La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Un petit monde, un monde parfait de Marco Martella
Il faut entrer dans ce livre comme on pousse la porte d’un jardin, comme on désapprend pour s’ouvrir à ce qui noue nature et poésie, paysage et présences, à commencer par celle du temps qui ne se dit pas mais se vit. Un livre de terre, de lumière et de verdure, qui nous emmène dans des jardins – les plus intimes comme les plus fréquentés – en quête de cette part d’humanité qui résiste en...
Le désastre et la splendeur
À une œuvre-vertige tout en ébranlement, Bernard Desportes ajoute deux recueils de poésie qui disent la détresse de l’homme en perpétuelle instance d’être.
La poésie qu’écrit et que défend Bernard Desportes est l’adversaire de toutes les contraintes, l’ennemie de tous les pouvoirs. C’est dire qu’elle n’a rien à voir avec la « vieille poésie subjective toujours horriblement fadasse » ou celle des « écolos d’la rime saine appointés pour foire à pouèt’s ». Elle est défi au sens commun et exempte de tout enseignement puisqu’elle n’apporte ni savoir...
Impossible poésie
L’américain Ben Lerner démontre comment la haine de la poésie et l’amour de la poésie se dissolvent l’un dans l’autre.
À la fois poète et romancier, Ben Lerner, né en 1979 dans le Kansas, n’a jamais oublié le poème qu’il dut, collégien, choisir et apprendre par cœur pour le réciter en cours. C’était Poésie, de Marianne Moore, dont le premier vers se lit ainsi : « Moi aussi, je la déteste ». C’est cette haine de la poésie qu’il interroge dans cet essai. Quel est ce « genre d’art » qui pose « comme condition de...
Cartes postales de Henry Jean-Marie Levet
La vie de Henry Jean-Marie Levet ne dura que trente-deux années (1874-1906) et son œuvre est des plus minces, l’essentiel de son génie tenant à une dizaine de Cartes postales, dix poèmes publiés en revues entre 1900 et 1902, aujourd’hui à nouveau réunis accompagnés d’autant d’échos graphiques signés Daniel Nadaud.
Après avoir fréquenté la bohème montmartroise, Levet entama une carrière...




