La rédaction Patrick Gay Bellile
Articles
Une vache pour tout bagage
Catherine Monin met en scène l’histoire forte d’une rencontre et d’un vivre-ensemble avec un animal.
Merveille, c’est d’abord une langue. Précise, parfois crue, tendre et poétique, malaxant le vocabulaire et la syntaxe. Une langue d’images et d’émotions qui nous dit une façon de voir le monde, une façon même d’être au monde. D’être attentif au monde. De le découvrir. D’affronter ses épreuves et d’en être parfois émerveillé. Merveille, c’est aussi une vache, une parmi les 26 d’un troupeau qui soir et matin passent à la trayeuse pour donner leur lait. De celles dont on dit qu’elles regardent passer les trains, dans un accès fiévreux d’anthropomorphisme. Et Merveille, c’est donc une pièce...
Un livre
Jeanne
de
Yan Allégret
Jeanne, de Yan Allegret
Un jour, Jeanne ne rentre pas chez elle. « Je ne suis pas allée travailler. Je ne suis pas allée chercher les enfants. Je ne suis pas rentrée chez moi. » Son mari et ses deux enfants l’attendent et s’inquiètent. Elle leur téléphone pour les rassurer, leur dire que tout va bien, qu’elle les aime toujours autant, mais qu’elle ne peut pas. Brusquement, elle est empêchée. Interdite. La peur a...
L’effroi et l’envol
Un magnifique parcours de femme porté par le battement du monde, signé Penda Diouf.
Cela commence par une belle image. Une mère et son fils sorti de l’école mangent un bonbon, assis sur un banc. Il fait beau, du moins on l’imagine. Il est question entre eux de l’école, du repas du soir, de l’organisation familiale. Des rires sont échangés, tout va bien. Mais, « Ils se lèvent et repartent. Un des papiers de bonbon est laissé par terre et scintille au soleil. » Et ce papier de...
Une famille heureuse de Javier Hernando Herráez
Ils sont quatre : le père, la mère, le fils, la fille. Le fils raconte : « Ma mère met la table. Ma sœur, perchée sur le couvercle de la poubelle, touille le repas pour éviter qu’il ne brûle. Mon père finit de tailler les plantes du jardin. » Le fils, lui, s’intéresse aux fourmis. Elles sont là, présentes, du début à la fin, comme la permanence d’un monde vivant qui voit passer les hommes,...
Mineur de forme
Depuis trente ans, Jean Cagnard construit une langue foisonnante et poétique pour dire le monde et ses errements.
Jean Cagnard manie la langue. Au sens physique du terme. Il la broie, la pétrit, l’étale, la roule, la mélange, puis recommence. Lui qui fut maçon, bâtit une œuvre littéraire faite d’images surprenantes et de poésie du quotidien. Il nous surprend par les fulgurances qu’il propose, comme cette femme enceinte pendant soixante-trois mois dont le ventre fait des fugues pendant que le monde part...




