La rédaction Julie Coutu
Articles
Celle que tu vois de Catherine Prasifka
Catherine Prasifka raconte à la deuxième personne du singulier et l’effet est immédiat. Son héroïne est comme immergée dans nos vies. Elle nous raconte, on lui parle, elle est là, incontournable. On la rencontre à 7 ans, caméscope à la main, au seuil d’une découverte qui s’apprête à orienter le reste de son existence. Elle filme la plage, elle s’éloigne, elle pose, elle visionne les images. « La seule chose que tu sais, c’est que tout ce que tu filmes, ça devient autre chose que la vraie vie. » Et puis, arrivée d’un ordinateur à la maison. Des recherches de chats mignons sur Internet,...
Histoire à la verticale
Trois étages, une petite copropriété, des voisins discrets : Eshkol Nevo ausculte l’air de rien les tourments de la société israélienne.
Eshkol Nevo nous fait grimper les marches d’un immeuble résidentiel, quelque part en banlieue de Tel-Aviv, « Bourgeville, îlot de bon sens », ou de « conservatisme mou », à voir, le jugement varie selon les humeurs et états d’âme de qui le porte. La ville est à portée de voiture, de bus, mais ici règne un calme aseptisé. C’est compter sans la réalité qui se masque, derrière les façades...
Se laisser conter
Avec Le Bruit du dégel, John Burnside tisse un roman mélancolique, qui fait la part belle au chagrin, avec une immense douceur.
Il y a toujours dans les romans de John Burnside une sorte de présence, un lien à un au-delà. Un penchant assumé pour une forme de panthéisme, cette habitude de venir effleurer des esprits dissimulés derrière nos propres ombres. Le Bruit du dégel, sous un aspect moins sauvage que L’Été des noyés, ou Scintillation, ne fait pas exception à cette règle. C’est un roman-conte, une déambulation à...
Chemin sans retour
Il y a d’abord Sara, discrète et posée, avec sa vie en retrait, projetée ce jour de mai 2011 seule sur scène, quand elle apprend que son unique fils, Jason, est porté disparu quelque part en Afghanistan. Jason, le fils prodige, l’enfant solaire, en quête de père et de mémoire, engagé dans les forces spéciales américaines après le 11-septembre. Onze jours, c’est le temps entre l’annonce de la...
Pays perdu
Dans un récit polyphonique, Patrick Da Silva tire les fils d’une mémoire intime.
Patrick Da Silva raconte qu’enfant, il aimait les histoires, qu’il lit parce qu’on lui a lu. Mais qu’il n’y avait pas beaucoup de livres à la maison. Et que les histoires à entendre, c’était à la messe, le dimanche matin. Il y a dans Et filii des histoires et du contemplatif, de la messe et de l’écriture. Du temps à prendre et à donner. « Me suis assis sur les rochers. Dans mon dos la forêt...





