La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Pensée en expansion
Elle module du sens en métamorphose et en devenir, Flora Bonfanti, une Brésilienne née en 1987, et dont le premier livre développe une forme de pensée-écriture au croisement de Michaux et de Borges. Dans « Précis du silence et du bruit », elle part d’un constat : « Le langage crée des oppositions et dissimule les asymétries. Il se fabrique une balance, pose sur chaque plateau un mot et,...
Comme en tendant des filets au vent
Livre de peintures et d’écarts, Versants d’un portrait propose une très originale manière d’aller au-devant de la poésie d’André du Bouchet.
Peintre et traducteur en allemand d’auteurs avec lesquels il se lie d’amitié, Sander Ort, né en 1942 à Düsseldorf, partage sa vie entre la banlieue parisienne et Tokyo où il réside six mois par an. Traduisant un Choix de poèmes d’André du Bouchet, il a voulu connaître Truinas, le petit village de la Drôme préalpine dont le poète a fait son « haut lieu d’écriture ». Réactualisant un motif...
Une odeur de détresse
L’humanité a perdu le goût de la fable. Tragique désillusion dont Esther Tellermann nous distille un récit extrême.
Étrange, hors du commun, cette Première version du monde signée Esther Tellermann, poète et psychanalyste dont l’œuvre compte désormais une quinzaine de titres depuis Première apparition avec épaisseur (Flammarion, 1986) jusqu’à Éternité à coudre (Unes, 2016). Se situant dans la lignée d’un précédent récit en prose, Une odeur humaine (Farrago/Léo Scheer, 2004), il multiplie les instances...
L’art de la fureur
Apologie de la démesure, bûcher nihiliste, À dos de Dieu est la « Saison en enfer » de Marcel Moreau.
Très judicieuse l’idée de choisir Marcel Moreau pour inaugurer une collection titrée « Les Indociles ». Belge d’origine – né en 1933 mais naturalisé français depuis 1974 – il a l’amour de la démesure, l’ivresse dionysiaque et un goût marqué pour toutes les formes de l’excès : le vin, l’érotisme, la cruauté. Renvoyant dos à dos tous les systèmes et cherchant la vérité dernière de l’être...




