La rédaction Anne Kiesel
Articles
Un livre
Le Ciel ici déborde
de
Eva Bottega
Dérive furieuse
Des tréfonds américains, Eva Bottega délivre, d’une plume leste, un road trip libertaire.
C’est noir foncé. Furieux et désespéré. La seule lumière, on la voit sur la photo illustrant le bandeau du livre, un bandeau rouge sanglant, du même rouge que la couverture rouge, rouge fâché, rouge-je-m’en-fous-des-bonnes-manières. La lumière, donc, vient de la flamme d’un briquet. La flamme qui sert à jouer avec le feu et le danger, à cramer ses propres cheveux, à calmer les angoisses qui submergent, à se dire qu’il est possible de foutre le feu, et qu’alors ça s’arrêtera. C’est un premier roman, indécent, enfiévré, alcoolisé. Une dérive forcenée au milieu de nulle part, dans les...
L’amour selon Gil
Le deuxième livre de Shane Haddad raconte l’errance estivale d’un trio de jeunes gens. Intime et arrimé à son époque.
Quelle maîtrise, quelle fraîcheur, dans ce roman d’une génération, les filles et les garçons qui ont 25 ans aujourd’hui et voient le monde partir en lambeaux. Shane Haddad – qui a à peine deux ou trois ans de plus – a publié son premier livre il y a trois ans. Toni tout court racontait la journée de Toni, 20 ans. Son jour d’anniversaire, où, surtout, elle se préparait à assister à un match de...
Scènes de prétoire
Maxime DesGranges, d’une plume choisie, livre des extraits d’audiences du quotidien, de cette justice qui traite rapidement les délits.
Voici un livre paradoxal. Il est fait de petits fragments, quasiment des notules. On pourrait donc avoir envie de l’ouvrir au hasard, parcourir deux-trois passages, le laisser puis le reprendre. Erreur ! On y trouve beaucoup plus de force en le lisant dans l’ordre. Comme un livre composé par un auteur – ce qui est justement le cas. C’est le premier ouvrage publié par Maxime DesGranges, qui...
Délires crépusculaires à Berlin
L’écrivaine lithuanienne Undinė Radzevičiũtė n’a pas précisément froid aux yeux. En témoigne son roman qui emporte le lecteur dans sa folie.
La photo de Undinė Radzevičiũtė, dans la page qui lui est consacrée sur le site internet de son éditrice, montre une dame, dans la cinquantaine, qui semble tout à fait convenable, sagement accoudée à une rambarde, un livre à la main. Il ne faut pas se fier à cette apparente bienséance. Sous la couverture rouge et noir de la traduction française de son livre se cachent de délicieuses...
Le Dernier des communistes
Il est touchant et drôle, Stéphane, le petit-fils de Maurice-le-Rouge, militant communiste, figure de la commune de l’Ardoise (Gard). Maurice Bonnefoi, « soixante-neuf années d’adhésion au Parti. Un homme de conviction. En 1970, lorsqu’il voulut faire embaucher son fils à l’usine sidérurgique de l’Ardoise, où la priorité à l’embauche était donnée aux enfants d’ouvriers, il se vit rétorquer...




