La rédaction Emmanuel Laugier
Articles
Décalage(s) Hocquard
Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire.
Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation avec E. H titré « D’une destinataire ». Le choix de lettres écrites par E. H à F. L, du 17 octobre 1971 au 5 juin 1983, suivi de celle (unique) que lui...
Technique du marbre
Un coup de sonnette en bas ramène aux chaleurs de juillet, la comédie du deuil » : page 13 de Technique du marbre. Cette phrase a l’insolence froide et détachée d’une jeunesse qui se retrouve, d’un coup, perdue au milieu d’un deuil à faire. Ici, il s’agit de la mort d’un grand-père, de l’attente de sa mort à la petite boîte propre et nette où seront enfermées ses cendres. Pas de révolte...
Un livre
L' Odyssée
L’Odyssée
On a beau chercher, on ne trouve pas le N°1 de l’Odyssée. C’est peine perdue d’avance, puisque ce premier numéro, intitulé « revue perdue », n’exista que pour donner naissance à cette nouvelle revue, L’Odyssée N°2, « revue littéraire ». Pour la forme : dirigée par une bande de jeunes inconnus (Michaël Dumont, Emmanuel Kruba, Reginald Gaillard) et par l’oiseau Apert, poète et essayiste ;...
La fenêtre immobile
Premier recueil de poèmes d’un professeur de lettres de 37 ans, La Fenêtre immobile, c’est juste le lieu d’où les yeux voient. Il y a des mouvements, des bruits, des éclats de son et de lumière partout, le jour lui-même devient une grande chaufferie grondante. Ce recueil est d’abord un concentré d’énergies. Des fragments de proses qui se mêlent à des vers concis et courts ressort la topologie...
Un livre
Le Grésil
de
Jacques Dupin
Le fouet de la grêle
Le poète Jacques Dupin se bat avec sa langue et nous la jette, en miette : avec Le Grésil, c’est encore ce fond noir du crops qui parle, et secoue.
Dans L’Éboulement (éd. Galilée, 1977), la seule pièce de théâtre que le poète Jacques Dupin a écrite, Ottilia lance à Thomas : « Je n’ai rien à soustraire / rien à donner », qui lui répondra « Excepté l’angle aigu / la pincée de sel / le refuge sous ta paupière… ». Excepté l’angle aigu, excepté ce qui troue l’œil et lui échappe toujours, excepté cette pincée de sel, jetée à la diable sur la...



