La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Geyser au cœur
Entre enquête policière, fable philosophique et tragédie grecque, l’Islandais Halldór Armand élabore un roman intimiste et grandiose, tout en rebondissements.
Les rapports frère-sœur ont de tout temps inspiré arts, religions, vie privé et politique : parfois incestueux, cautionnés par l’État et les prêtres comme en Égypte dans les couples pharaoniques, tels Isis et Osiris, tragiques chez les Grecs, rarement épanouis en littérature, souvent étouffants et toujours ambigus.
Skarphédinn Skorri Alfredson et Hrafbtinna Helena ; Skorri et Tinna perdent...
Bleu guitare, de Simon Baril
Il fut un temps où les États-Unis captaient les rêves de la jeunesse du monde entier. Contre-culture, pop art, liberté des mœurs, innovations technologiques, coolitude, niveau de vie et surtout… musiques. Quatre jeunes frenchies, dans les années 1990, quittent Lyon où ils s’étaient connus au lycée pour atterrir dix mille kilomètres plus loin à Los Angeles. Ils forment un groupe de rock et de...
Un livre
Papier machine N°13 (Couette)
Papier machine N°13 (Couette)
Adepte de l’écriture inclusive, de la liberté de ton, d’un humour singulier, d’anticlopédisme, de poésie et de littérature, la revue belge Papier Machine traque les mots : « Choisir un mot, c’est questionner les lianes qui relient le mot et la chose, qui s’accrochent et se tissent à ces autres végétaux que sont nos structures de pensées, nos paradigmes dominants, nos discours sous-jacents. »...
La nef des fous
Avec Une infinie tristesse, le Brésilien Antônio Xerxenesky investit un asile suisse juste après la Seconde Guerre mondiale, s’interrogeant sur la responsabilité, la culpabilité et le mal.
La mélancolie, étymologiquement bile noire, qu’elle ait une connotation poétique ou médicale n’ouvre pas les mêmes portes. Léo Ferré, la convoque, la loue, alors qu’elle effraie les psychiatres. Trouble de l’humeur, maladie mentale, associée à la dépression et à un dégoût de vivre, elle peut mener au suicide.
Mélancoliques le sont ici ; l’écrin de neige qui enchâsse la clinique...




