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Bon qu’à ça
Lmda N°275 Enclin à penser que l’existence est un châtiment, l’ermite chinonais Jean-Pierre Georges distille des textes nourris à ses lectures, à sa solitude assumée. Avec drôlerie, avec tendresse. Faute de mieux. Les grincheux trouveront probablement que les livres de Jean-Pierre Georges sont un brin déprimants faisant montre ainsi de leur absence totale d’humour. Certes des assertions comme « L’ennui se soigne par le divertissement et le divertissement par le suicide » troublent le consommateur autant par son évidence que par sa brièveté mais cette implacable sentence peut aussi réjouir par sa...
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Domaine étranger Fenêtre sur trouble La révélation d’étranges phénomènes, par la romancière victorienne Margaret Oliphant. La tradition des romancières anglaises est florissante au XIXe siècle. Entre Jane Austen, les sœurs Brontë, Mary Shelley et George Eliot, l’on connaît cependant moins d’étonnantes dames victoriennes. Parmi elles, brille la prolifique écossaise Margaret Oliphant (1828-1897) qui, outre des récits réalistes et des essais, aimait broder les histoires de fantômes, mettre en scène des incidents démoniaques, non sans une visée moralisatrice où la...
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Domaine français Dans la fabrique du monde Décédé le 16 janvier 2026, Valère Novarina nous a laissé une œuvre incommensurable. Désoubli peut servir de boussole à qui veut s’aventurer dans son univers ou penser la création. Recueil de textes et d’iconographies, Désoubli est un guide pour pénétrer plus profondément dans l’œuvre magistrale de Valère Novarina en cela qu’il met au jour les sources même de la création, les réflexions de l’artiste, écrivain, dramaturge et metteur en scène qu’il fut, en même temps qu’il ancre son geste créatif dans un territoire, une langue et une histoire. L’éditeur a décidé de défaire l’ordre de parution des textes publiés...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Hadrien Chalard
À pleins poumons de Pedro Gunnlaugur Garcia
Pedro Gunnlaugur Garcia. Nul besoin d’être islandophone pour remarquer la singularité de ce nom, résultat d’une union entre deux cultures que rien, sinon un amour commun pour la morue salée, ne destinait à se télescoper. Le fruit d’un hasard malicieux qui n’aura pas manqué de déteindre sur le principal intéressé, dont la truculence méditerranéenne se marie à merveille avec le proverbial sarcasme nordique. Qu’elle soit consciente ou instinctive, la plume de Pedro semble comme dépendante de cette étonnante fusion. En me replongeant dans ma traduction d’À pleins poumons pour les besoins de...
Le Matricule des Anges n°274
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Domaine étranger Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé...
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Poésie De départs en Java Emmener son dabe en Java, tel aurait pu être le mot d’ordre de la revue : c’est-à-dire débaucher la poésie de son académisme flétrissant, pour poser une grenade dans la soie de ses mièvreries d’alors. Joies de faire péter le sérieux sérieusement. Déroulons-en les arguments. La revue Java, tel qu’Yves di Manno, le poète et directeur de la collection Poésie/Flammarion, la définit avec justesse dans sa brève préface, aura mené au début des années 1990 « mieux que nulle autre en son temps – et avec le plus grand impact – l’examen reconduit de la question moderne, après les avant-gardes ». Vingt-huit numéros, en dix-sept ans, dans le contexte d’alors où brillaient encore quelques revues phares (Action Poétique,...
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Histoire littéraire Breton-Gracq, ensemble et séparément Commencée en 1939, leur correspondance est la première à nous révéler le Gracq épistolier. Là où Breton rêve de liens « qui auraient seulement existé dans la chevalerie errante », Gracq, écrivain secret s’il en est, n’aspire qu’à être un ami fiable et une sorte de conseiller désintéressé. Quand, en mai 1939, Gracq, jeune écrivain quasi inconnu, fait parvenir son premier livre à Breton, c’est d’abord l’auteur de Nadja et de Poisson soluble qu’il veut atteindre, le « Grand Singulier » plutôt que le chef du groupe surréaliste. Ce qu’il aime dans le surréalisme – qu’il a découvert alors qu’il venait d’être reçu à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (1930-1934) –, c’est sa force native, l’« espèce de jet brutal de la...
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Théâtre Un enfant pour sauver le monde Zoukhra Yanikova décrit en temps de guerre une société russe menacée de perdre son âme. Zoukhra Yanikova est née au Daghestan, a fait ses études à Moscou et en 2022 s’installe au Monténégro. Pour être plus libre de dire et d’écrire. Car la société russe, fermée, opaque, étouffante, ne laisse pas aux écrivains la possibilité de s’exprimer aussi librement qu’ils ou elles le souhaiteraient. Pourtant Yanikova n’est pas une opposante politique. Elle n’est pas engagée contre le régime de Moscou mais tente, par une fine écriture...
Intemporels
par Didier Garcia
Tragédie villageoise
Dans Mademoiselle B., Maurice Pons troque son costume d’écrivain pour celui d’enquêteur. Enfin presque…
Un matin d’avril 1972, alors que « deux astronautes américains, sous l’œil de leur caméra électronique » gambadent sur la surface de la Lune (bien moins connus que leurs prédécesseurs, il s’agit de John Young et de Charles Duke), on découvre un cadavre flottant sur la Flanne, un cours d’eau imaginaire près duquel le narrateur a élu domicile – un certain Maurice Pons, qui n’est sans doute ni tout à fait l’auteur des Saisons (pierre de touche de son œuvre), ni tout à fait quelqu’un d’autre.
Nous voici donc à Jouff, commune imaginaire elle aussi, dans une campagne qui paraît avoir hérité de...
Le Matricule des Anges n°196








