éditions Jérôme Millon
Ouvrages chroniqués
Anatomie, morsure et effets de la tarentule
de
Giorgio Baglivi
2022
Le traité sur la tarentule de Giorgio Baglivi (1668-1707), mi-médecin, mi-anthropologue, insatiable curieux.
On le sait aujourd’hui : la mor-sure de la tarentule, qui tire son nom de la ville de Tarente au sud de l’Italie, n’occasionne à l’homme rien de très grave. Beaucoup d’encre a pourtant coulé concernant la bestiole, les effets de son venin et leur traitement – la danse – pratiqué dans les Pouilles par les « tarentulés ». C’est le sujet d’enquête de Giorgio Baglivi, dont Jérôme Millon livre une riche édition critique et bilingue de son De anatome, morsu et effectibus tarantulae (1698).
Baglivi, professeur de médecine à l’université de Rome mais originaire de « Lecce, en Pouille », va...
De la difformité
Essai. 1754
de
William Hay
2024
Laid, petit et bossu, l’écrivain William Hay (1695-1755) se plaint et se console avec humour et panache.
Issu de la noblesse terrienne, marié à une parente du Duc de Newcastle qui lui donna trois fils, élu à la Chambre des Lords, William Hay avait tout pour être heureux. Sauf sa bosse sur le dos, sa taille – 152 cm –, son visage « ravagé par la variole », et pour couronner le tout la « maladie de la pierre » et son cortège de douleurs. C’est à l’âge de 59 ans, quelques mois avant sa mort, qu’il écrit son autoportrait, façon de régler ses comptes avec sa mauvaise fortune, mais aussi dans l’idée de léguer à la postérité un texte résolument littéraire, placé sous l’autorité de Montaigne et de...
Les Tatouages. Etude anthropologique et médico-légale
de
Alexandre Lacassagne
2025
À finalité médico-légale et de police, l’étude sur les tatouages de Lacassagne (1843-1924) témoigne aussi de sa passion de collectionneur et d’anthropologue. Un classique.
La « bousille » ? En argot carcéral, le tatouage. Au XIXe siècle, les pères fondateurs de la criminologie moderne – Lombroso, Lacassagne, Bertillon qui en 1902 découvrira les empreintes digitales – y voient un moyen d’identifier les criminels. Les tatouages sont à la mode à l’époque dans les classes populaires – marins, militaires (en France en particulier des bataillons disciplinaires d’Afrique, les « Bat’d’Af’’ »), travailleurs manuels des villes comme des campagnes. Et plus encore chez les bagnards, les taulards, le petit peuple des voyous et des prostituées. Ce sont, dit Lacassagne,...



