La rédaction Eric Naulleau
Articles
Baleine de Paul Gadenne
C’était un blanc sans lumière, un blanc gelé, entièrement refermé sur lui-même, tournant le dos à toute gloire, avec une résignation à peine pathétique, vraiment le blanc d’une baleine qui ne faisait pas d’histoires, qui fuyait l’éloquence et défiait terriblement les mots. » Bel autoportrait. Gadenne/Baleine, nouvelle occasion de découvrir un naufragé des lettres françaises, abandonné sur son île par la postérité. Baleine/Gadenne, Pierre et Odile se tiennent pour l’éternité devant la charogne géante échouée sur une plage du Pays Basque, l’occasion d’une décisive expérience mystique pour...
Rires dans la nuit
Contrairement à leurs collègues albanais (qui s’expriment dans la même langue) les écrivains kosovars ne sont guère traduits en français. Saluons donc la parution par chez nous de ce premier recueil d’Eqrem Basha (né en 1948) sur lequel planent comme on pouvait s’y attendre les ombres de la guerre et de l’ethnocide qui ravagèrent durant dix années son malheureux pays.
Lorsqu’on représente un...
La métamorphose de K.
Témoin et victime des barbaries du siècle, un grand écrivain hongrois se cherche des raisons de survivre. Par le joyeux Imre Kertész.
Dernièrement, on me dit souvent que j’ai « changé ». En bien ? En mal ? Je remarque que c’est plutôt en bien et j’ai l’impression que l’on m’en tient rigueur. Ces jours-ci, V. m’a fait des reproches : j’aurais « perdu ma profondeur », je parle de droits d’auteur et de questions matérielles. Comment ? C’est au statut de prisonnier et à l’infantilisme de la dictature que je devrais ma...
Gontcharov côté court
Les éditions Circé s’obstinent depuis plusieurs années avec une admirable constance et quelque succès à prouver qu’Ivan Gontcharov (1812-1891) ne fut pas l’auteur d’un seul livre, le célèbre Oblomov -d’où dérive l’oblomovisme, ce mélange de langueur et d’immobilisme en quoi Lénine diagnostiqua le mal russe par excellence.
Après La Terrible Maladie, Le Mois de mai à Saint Pétersbourg et Une...
L’art et la tanière
À travers les pérégrinations de son personnage contrefait, Piotr Alechkovski fait le portrait d’un pays au bord de la crise de foi.
Dans un passé pas si lointain que ça -mais pas tout récent non plus- à une époque où gens d’esprit et bons vivants abondaient à Starogod, une aimable compagnie d’individus du sexe masculin et d’âges divers, chassée de la rue par un froid des plus vifs, se réfugia dans la réserve d’un petit magasin de fruits et légumes, un bâtiment qui se souvenait d’avoir abrité le corps de garde de la ville...
Médiatocs – chronique
Popol et Virginie
L’auteur(e) des Chiennes savantes lorgne à présent vers les Chiennes de garde. Le Manifeste pour un nouveau féminisme de Virginie Despentes ferait plutôt penser à du pipi de chat(te).
Nous sommes redevables au féminisme de quelques avancées décisives dans le domaine des mœurs : à lire King Kong théorie, on s’avise en effet que les cafés du commerce sont devenus mixtes. Prendre connaissance du « manifeste » de Virginie Despentes revient à subir le caquetage d’un pilier de comptoir qui vous crachote à jet continu ses délirantes opinions sur le viol, la pornographie, la prostitution, sans oublier la lutte à mort entre femmes et hommes pour la possession symbolique du pénis. Éprouvant.
On trouve un peu tout et son contraire sous la plume de la patronne du bistro Les...





