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« Écrire à côté de mes lacets »
Une compilation colossale de textes et d’entretiens de Chantal Akerman donne accès à l’antichambre d’une cinéaste infiniment libre qui plaçait l’écrit et la parole à l’origine de son œuvre.
Il y a deux ans, son long-métrage Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles était élu « meilleur film de tous les temps » par la revue britannique Sight and Sound. Chantal Akerman est l’autrice d’une œuvre cinématographique et artistique prolifique (plus d’une trentaine de films de fiction, de documentaires, de vidéos expérimentales, une dizaine d’installations artistiques et quatre publications). On l’avait découverte écrivaine, grâce aux rééditions de L’Arche et de L’Imaginaire, on la connaissait beaucoup moins diariste. L’Arachnéen dévoile une somme monumentale de toutes les...
La grande évasion
Une cellule de prison. Quatre hommes. Pour conjurer la mort, ils s’inventent des histoires. Maudit soit l’espoir de l’écrivain kurde est un huis clos infernal.
Il était une fois une ville où vivaient des aveugles. Tous naissaient aveugles. Un jour, les yeux d’un enfant se sont ouverts. Le petit regarde ce qui l’entoure. Lui seul voit la réalité. Les hommes prirent peur, effrayés par cette subite maladie, effrayés qu’une épidémie ne les transforme à jamais. Alors, les hommes tuèrent l’enfant. Lecteur, reprend ton souffle. « Ici, on lynche ceux qui...
Ne me quitte pas
Abandonner sa langue maternelle, choisir le français pour écrire l’indicible, et ainsi donner vie au père enfui. Un premier texte tonique.
Les pères, c’est pas marrant. Un jour, ils disparaissent, ni vu ni connu, ils sont ailleurs, peut-être même ils meurent, allez savoir. Les pères laissent un grand vide, du silence ou des questions à l’infini, c’est du pareil au même. Les pères donnent naissance à des fractures, genre irrémédiable, truc qui ne cicatrise pas, et ils s’en foutent. Ils font de leurs gosses des canards boiteux, en...
Rêve général !
Pour sauver le monde – et son pays –, l’écrivain argentin redonne vie à l’imaginaire et le pouvoir aux livres.
D’abord, il y a le ton, léger, presque primesautier. Tiens tiens, se dit-on, enfin un roman joueur, qui respire en grand. Tiens, tiens, se dit-on encore, il est bien sympathique ce narrateur mélancolique en diable qui s’interroge sur son lit, vestige d’une nuit agitée : « Une pensée étrange m’a traversé l’esprit. Une idée qui semblait appartenir à un autre. Si quelqu’un pouvait lire, dans les...
Ancre noire
Ambiance crépusculaire, huis clos subversif, dramaturgie hallucinante : Polaris scrute la mémoire et met les nerfs à vif.
Polaris fait partie de ces lectures à hauts risques, de celles qui ébranlent tous les repères, malmènent jusqu’à la transe, et soumettent le lecteur, ce voyeur, de façon superbe. Nous voici ébranlés et total addicts. Polaris, premier roman traduit de l’Espagnol Fernando Clemot, plonge dans des lieux inconnus, méandres de la mémoire, enchevêtrements d’imaginaire, de fantasme, fouillent les...





