RUBRIQUE L'Anachronique
Les articles
In the Pilat
Dans la demeure n’est accroché qu’un seul tableau, mais sans cesse changeant. La vaste fenêtre, percée dans un mur épais, donne sur deux monts voluptueux. Un hameau rose pâle, dans l’échancrure, figure une faveur au soutien-gorge. Devant s’étend un kilomètre de plateau où ondule le blé en herbe, un ventre en chlorophylle. Puis ce sont quelques arbres, des buissons, ceux-là à portée de main… Chambre avec vue sur la géante, depuis le pubis.
On ignore la tête qu’elle a, au-delà du Pilat. Des ciels également démesurés témoignent de son humeur, tantôt cotonneuse, ouatée jusqu’aux...
Retrouver l’enfance
Les vendanges sont terminées. Je n’avais pas besoin d’argent, je les ai faites pour rien : un litre de pineau, des cèpes, un pochon de châtaignes, un bon repas à midi. Le château n’était pas le cru bourgeois dont une anachronique, l’an dernier à la même époque, donnait un aperçu, mais une appellation « Médoc », une exploitation viticole jouxtant la simple maison du propriétaire, un ami....
La cueillette des eupatoires
Nous formons, au Café de l’Armistice, une bande de copains que les différences sociales n’effraient pas. Prière, en entrant, de laisser son rang au vestiaire. Freddy, toujours élégant, s’occupait autrefois de machines à sous. Carlos porte en sautoir d’avoir vécu un an et demi à Fresnes. On accuse « L’anguille » de boire la pension de sa mère, c’est faux. Pas ici, en tout cas, où il ne boit...
Printemps au Verdon
J’ai reçu cet hiver la lettre d’une abonnée médoquine. Dans « abonnée », il faut entendre au Matricule des anges, « Soyez un ange, abonnez-vous » il s’agissait donc d’un ange, et dans « médoquine », qu’elle connût la région au point de reprocher une approximation que j’avais commise dans une chronique. « Le Médoc, » avais-je écrit en traçant mentalement une ligne nord-sud, « de Soulac à...
Des origines de la scoumoune
Il m’arrive de lire des manuscrits. Ce n’est pas mon métier, personne ne me rémunère pour cela. Je me hâte de préciser, compte tenu de ce qui va suivre, que je ne me sens pas astreint au devoir de réserve dont font preuve mes confrères, avec une discrétion qui les honore et qu’il est vain de me faire parvenir un texte. Tous ceux que j’ai soumis à la publication se sont soldés, pour une raison...
