La rédaction Eric Naulleau
Articles
Baleine de Paul Gadenne
C’était un blanc sans lumière, un blanc gelé, entièrement refermé sur lui-même, tournant le dos à toute gloire, avec une résignation à peine pathétique, vraiment le blanc d’une baleine qui ne faisait pas d’histoires, qui fuyait l’éloquence et défiait terriblement les mots. » Bel autoportrait. Gadenne/Baleine, nouvelle occasion de découvrir un naufragé des lettres françaises, abandonné sur son île par la postérité. Baleine/Gadenne, Pierre et Odile se tiennent pour l’éternité devant la charogne géante échouée sur une plage du Pays Basque, l’occasion d’une décisive expérience mystique pour...
Un livre
Homo zapiens
de
Viktor Pelevine
Homo zapiens de Viktor Pelevine
Caramba, encore raté ! » s’écrient à chacun des nouveaux romans de Viktor Pelevine (né en 1962) les lecteurs russophiles (et tintinophiles), décidément étonnés qu’un si admirable auteur de nouvelles fonce dans le décor dès qu’il s’agit d’aborder la forme longue. Tout commence ici le mieux du monde avec l’entrée en scène de Babylen Tatarski, ci-devant poète et spécialiste des littératures des...
Kourkov tourne Kazakh
À l’est, du nouveau -voici venu le temps des écrivains roublards, c’est-à-dire des astucieux manieurs de plume bien décidés à encaisser au passage un solide paquet de roubles. Andreï Kourkov satisfait pleinement à cette double définition : son premier livre traduit en français (Le Pingouin, Liana Levi, 2000), roman policier de fort habile facture, lui a valu une notoriété internationale. Le...
Un livre
L' Homme incendié (roman de Giordano Bruno)
de
Serge Filippini
Un livre de feu
Napolitain, philosophe et poète, féru de cosmologie et maître en mnémotechnique, disciple de Raymond Llull et pourfendeur d’Aristote, mage et voyant, rêveur d’Egypte et citoyen d’Europe (« De Nola à Francfort, cinq mille lieues parcourues, en quarante-trois années de vie. Était-ce là, selon la science arithmétique, le contenu d’une existence humaine ? »), hérétique et sodomite, tel fut entre...
Un auteur
L’enchanteur désenchanté
De quelques utopies présentes et passées, du désespoir comme forme moderne d’espérance. Cinquante et une raisons d’y croire encore.
Retour aux sources en apparence que ce recueil d’essais au magnifique intitulé. Hâtons-nous de préciser que l’auteur ne remonte pas cette fois aux origines du Danube, mais à celles d’un travail qui débuta en 1963 avec Le Mythe et l’Empire où se trouvaient magistralement décortiquées les œuvres de tous les écrivains marquants de la littérature autrichienne moderne. Inutile d’insister à nouveau...
Médiatocs – chronique
Popol et Virginie
L’auteur(e) des Chiennes savantes lorgne à présent vers les Chiennes de garde. Le Manifeste pour un nouveau féminisme de Virginie Despentes ferait plutôt penser à du pipi de chat(te).
Nous sommes redevables au féminisme de quelques avancées décisives dans le domaine des mœurs : à lire King Kong théorie, on s’avise en effet que les cafés du commerce sont devenus mixtes. Prendre connaissance du « manifeste » de Virginie Despentes revient à subir le caquetage d’un pilier de comptoir qui vous crachote à jet continu ses délirantes opinions sur le viol, la pornographie, la prostitution, sans oublier la lutte à mort entre femmes et hommes pour la possession symbolique du pénis. Éprouvant.
On trouve un peu tout et son contraire sous la plume de la patronne du bistro Les...



