La rédaction Marie-Laure Picot
Articles
Un livre
Je ne suis pas une prostituée, j’espère le devenir
de
Henri Deluy
Deluy, sans fard
Mêlant notes et souvenirs, le poète trace avec gravité le portrait en creux de toute une vie. Son nouveau recueil, l’un des plus beaux, est une leçon d’humanisme.
Peut-on aujourd’hui encore écrire des poèmes aux accents lyriques avec une matière de prose ? Tentative risquée d’équilibre que le poète Henri Deluy assume avec force à l’occasion de Je ne suis pas une prostituée, j’espère le devenir. Un titre qui surprend et qui ne dit d’abord rien sinon une intention : par ce titre qui n’est pas un titre de livre de poésie, « je » signe un livre de poésie. « Car,/ Ce qui ne pourrait/ Le poème le dit. »
Par touches successives et tranchantes, le poète nous offre un livre de chair, de sang et d’amour, dans une langue souvent désincarnée. La matière du...
Un livre
Poèmes fin de siècle
de
Lawrence Ferlinghetti
Poèmes fin de siècle
Derrière la salle de bains, il continue de se passer des choses peu recommandables. Marie-Laure Dagoit, qui avait entamé son travail d’éditeur sous le nom de Cahiers de nuit (voir MdA N°14), poursuit sa réalisation de petits livres érotiques, six pages agrafées avec méthode et application. Avec Poèmes fin de siècle de Lawrence Ferlinghetti, quatre scènes un brin coquines, la suggestion va...
Un livre
Fin de citation
de
Marie Borel
Dans l’interstice des voix
Le centre international de poésie de Marseille a accueilli Marie Borel en résidence. À la clé, des poèmes qui s’adressent avec force à notre solitude.
Ce qui frappe d’emblée dans les poèmes de Marie Borel, c’est le constat de l’incommunicabilité entre les êtres : « qui sait lire les pensées qui lient deux personnes séparées ? Notre dialogue vous amuserait, je balbutie et elle est sourde comme un pot ». Dans les vingt-trois fragments poétiques de Fin de citation, des êtres pensent à des choses, mais on ne sait jamais qui pense, les voix...
Un livre
Cadavre exquis
de
Robert Irwin
Robert Irwin l’illusionniste
L’auteur anglais livre un roman d’une diablerie enthousiasmante. Un roman aux multiples arcanes. De quoi y perdre son surréalisme !.
Je n’ai pas tenu de journal qui puisse fournir le matériau d’une autobiographie rien qu’un noctural, où je consigne le peu qui m’est arrivé pendant que je dormais. » C’est l’auteur du roman qui écrit ces mots -et non celui qui signe le livre, Robert Irwin étant apparemment bien décidé à s’effacer tout à fait derrière ses personnages au point même de laisser la « note de l’auteur » aux soins...
Un livre
L' Accordeur
de
Alain Veinstein
Mortelle filiation
Un homme entreprend le récit de sa vie qu’il adresse à son fils avec le vague espoir de faire la lumière sur leur tragédie commune. Qu’elle est-elle ? On l’apprend seulement à la fin du roman après une suite de flashes-back très évasifs reliés entre eux par une obsession : être un père. Orphelin (ses parents ont été déportés) recueilli par son grand-père fossoyeur, le narrateur évoque une...
