La rédaction Eric Naulleau
Articles
Baleine de Paul Gadenne
C’était un blanc sans lumière, un blanc gelé, entièrement refermé sur lui-même, tournant le dos à toute gloire, avec une résignation à peine pathétique, vraiment le blanc d’une baleine qui ne faisait pas d’histoires, qui fuyait l’éloquence et défiait terriblement les mots. » Bel autoportrait. Gadenne/Baleine, nouvelle occasion de découvrir un naufragé des lettres françaises, abandonné sur son île par la postérité. Baleine/Gadenne, Pierre et Odile se tiennent pour l’éternité devant la charogne géante échouée sur une plage du Pays Basque, l’occasion d’une décisive expérience mystique pour...
Un livre
L' Homme le plus triste
de
Berdj Zeytountsian
L’Homme le plus triste
Originaire d’une famille alexandrine, émigrée en Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale, Berdj Zeytountsian fit paraître ce bref roman en 1973, c’est-à-dire à une époque lourde de menaces -Soljénitsyne ne tarderait pas à être déchu de sa nationalité et prié d’aller écrire plus à l’ouest. L’Homme le plus triste se situe donc prudemment dans un royaume imaginaire (de droit...
Un auteur
Exposé des motifs
Sept personnages en quête de hauteur se retrouvent cloués au sol, mais toutes les pistes restent ouvertes dans le Barnum des ombres. Le quatrième roman de Nicole Caligaris libère de fascinantes fables nocturnes.
On reconnaît entre autres une œuvre à ce que chaque nouveau livre semble dans un même élan résumer et dépasser tous ceux qui l’ont précédé. Nicole Caligaris fait œuvre. « Toujours le même cirque… » se réjouit tout d’abord le lecteur qui entre sous le chapiteau du Barnum des ombres. Numéro déjà admiré -mais ici exécuté sans filet à bagages par sept voyageurs prisonniers de la salle d’attente...
Un auteur
Deux noms, un bras et quinze volumes
Et si Blaise Cendrars, génial autofictionnaire, restait à découvrir ? Rencontre avec Claude Leroy, ordonnateur d’une nouvelle et ambitieuse édition de "l’Homère du transsibérien", comme le surnommait Dos Passos.
La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide« . C’est ainsi qu’un grand maître des études cendrarsiennes, responsable des nouvelles oeuvres complètes du manchot suisse le plus célèbre du monde et professeur à Nanterre-Paris X, résume paradoxalement sa première rencontre avec l’auteur de Moravagine. L’année 1968, décidément riche en événements, fut donc marquée...
Un auteur
Budapest, ville à lire
Bienvenue à Esterházy City. Une rue de Budapest, désormais rebaptisée Pouchkine, portait jadis ce nom (une rue de Vienne le porte encore) et aucun guide ne manque de mentionner l’hôtel particulier Esterházy, siège de la présidence de la République de 1946 à 1949, ni l’hôtel Délibáb, qui accueille aujourd’hui touristes et diplomates après avoir été le palais de la famille princière. À la...
Médiatocs – chronique
Popol et Virginie
L’auteur(e) des Chiennes savantes lorgne à présent vers les Chiennes de garde. Le Manifeste pour un nouveau féminisme de Virginie Despentes ferait plutôt penser à du pipi de chat(te).
Nous sommes redevables au féminisme de quelques avancées décisives dans le domaine des mœurs : à lire King Kong théorie, on s’avise en effet que les cafés du commerce sont devenus mixtes. Prendre connaissance du « manifeste » de Virginie Despentes revient à subir le caquetage d’un pilier de comptoir qui vous crachote à jet continu ses délirantes opinions sur le viol, la pornographie, la prostitution, sans oublier la lutte à mort entre femmes et hommes pour la possession symbolique du pénis. Éprouvant.
On trouve un peu tout et son contraire sous la plume de la patronne du bistro Les...




