dans la béance des ruines
Sur fond d’apocalypse, Philippe Comar fait de l’or de la langue un bien contre l’immonde. Au-delà du bien et du mal.
Le corps d’une langue est mortel autant que la chair ou les civilisations. Mais si les langues meurent, elles ne se taisent pas tout à fait. Elles peuvent refaire surface comme nous le montre Langue d’or, de Philippe Comar, écrivain, plasticien et commissaire d’expositions.
Son roman nous plonge dans un monde d’après l’apocalypse. « Partout des vasières, des crevasses, des flaques de mazout,...
Une poétique de la relation
Dans son approche sensuelle et esthétique de « l’immensité intime », Henri Gilbert nous invite à participer corps et âme à la chair du monde.
En onze vagabondages autour de la notion d’« immensité intime » – une formule due à Gaston Bachelard qui, dans Poétique de l’espace, traque la subtile dialectique de l’espace intime et de l’espace extérieur jusque dans la façon dont ils en viennent à « s’encourager dans leur croissance » –, Henri Gilbert témoigne de la façon dont il s’est approprié cette notion, l’a expérimentée et l’a...




