La rédaction Dominique Aussenac
Articles
Oubli de soi
Dans un roman miroir, l’Espagnol Juan Tallón projette les images de nos courses du rat contemporaines. Vibrionnantes et tragiques.
Prix Renaudot 1965, Les Choses de Georges Perec, sous-titré « Une histoire des années soixante », met en scène un jeune couple, Sylvie et Jérôme, aux emplois précaires par choix, pris dans le tout nouveau grand tourbillon de la société de consommation, qui rêve donc d’accumulation, une façon pour eux d’être riches, tout en étant, du moins le croient-ils, de plus en plus libres.
Mille choses du Galicien Juan Tallón pourrait, soixante ans plus tard, en devenir la suite logique. Si ce n’est que Travis et Anne, qui viennent d’avoir un bébé, n’ont plus le loisir de choisir une vie de bohème,...
Un livre
Sigila N°9
Sigila
Que peut-il y avoir de commun entre marranes, morisques (juifs, musulmans convertis de force au catholicisme) initiés afro-brésiliens, républicains espagnols réfugiés en France, Mallarmé, Philippe Jaccottet, Nino Júdice et une surréaliste schizophrène ? Non pas le goût du secret, mais l’obligation de le préserver. C’est ce qu’analyse le dernier et transdiciplinaire numéro de Sigila. Le mot...
Un livre
Ours
de
Marian Engel
L’ours bien léché
Dans un roman lucide, tendre et cruel, la Canadienne Marian Engel tente d’accoupler son héroïne à un mythe. Un très intéressant questionnement sur l’identité sexuelle.
L’ours a toujours suscité les plus contradictoires des sentiments. Bête féroce, il incarne la sauvagerie et suscite l’effroi. Omnivore, plantigrade, il ressemble à l’homme, dont il reflète la part animale. Le psychologue analytique Jung, opposé à Freud en avait fait le symbole d’une part de l’inconscient, celle qui ne peut jamais endiguer ses instincts. Sujet de mythes et de nombreux contes,...
Des livres
Un filet de fumée
de
Andrea Camilleri
La Disparition de Judas
de
Andrea Camilleri
Microcosme du mal
En deux romans, Andrea Camilleri peaufine sa mission : exalter l’âme sicilienne, tout en tordant quelques gonades aux puissants malhonnêtes. Sauvage, truculent et beau.
Andrea Camilleri invité au Salon du livre de Paris, consacré à la littérature italienne, viendra à ses frais, en évitant les « rencontres très déplaisantes »1, entendez par là celle de Silvio Berlusconi. Pourtant, il Cavalieri qui recycle aussi bien les fascistes dans son gouvernement que l’argent pas très net dans ses finances, pourrait être un de ses personnages. Camilleri ne dépeint-il pas...
Un livre
Ruines-de-Rome
de
Pierre Senges
Ruines-de-Rome
Vénéneux, le premier roman de Pierre Senges, l’était superbement, à l’instar de ces veuves noires, industrieuses et éplorées qui en quatre cent quatre-vingt-dix-neuf paragraphes débitèrent le corps de son héros et l’exportèrent au gré de leurs correspondances, leurs dons cyniques et vengeurs. Vénéneux, Ruines-de Rome, l’est toujours. Ici, un jardinier plein d’ennui et de rébellion dissémine...

