La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Un livre
Dans la serre poétique
de
Pierre Gilman
Vertes présences
Donnée ici à lire pour la première fois, la poésie de Pierre Gilman relève d’une manière d’être, d’une façon de se quitter pour aller au-devant de son ombre. Poésie faite d’irrigations réciproques entre la fragilité têtue du souvenir et la beauté de ces petits riens qui réconcilient avec l’existence. « Ouvrir la porte des matins où s’étonner/ de la surprise d’exister dans la flaque...
Un livre
La Tentation de l’après
de
Emily Tanimura
L’anti-Lolita
Elle a 15 ans, l’impossible innocence de sa lucidité, l’insoumission dédaigneuse de celle qui, se découvrant être de désirs, est entrée dans ce moment où adolescence rime avec attente. « Je ne sais plus inventer d’histoires. Maintenant j’attends qu’elles me viennent de l’extérieur. J’attends les histoires qui m’inventeront. » Animée de la foi qui déplace les regards, et jouant de la force de...
Un livre
Les Iles éparses
de
Jean-Louis Magnan
Exercices de cruauté
Plongée dans l’intériorité cynique d’un bourreau ordinaire autant que dans un enfer colonial méconnu, le deuxième roman de Jean-Louis Magnan pointe notre incapacité foncière à regarder le Mal en face.
Anti-Liban déjà (Verticales, 2004), avait donné le ton, imposant d’emblée une matière et une manière, une conception de la littérature comme art d’investir le négatif de l’image que les sociétés et les hommes veulent donner d’eux-mêmes. Une écriture de la catastrophe, une chronique de l’humaine cruauté, doublée de l’impossible inventaire des mots/maux et des morts qui trament l’arrière-monde...
Un auteur
Au coeur de l’équarrissage
De l’inconciliable à l’inavouable, que deviennent les lois, la justice, la morale, l’éthique dans des situations ultimes ? C’est aux limites de l’humain que nous entraîne le magistral premier roman de Jonathan Littell.
Pour un écrivain, rien n’est sacré ni tabou. Quand il décide d’explorer un territoire de l’expérience humaine, c’est pour ébranler certitudes et préjugés, mettre en lumière le non-dit de tous les discours, proposer une aventure intérieure et une traversée de l’Histoire, comme dans le vertigineux roman que nous propose Jonathan Littell, né en 1967, et dont Les Bienveillantes est la première...
