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Bon qu’à ça
Lmda N°275 Enclin à penser que l’existence est un châtiment, l’ermite chinonais Jean-Pierre Georges distille des textes nourris à ses lectures, à sa solitude assumée. Avec drôlerie, avec tendresse. Faute de mieux. Les grincheux trouveront probablement que les livres de Jean-Pierre Georges sont un brin déprimants faisant montre ainsi de leur absence totale d’humour. Certes des assertions comme « L’ennui se soigne par le divertissement et le divertissement par le suicide » troublent le consommateur autant par son évidence que par sa brièveté mais cette implacable sentence peut aussi réjouir par sa...
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Domaine étranger Des ailes immenses étendues sur le monde Très soutenu dans la course au prix Nobel de littérature, l’écrivain roumain Mircea Cărtărescu voit la traduction de sa trilogie Orbitor remise en ordre. Une somme capitale au poids de papillon. L’un des moments majeurs de la carrière littéraire de Mircea Cărtărescu (Lmda n°257) reste sa trilogie Orbitor inspirée par Thomas Pynchon sous le signe du « laxisme désordonné, exaspérant » (Journal). Le récit kaléidoscopique en trois gros volumes publiés en Roumanie entre 1996 et 2007 a d’ailleurs été comparé au Gravity’s Rainbow de l’Américain (L’Arc-en-ciel de la gravité, Le Seuil, 1987). C’est lors de sa publication française, à partir...
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Domaine français En dansant dans le marges Quelque part entre Robert Walser et C.-A. Cingria, les « proseries » à fleur de peau de Lambert Schlechter recueillent le murmure du monde. Il y a quelque chose de farouchement singulier dans l’activité d’infatigable noteur de Lambert Schlechter. Mû par un insatiable appétit de dire, il ne cesse de chercher à saisir cet insaisissable qu’il nomme « le murmure du monde » et dont il a fait le terme générique d’un cycle entamé en 2006 et qu’il décline en volumes possédant chacun leur caractère propre. Viennent ainsi de paraître les volumes 11 (Franz à la Fenice), 12 (Comment) et 13...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Force majeure
Crise oblige, on émet le souhait d’un papier sérieux. Une synthèse géopolitique qui éclairerait le lecteur sur les rouages des conflits internationaux. Étayée par un corpus solide, des ouvrages signés Trinquand et Pellistrandi, avec en prime une astuce mnémotechnique pour ne plus confondre chiite, sunnite et stalagmite. Refusé. « Occupe-toi du hit-parade. » Les cavaliers de l’Apocalypse sanglent leurs chevaux, on nous somme de divertir. Soit. On commentera en représailles le numéro un des ventes. Quel qu’il soit.
Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot. Léger coup de chaud. L’image d’un...
Le Matricule des Anges n°272

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Ólöf Pétursdóttir
Dehors, c’est le printemps d’Ásta Sigurdardóttir
Traduire Ásta ? Oh que oui ! Une artiste hors des sentiers battus ; j’ai lu d’elle quelques textes quand j’étais adolescente ; une lecture dont le souvenir reste vif. Ces récits m’ont marquée par leur laconisme et leur candeur. Une lecture inoubliable et inédite. Ásta Sigurdardóttir (1930-1971) est à présent une figure emblématique de la jeune république islandaise, fondée en 1944. Après des siècles de colonisation danoise, le pays était occupé par les forces armées des alliés depuis 1940.
Encore un peu d’histoire : jadis, il y avait en Islande une tradition orale vivace. Cette oralité...
Le Matricule des Anges n°271
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Domaine étranger Un éden détraqué Descendant direct de Lovecraft, l’Américain Thomas Ligotti distille des horreurs gothiques depuis quarante ans, préservant son mystère et ses créatures désemparées dans un monde en déréliction. Enfant de Détroit, la ville fantôme de l’industrie automobile américaine qui incarne le mieux ce qu’est un naufrage économique, Thomas Ligotti, né en 1953, a emporté dans sa valise, ou dans sa tête, en la quittant, une terrible hantise de la décrépitude, de la disparition et de la pourriture. Son cinquième recueil anthologique, où treize nouvelles d’époques variées de sa carrière en portent non pas des traces mais… les stigmates. Des marques...
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Poésie Décalage(s) Hocquard Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire. Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation...
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Poches Coups du sort À l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition, Maurice Pons fait à nouveau tourner les presses. La réédition des Délicieuses frayeurs de Maurice Pons rappelle à propos que cet écrivain aussi discret de son vivant que cardinal fut un nouvelliste hors pair. L’Académie française elle-même s’en aperçut qui lui offrit son Grand Prix de la nouvelle en 1985. Chacune des neuf nouvelles du recueil de 2006 – c’était alors une composition inédite de nouvelles éparses – assure une flagrante administration de la preuve que personne ne s’est trompé...
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Théâtre Branle-bas de combat Quand un projet industriel de grande ampleur divise la population. Une petite ville quelque part en Belgique. Petite ville sans histoires hormis celle d’un riche passé industriel. Comme tous les dimanches, Christian, le bourgmestre, parcourt le marché en serrant des mains : « Bonjour, bonjour, vous allez bien ? » Il est populaire : « Un gros bide, ça inspire confiance. Ça fait terroir. Force tranquille. Ça attire le vote. » Mais la petite ville se meurt, les finances ne sont pas brillantes et l’avenir plus...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert
L’opium et la camarde
Marin, fantaisiste et opiomane, René Dalize était un plaisant poète. Apollinaire lui a dédié ses Calligrammes.
Charles Marie Edouard René Dupuy, né le 30 novembre 1879 à Paris (VIe), n’a laissé que peu de souvenirs sous cette identité. Subsiste un formulaire de déclaration de son décès, « à remplir par le corps », soit le 414e régiment d’infanterie où il était affecté, le 7 mai 1917, jour où il fut « tué à l’ennemi », à Craonne, sur le plateau de Californie, dans l’Aisne. Sous le nom de René Dalize, en revanche, on ne l’a guère oublié. Ses contemporains, d’abord, ont largement salué sa mémoire, et les historiens de la chose littéraire se sont souvenus de quelques détails piquants de son existence....
Le Matricule des Anges n°105








