La rédaction Emmanuel Laugier
Articles
Décalage(s) Hocquard
Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire.
Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation avec E. H titré « D’une destinataire ». Le choix de lettres écrites par E. H à F. L, du 17 octobre 1971 au 5 juin 1983, suivi de celle (unique) que lui...
Des livres
Kub Or
de
Pierre Alferi
Fmn
de
Pierre Alferi
Les cubes d’Alféri
A32 ans, Pierre Alféri laisse déjà derrière lui deux essais, un livret pour pièce vocale, deux recueils de poésie chez P. O. L, des travaux de traducteur. A cela, il faut désormais ajouter un troisième livre de poèmes -Kub Or- ainsi qu’un premier roman, Fmn. De Fmn, à placer sous le signe du féminin, on ne peut séparer tout le travail précédent et notamment celui des livres de poésie. En...
Un livre
Tout n’est pas dit
de
Philippe Jaccottet
Billets de campagne
Ecrire des livres, pour Philippe Jaccottet, n’apporte rien d’un savoir, mais allège le regard des lourdeurs qu’il traîne. Itinéraire d’une fermeté.
Tourner le dos à la neige, encore une fois (pas seulement à la neige), se hisser dans le froid comme des skieurs pour le plaisir de la descente, vers ce pays qui reste, à travers le pire que l’histoire lui impose, lui inflige, celui du bonheur, celui qui aide à en retrouver les bribes ; et déjà, poussée cette fenêtre froide du col, c’est vrai qu’il fait plus clair, que la lumière...
Des livres
Le Monde le monde
de
Bernard Vargaftig
Distance nue
de
Bernard Vargaftig
L’excès musical de la vitesse
Le Monde le monde et Distance nue sont encore habités par le mouvement tendu et imprévisible de ce qui va vite, passe toujours trop vite devant le regard. Ne reste, dès lors, dans le poème que quelques événements, comme la robe d’une femme qui se froisse dans le vent, le ravin et son ombre immense. Quelques événements récurrents, simples - des lieux, des choses, l’être aimé - qui témoignent...
Un auteur
Bernard Vargaftig, hachures et suites sonores
Aragon disait de lui : « Moi, j’aime ça, ce langage haché comme la douleur ». Cette écriture se fait dans l’élan et l’entaille, jusqu’au ressassement : rencontre avec Bernard Vargaftig dont deux livres paraissent.
Un enfant s’élance dans une course, s’incline dans ses enjambées de dératé jusqu’à tomber, à bout de souffle, au bout de la route comme on tombe dans les bras de quelqu’un : c’est véritablement à cette scène que Bernard Vargaftig (né en 1934) compare ses poèmes. Sa parole n’a pas ainsi l’expansion lente de l’écoulement. Elle court, elle est, comme le titre de l’un de ses recueils, une Lumière...

