La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Un livre
Mama Black Widow
de
Iceberg Slim
Négrifié
Il paraît qu’il a été le plus grand maquereau du monde. Pourtant, ce n’est pas en tant que proxénète que Robert Beck, alias Iceberg Slim (1918-1992) restera dans les annales. Auteur de six romans, il fut le chantre du ghetto noir du Southside à Chicago où il est né. Si dans les années quarante et cinquante, il mena grande vie, (voitures de sport, complets étriqués, drogues), en mettant près...
Un livre
Plein Chant N°71-72 (Marcelle Delpastre)
Masculin plurielle
Arc-boutée au volant d’un vieux tracteur, béret engoncé jusqu’aux oreilles, ainsi apparaît Marcelle Delpastre sur la couverture de la revue Plein Chant. Image d’un autre temps, d’un autre monde, celui de la paysannerie limousine à jamais engloutie et dont elle occupera une grande partie de sa vie à collecter la mémoire. Mais son travail d’écriture ne peut être réduit à l’ethnographie,...
Un auteur
Vivre la ville
Dans le sillage de Léon-Paul Fargue, piéton de Paris, Aragon, Henri Calet ou encore Walter Benjamin, piéton de Berlin, Marie Rouanet renoue avec le chant ou le réenchantement de la ville. Avec bonheur.
Les petits bonheurs du quotidien, de l’intime, de l’enfance, elle les a souvent exprimés. Nous les filles (Payot, 1990) en fut un des témoignages éclatants. Toutefois si ses vingt-cinq ouvrages restituent beaucoup de lumière, (lumière du soleil après la pluie), des ombres graves, hiératiques s’y appesantissent aussi. Celle des prisons pour enfants (Les Enfants du bagne, Payot, 1992), celle de...
Un auteur
L’écriture à bouche décousue
Cinq recueils de poèmes, deux pièces de théâtre, publiés ou jouées cette année 2000. Michaël Glück fait entendre une écriture grave pour clamer l’effroi d’un siècle, l’effroi des temps.
De la musique de son écriture, il dit que c’est celle d’une basse. Une basse continue, tendue. Un violoncelle, peut-être baroque, peut-être de Bach et que c’est au lecteur à inventer les mélodies. Il affirme être un rêveur, mais un rêveur inquiet, un rêveur errant. On l’imagine, effaré, au milieu de décombres d’une ville en guerre perpétuelle. Éternel survivant, éternel exilé, éternel témoin...

