La rédaction Anne Kiesel
Articles
Un livre
Le Ciel ici déborde
de
Eva Bottega
Dérive furieuse
Des tréfonds américains, Eva Bottega délivre, d’une plume leste, un road trip libertaire.
C’est noir foncé. Furieux et désespéré. La seule lumière, on la voit sur la photo illustrant le bandeau du livre, un bandeau rouge sanglant, du même rouge que la couverture rouge, rouge fâché, rouge-je-m’en-fous-des-bonnes-manières. La lumière, donc, vient de la flamme d’un briquet. La flamme qui sert à jouer avec le feu et le danger, à cramer ses propres cheveux, à calmer les angoisses qui submergent, à se dire qu’il est possible de foutre le feu, et qu’alors ça s’arrêtera. C’est un premier roman, indécent, enfiévré, alcoolisé. Une dérive forcenée au milieu de nulle part, dans les...
Éruptions, amour et autres cataclysmes
Ce roman éruptif prend ses lecteurs à la gorge. La littérature islandaise est à l’image de ce pays hors norme, bâti sur des volcans en pleine activité, qui vit avec le feu qui couve sous la glace, et tous les excès de ces éléments. De temps en temps, un cratère au nom à coucher dehors se réveille. L’Eyjafjallajökull, en 2010, a mis une pagaille monstre dans l’espace aérien de toute une partie...
Boltanski intime
Exercice d’admiration par François Jonquet, doublé d’une satire du microcosme commercial de l’art contemporain. Un grand écart salutaire.
Sur la couverture, il est indiqué « roman ». Mais ce livre contient beaucoup de réel. Il est dédié à Annette Messager et Christian Boltanski, et on a tout de suite envie d’aller voir, dans les dernières pages, celles des remerciements, ce que François Jonquet y mentionne : tout ce qui concerne les deux artistes est vrai, validé, autorisé.
Où sommes-nous, alors ? Dans cet entre-deux...
Parfois l'homme de Sébastien Bailly
Il n’a pas froid aux yeux, Sébastien Bailly. Dans son premier roman, il entreprend de raconter la vie de l’homme. De l’homme, avec toutes ses variantes possibles. Pas la femme ? Non, l’homme uniquement. Certes, parfois il reluque, courtise, épouse ou se fait quitter par une femme, mais c’est marginal…
Le romancier novice n’est pas un débutant. Ancien journaliste, il vit désormais de son...
Le vertige des langues rares
Vivant, ouvert, souriant : le roman de l’Islandaise audur ava Ólafsdóttir est un hymne à l’accueil et à la nature. Salutaire.
Quelle idée délicieuse (et pleine de promesses littéraires) d’avoir choisi, comme personnage principal de son roman, une linguiste spécialisée dans les langues minoritaires en voie d’extinction. Quand on est une autrice (à succès) en Islande, pays d’à peine 300 000 locuteurs, cerné par l’anglais et le globish, c’est certainement une vraie jouissance, pour Audur Ava Ólafsdóttir, de chanter cet...




