La rédaction Eric Bonnargent
Articles
La nuit de l'exil
Avec ce premier roman, Alain Giorgetti donne corps au grand drame d’aujourd’hui : celui des migrants.
Je me demande ce qui est en train d’arriver à l’humanité. » Placée en exergue, cette phrase est signée Ozan Köse, le photographe qui a découvert sur une plage turque le corps d’Aylan, ce petit Syrien âgé de 3 ans, mort noyé suite au naufrage du navire qui devait l’amener, lui et sa famille, en Grèce. C’est dans la même position, sur le ventre, face à la mer, que nous trouvons Adèm dans les premières pages du roman ; des pages dont la poésie rend plus poignante encore la situation : « Ma colonne vertébrale est un morceau de marbre. J’ai cette horrible impression d’être cloué au sol, de...
Personne(s) de Sarah Chiche
La collection « Le livre de la vie » réalise le projet imaginé par Roland Barthes de « prendre un livre classique et tout y rapporter de la vie pendant un an ». Pour ce septième titre, Sarah Chiche s’est emparée d’un livre qui l’accompagne depuis de nombreuses années, Le Livre de l’intranquillité de Bernardo Soarès, le semi-hétéronyme de Fernando Pessoa. Pour cela, elle a dû faire face à...
Autopsie de l’ennui
Odyssée immobile, La Fin du vandalisme est une invitation au voyage à travers le quotidien de l’Amérique profonde.
À la manière de Faulkner qui, pour mieux saisir la quintessence de son Sud natal, situa l’action de ses principaux chefs-d’œuvre dans le comté fictif de Yoknapatawpha, Tom Drury, né en 1956 dans l’Iowa, place l’action de La Fin du vandalisme (le premier volume d’une trilogie débutée en 1994 dont les tomes suivants, Hunt in dreams et Pacific sont parus en 2000 et 2013) dans le tout aussi...
Un auteur
Le grain des mots
Paul Beatty s’interroge de nouveau sur la fiction de l’identité noire et trace un portrait sans concession d’une Amérique bien-pensante.
L’identité noire, écrivait Paul Beatty dans Slumberland (Seuil, 2009), c’est du passé, et moi, pour ma part, je ne pourrais m’en réjouir davantage, parce que désormais je suis libre d’aller au centre de bronzage si j’en ai envie, et j’en ai envie. » Cette question de l’identité était déjà au cœur d’American Prophet, son premier roman, aujourd’hui traduit aux éditions du Passage du Nord-Ouest....
Je est un autre
Fils spirituel de Thomas Pynchon et de François Rabelais, l’Argentin Alberto Laiseca a inventé un nouveau genre littéraire : le réalisme délirant.
Né en 1941, Alberto Laiseca a exercé une multitude de petits métiers avant de se consacrer à la littérature. Publié en 1982, Aventures d’un romancier atonal n’est que son deuxième roman, le premier à être traduit en français. Le romancier atonal, ce « crétin fini », est le double grotesque de son créateur. Laiseca cultive l’ironie et l’autodérision pour réaliser une satire déjantée du monde...




