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Singulier pluriel
Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
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Domaine étranger Sissie la Noire en Europe blanche Comment peut-on être ghanéenne dans les années 1970 ? Un roman émancipateur d’Ama Ata Aidoo. Il aura fallu presque cinquante ans pour que ce roman de la littérature africaine anglophone soit enfin traduit en français et que le nom de la Ghanéenne Ama Ata Aidoo parvienne à nos oreilles. Cette professeure d’université, défenseuse de la cause des femmes, laisse derrière elle des écrits peu nombreux mais marquants, allant du théâtre à la poésie, du roman au livre jeunesse. Saluée à sa mort, en 2023, à l’âge de 81 ans, comme une...
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Domaine français Conte à rebours Après sa relecture décapante du Petit Chaperon Rouge dans De grandes dents (2024), Lucile Novat s’essaie à la fiction avec un conte très actuel sur un pensionnat de jeunes filles à Saint-Denis. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? L’une des répliques les plus entêtantes de conte hante le titre du premier roman de Lucile Novat. Il faudra du temps aux lecteurs pour apprécier toute la teneur et l’ironie de cette référence à La Barbe-Bleue, se retourner sur ce qu’ils ont lu, ou imaginer au contraire ce qui est encore devant eux. C’est que Voir venir est un roman à l’écriture vive mais à la détente narrative lente, un presque pur...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Acab
On regrettera Wikipédia, bientôt rendue caduque par l’IA. Du principe collaboratif de l’encyclopédie émergeait un désordre baroque où se mêlaient informations hétéroclites et points de vue contradictoires. Prenons Fred Vargas, numéro un des ventes ce printemps. Sa page la révèle spécialiste en archéozoologie ; précise que son pseudonyme vient du personnage incarné par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus ; remarque qu’elle est extralucide (elle a annoncé la Covid-19 et la pénurie de masques treize ans avant) ; ingénieuse (elle a conçu avec sa sœur une cape de protection contre les...
Le Matricule des Anges n°274

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Ólöf Pétursdóttir
Dehors, c’est le printemps d’Ásta Sigurdardóttir
Traduire Ásta ? Oh que oui ! Une artiste hors des sentiers battus ; j’ai lu d’elle quelques textes quand j’étais adolescente ; une lecture dont le souvenir reste vif. Ces récits m’ont marquée par leur laconisme et leur candeur. Une lecture inoubliable et inédite. Ásta Sigurdardóttir (1930-1971) est à présent une figure emblématique de la jeune république islandaise, fondée en 1944. Après des siècles de colonisation danoise, le pays était occupé par les forces armées des alliés depuis 1940.
Encore un peu d’histoire : jadis, il y avait en Islande une tradition orale vivace. Cette oralité...
Le Matricule des Anges n°271
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Domaine étranger Oran, à hue, à dieu, à diable Roman choral au cœur de la « décennie noire » algérienne, Houaria de Inam Bioud est une comédie humaine, sensuelle et survoltée. Elle a mis six ans à écrire ce roman – et cela se comprend. Inam Bioud a vécu à Oran entre 1990 et 2000 : le chaudron de la guerre civile algérienne, la baptisée « décennie noire », l’auteure y a été plongée, tout comme son héroïne, Houaria – dont le prénom est un clin d’œil au Saint patron d’Oran, Sidi Houari. Inam Bioud a eu le temps, cependant, avant que les premières tueries ne surviennent, au printemps 1993, de goûter aux secrets de...
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Poésie Décalage(s) Hocquard Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire. Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation...
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Poches Dans les motifs Deux livres exemplaires de la démarche de Martin de la Soudière et de sa « géopoétique », pour assouvir notre besoin de paysages. Décédé le 2 février dernier, Martin de la Soudière (1944-2026) n’aura pas vu ces deux rééditions, dont celle de Par monts et par vaux, sous-titré « Petit abécédaire des paysages », qu’il avait travaillé à retoucher et augmenter. L’incipit de son introduction, « Topoï : plaidoyer pour les motifs paysagers », résume en effet une démarche, quasiment un programme si le mot n’était réducteur, qui fut celui du géographe, ethnologue et...
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Théâtre Un enfant pour sauver le monde Zoukhra Yanikova décrit en temps de guerre une société russe menacée de perdre son âme. Zoukhra Yanikova est née au Daghestan, a fait ses études à Moscou et en 2022 s’installe au Monténégro. Pour être plus libre de dire et d’écrire. Car la société russe, fermée, opaque, étouffante, ne laisse pas aux écrivains la possibilité de s’exprimer aussi librement qu’ils ou elles le souhaiteraient. Pourtant Yanikova n’est pas une opposante politique. Elle n’est pas engagée contre le régime de Moscou mais tente, par une fine écriture...
Intemporels
par Didier Garcia
Guerre et père
Dans ce roman posthume et autobiographique, l’Américain Moritz Thomsen (1915-1991) revient sur les deux traumatismes de sa vie.
L’incipit annonce d’emblée la couleur : « Ce livre traite de mon engagement face à deux catastrophes, la Seconde Guerre mondiale et mon père ». Et Moritz Thomsen plus loin d’ajouter : « Il s’agit là des deux grandes guerres de ma vie ». Qu’il reconnaît avoir perdues.
De là ce livre bicéphale, ce diptyque qui s’ouvre par un portrait à charge (et c’est encore peu dire) de la figure paternelle, entrepris à 72 ans, âge auquel d’ordinaire on paraît plutôt enclin à enterrer la hache de guerre. D’autant que son père s’était éteint dix-sept années auparavant.
Les premiers chapitres nous...
Le Matricule des Anges n°199







