RUBRIQUE
Des plans sur la moquette
La chronique de Jacques Serena
Les articles
Un auteur
Ne pas crever au contraire
Elle me parlait, assise par terre, accoudée à son lit de camp, et je me demandais si elle avait souvent quelqu’un qui restait à l’écouter. Elle se souvenait d’avoir durant tout un été plié et déplié des chaises sur la presqu’île du Brusc, d’avoir peint à la chaîne des champs de lavande en changeant de signature, d’avoir eu pour amies des chèvres et fabriqué des fromages trop salés d’un côté. En fait, une heure avant j’étais tombé sur elle, venue voir un ami à elle, qui était aussi un ami à moi, et s’était avéré qu’elle et moi nous connaissions, d’une autre vie où j’avais vendu sur...
À la ville comme à la scène
Pourquoi, de temps en temps, passer au théâtre. Sait-on jamais pourquoi. Quand même essayer. Pour retrouver une émotion rare. Les pires qu’on puisse éprouver, c’est-à-dire produites par un de ces gestes à la fois précis et un peu décalés. Dont on a senti aussitôt la gravité, l’irrémédiable. L’effet sur le coup et à retardement. Avoir à ma disposition lieu et temps pour voir à retrouver de ces...
L’année dernière à marée basse
Vous avez Jean Echenoz qui, dans son roman Cherokee, s’est amusé à piller éhontément Jean-Patrick Manchette (je ne suis pas entrain de balancer un ami, il s’en est beaucoup vanté lui-même). Vous avez François Bon qui dit en riant qu’il « sample » amicalement, de-ci, de-là, dans ses livres, un morceau d’Echenoz. Vous avez évidemment le grand Alain Bashung qui chante « l’année dernière à marée...
Ce que Kim Gordon dit que Pettibon fait
Dans les dernières pages de certains quotidiens, on trouvait des bandes dessinées ne comportant que trois images. On savait que l’histoire s’étendait sur des mois, on ne regardait pas régulièrement le journal, on tombait sur ces bribes isolées, sans pouvoir en saisir tous les tenants et les aboutissants : leur mystérieuse évidence nous effrayait.
C’est la même impression que me fait depuis...
Du Jean-Michel Ribes
On entend de ces dialogues, de-ci, de-là, dans ce qu’on appelle les actualités, qui nous laissent rêveur. Qui nous font souvent nous dire que si on les entendait, non pas là, au milieu de journal de vingt heures, mais au beau milieu d’une pièce de théâtre, ce ne pourrait qu’être que dans une œuvre inédite de Roland Topor, ou de Roland Dubillard, ou de Fernando Arrabal, ou de Jean-Michel...
