La rédaction Pierre Hild
Articles
Un auteur
Straram, de l'autre rive
Si Guy Debord lui rend un hommage dans ses Mémoires, Patrick Straram (1934-1988) est longtemps resté un oublié des temps fondateurs du situationnisme. Ces derniers mois Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné avaient exhumé deux de ses textes. Les Bouteilles se couchent (Allia), recomposait sur un tempo jazzy, les chorus clandestins de la bande de chez Moineau, au temps du lettrisme. La Veuve blanche et noire un peu détournée (Sens & Tonka), détournait un roman de Gómez de la Serna pour relater une passion amoureuse autobiographique.
En 54, Straram a rompu avec l’Internationale lettriste...
Un auteur
Another country
À travers le rock’n’roll et la figure de Bob Dylan, le critique Greil Marcus retrouve les racines du peuple nord-américain. Plus près du mythe que de l’histoire.
Beaucoup de ses compatriotes ont reporté leur voyage en Europe, pas lui. Pourtant la prise de risque est conséquente, cet humble quinquagénaire véhicule dans ses livres la part la plus fascinante, la plus noire aussi, de l’âme des États-Unis. Celle des prédicateurs hallucinés, des vendeurs de remède-miracle, des pionniers et des petites gens, des capitaines Achab et de leurs baleines...
Un livre
Un sacré bout de chemin
de
Claude McKay
L’odyssée McKay
Nomade de corps et de plume, l’écrivain jamaïcain livre dans ses mémoires un portrait saisissant des haut lieux des années 20-30. Itinéraire d’un témoin exemplaire.
Il y a deux ans, les éditions André Dimanche rééditaient Banjo, roman que publia en 1928 Claude McKay. Ce fut l’occasion de redécouvrir cet écrivain d’origine jamaïcaine, bourlingueur insatiable. Banjo, roman construit par épisodes, rendait à merveille le Marseille des années 20 -le quartier de « la fosse » défiguré par la suite-, l’irruption du jazz en France, et, surtout, posait un regard...
Des livres
Maow-Miaou
de
Catfish McDaris
Recueil sans titre pour poèmes titrés
de
Gerald Locklin
City blues
de
A.D. Winans
Petite presse belge
En marge de l’édition industrielle, Microbe transmet la parole d’écrivains se méfiant de toute raison sociale. Une voie pour d’autres voix, sans prétention.
Les éditions Microbe publient de petits opuscules, photocopiés, agrafés, protégés d’un calque. Sous la responsabilité d’Éric Dejaeger et de Paul Guiot, depuis Pont-à-Celles en Belgique, elles tentent sur ce mode de faire passer à quelques-uns la parole « simple, lisible, peut-être intelligente mais surtout pas intello » de quelques-uns. Pour cela, une mise en garde taillée à la hache prévient...
Un éditeur
André Dimanche, révélateur de livres
Tout occupé des autres et des rêves inouïs qu’il porte, dans l’ombre, l’éditeur marseillais projette les lumières d’un catalogue unique où se croisent poésie, livres d’art, romans, édition sonore… Parole d’un enchanteur audacieux.
S’il est aujourd’hui reconnu pour ses romans à la couverture rouge -César Aira et Ricardo Piglia par exemple, deux des plus grands auteurs contemporains argentins- André Dimanche est encore méconnu pour ce qu’il est : l’architecte fou d’un catalogue hors norme. Un Gaudí marseillais que rien n’arrête, sauf son propre jugement. Pour preuves, les voix de poètes parmi les plus singuliers...
Courrier du lecteur – chronique
Pistes et plateaux
Maxime Schmitt a plusieurs vies. Il fut guitariste de Vince Taylor, producteur des débuts de Taxi Girl, ami et occasionnellement parolier de Kraftwerk. On le sait depuis leur « Tour de France » du début des années 80, les Kaftwerk aiment le vélo, le pratiquent, pensent que c’est le meilleur exemple d’entente entre l’homme et la machine. On ne le savait pas, Maxime Schmitt voue une passion à la petite reine depuis les années 60 : Vélo volé en est la traduction littéraire. Maxime Schmitt est l’auteur de deux livres publiés au Castor astral, Face B et Cinéma perdu. Après la musique, le...
