La rédaction Flora Moricet
Articles
Histoire de l'art avec personnes
Le nouveau texte de Gaëlle Obiégly, Rien à voir, entremêle l’art, la fiction et la vie dans une rhétorique joueuse.
Tout part de la commande d’un artiste bientôt ami. Ari Bosochur sollicite la narratrice pour raconter la rétrospective d’œuvres absentes, le plasticien les ayant fait disparaître. Flattée, celle qui se fait appeler « Rose de nuit » accepte et profite de son « exposé » pour sonder son propre rapport à l’art. Comme dans la plupart des romans de Gaëlle Obiégly la conteuse ressemble de façon troublante à son autrice. Mais pour la première fois, Rien à voir convie des personnages presque fictifs, entremêlant leurs histoires au rêve d’Ari Bosochur (anagramme de Boris Achour) et à la quête...
Un livre
Viser juste
de
Adèle Haenel
Penser vivante méthode
La comédienne et metteuse en scène Adèle Haenel cherche à restituer l’existence de l’enfant anéanti qu’elle fut à mesure d’une enquête autour de sa disparition. À la hauteur de sa sensibilité, ce premier texte d’une grande force replace le sens au centre de la scène.
Réponse et responsable viennent du latin « respondere » qui signifie « promettre en retour ». À bien des égards, le premier livre d’Adèle Haenel est une réponse à l’enfant qu’elle fut, sommée de « jouer juste » et victime d’agressions sexuelles par un réalisateur de vingt-quatre ans son aîné. C’est aussi une réponse à l’agresseur sous forme de remise en ordre des places et des relations...
Un rhinocéros dans la pièce
Frédéric Forte signe un recueil entêtant conduit par une électricité douce. Les objets clignotent, l’œil s’attache et le poème ne finit jamais.
C’est la forme qui nous dit quoi faire » et « c’est la forme qui nous dit quoi écrire » nous informait-on déjà dans les 99 notes préparatoires de Transformation de la condition humaine dans toutes les branches de l’activité. Et puisque dire c’est faire, et que faire à partir de rien est aussi écrire, pour son nouveau recueil Frédéric Forte s’est adonné à la contrainte de la couronne de...
Chassés de la parole
Un premier texte qui fait entendre le peuple sans-patrie des descendantes de harkis. Une très belle entrée en littérature pour l’artiste Mascare.
La poétesse noire féministe lesbienne Audre Lorde, le musicien amérindien Link Wray, la Commune de 1871, l’écrivain noir américain James Baldwin et Ratus le petit rat vert des manuels scolaires donnent dès l’exergue et ainsi mis sur le même plan le ton de ce puissant petit livre. L’histoire familiale de la narratrice est hantée par la tragédie complexe des harkis comme son grand-père qui a...
Un livre
La Partie immergée de l’iceberg
de
Lamine Ammar-Khodja
La question algérienne
Un récit-essai passionnant qui cartographie une part de la littérature algérienne francophone – et sa réception distordue en France.
Coup de projecteur salutaire sur la « brume identitaire algérienne », La Partie immergée de l’iceberg regarde la littérature francophone algérienne comme un miroir grossissant de la difficulté d’être algérien, d’écrire en Algérie ou en exil en France après cent trente-deux ans de colonisation française. Cinéaste et critique littéraire, né dans la banlieue d’Alger en 1983, soit quelques années...



