La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Mise à nu
Aventure tactile, exploration sensorielle, le premier livre de Dominique Rameau (né en 1947) est une ode à la beauté intempestive du monde.
Pour mieux lui faire accepter la semaine de vacances forcée qu’elle lui impose, la notaire qui l’emploie a prêté à Sybille une maison qu’elle possède dans un hameau perdu du Morvan. Un peu désemparée au début, Sybille la citadine, va très vite s’ouvrir à l’altérité, au réel le plus simple, s’enfoncer dans la matière des choses, découvrir la séduction de l’exploration et les vibrations de...
Un livre
Roland Barthes ou l’art du détour
de
Claude Coste
La magie barthes
Il nous aura réappris à lire, à voir et à sentir. À dire « je », à considérer le texte comme corps de désir vivant. Claude Coste nous dit au prix de quels détours.
Qui de nous n’a sa table intérieure de goûts, de dégoûts, d’indifférences ? interroge Barthes dans La Chambre claire, avant d’ajouter : « J’ai toujours eu envie d’argumenter mes humeurs ». Non pour les justifier, continue-t-il, encore moins pour emplir de mon individualité la scène du texte, mais au contraire « pour l’offrir, la tendre cette individualité, à une science du sujet, pourvu...
Mettre sa vie en littérature
Max Frisch concevait ses journaux comme des œuvres à part entière. Son Journal berlinois, qui dit une existence par l’écriture, le démontre.
Quand il s’installe à Berlin-Ouest en 1973, Max Frisch (1911-1991) a 62 ans. Architecte de formation qui a décidé de se consacrer exclusivement à l’écriture, il est très largement reconnu tant pour ses romans (Stiller, Homo Faber) que pour son théâtre et son Journal (1966-1971). Grand voyageur, il a choisi Berlin pour y retrouver un anonymat qu’il n’a plus à Zurich, sa ville natale, ni à...
Beauté tumultueuse
D’accords discordants en défigurations heureuses, c’est le poème toujours recommencé de son amour de la vie que met en mots Henri Droguet.
Il berce notre fini dans l’infini, chante à mots rares ou déchante à mots voraces les splendeurs hasardeuses des états du ciel ou le remuant désordre des jours qui passent. Voilà plus de trente ans – et une vingtaine de livres – qu’Henri Droguet partage les mouvements pluriels de cette réalité primordiale qu’est le dehors – la mer, le vent, les nuages, les paysages bretons – perçu comme une...



