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Singulier pluriel
Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
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Domaine étranger Fenêtre sur trouble La révélation d’étranges phénomènes, par la romancière victorienne Margaret Oliphant. La tradition des romancières anglaises est florissante au XIXe siècle. Entre Jane Austen, les sœurs Brontë, Mary Shelley et George Eliot, l’on connaît cependant moins d’étonnantes dames victoriennes. Parmi elles, brille la prolifique écossaise Margaret Oliphant (1828-1897) qui, outre des récits réalistes et des essais, aimait broder les histoires de fantômes, mettre en scène des incidents démoniaques, non sans une visée moralisatrice où la...
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Domaine français L'exil est un chemin qui ne s'oublie jamais Atiq Rahimi, qui vit en France depuis 1984, raconte, dans une ambiance brumeuse, son film écrit mais non tourné, et le cheminement entêtant d’un Kabuliwalla, « l’homme de Kaboul ». Ce mélange de différents niveaux de récits est vertigineux. Un roman – celui que le lecteur tient dans les mains ; un film – qui n’a jamais été tourné ; une nouvelle classique – écrite par Rabindranath Tagore. Avec de grands écarts dans les époques : un pied à la fin du XIXe siècle, l’autre à l’époque actuelle. Dans les pays aussi : de l’Inde (où l’histoire se déroule) à la France (où elle a été écrite), en passant par l’Afghanistan, pays de...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Ólöf Pétursdóttir
Dehors, c’est le printemps d’Ásta Sigurdardóttir
Traduire Ásta ? Oh que oui ! Une artiste hors des sentiers battus ; j’ai lu d’elle quelques textes quand j’étais adolescente ; une lecture dont le souvenir reste vif. Ces récits m’ont marquée par leur laconisme et leur candeur. Une lecture inoubliable et inédite. Ásta Sigurdardóttir (1930-1971) est à présent une figure emblématique de la jeune république islandaise, fondée en 1944. Après des siècles de colonisation danoise, le pays était occupé par les forces armées des alliés depuis 1940.
Encore un peu d’histoire : jadis, il y avait en Islande une tradition orale vivace. Cette oralité...
Le Matricule des Anges n°271
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Domaine étranger Encres salvatrices Comment transformer un drame en tragi-comédie, tout en respectant victimes et proches, telle est la prouesse de Fernando Aramburu, dans un roman pudique et subtil. Mettre le doigt sur la plaie, puis caresser les bords de la blessure, pour en atténuer la souffrance comme ces mères soufflent sur le bobo de leur enfant et déclarent « Envolée la douleur ! Plus mal ! », Fernando Aramburu s’y exerce par l’écriture. Le Basque né en 1959 à San Sebastián, établi en Allemagne depuis 1985, avait surpris bien au-delà des frontières de l’Euskadi avec Patria (Actes Sud, 2018), roman sur un sujet très brûlant : le...
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Poésie Le goût de vivre Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde. Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et...
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Histoire littéraire Breton-Gracq, ensemble et séparément Commencée en 1939, leur correspondance est la première à nous révéler le Gracq épistolier. Là où Breton rêve de liens « qui auraient seulement existé dans la chevalerie errante », Gracq, écrivain secret s’il en est, n’aspire qu’à être un ami fiable et une sorte de conseiller désintéressé. Quand, en mai 1939, Gracq, jeune écrivain quasi inconnu, fait parvenir son premier livre à Breton, c’est d’abord l’auteur de Nadja et de Poisson soluble qu’il veut atteindre, le « Grand Singulier » plutôt que le chef du groupe surréaliste. Ce qu’il aime dans le surréalisme – qu’il a découvert alors qu’il venait d’être reçu à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (1930-1934) –, c’est sa force native, l’« espèce de jet brutal de la...
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Théâtre Branle-bas de combat Quand un projet industriel de grande ampleur divise la population. Une petite ville quelque part en Belgique. Petite ville sans histoires hormis celle d’un riche passé industriel. Comme tous les dimanches, Christian, le bourgmestre, parcourt le marché en serrant des mains : « Bonjour, bonjour, vous allez bien ? » Il est populaire : « Un gros bide, ça inspire confiance. Ça fait terroir. Force tranquille. Ça attire le vote. » Mais la petite ville se meurt, les finances ne sont pas brillantes et l’avenir plus...
Intemporels
par Didier Garcia
La misère au quotidien
Dans Le Pain nu, l’écrivain marocain Mohamed Choukri (1935-2003) peint la réalité de son enfance : un exercice de survie.
Pour certains, les premières années de leur vie ont les allures d’un chemin de croix. Celles de Mohamed Choukri auront été particulièrement douloureuses. De 7 à 20 ans, aucune forme de violence ne lui aura été épargnée. Celle de son père tout d’abord (qu’il appelle « le monstre »), qui le roue de coups à la moindre occasion, passe son temps à injurier le monde entier, à commencer par sa femme qu’il traite de putain, et finit par tuer le plus jeune de ses fils en lui tordant le cou (« S’il y avait quelqu’un dont je souhaitais la mort, c’était bien mon père. Je le haïssais comme je haïssais...
Le Matricule des Anges n°260







