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Singulier pluriel
Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
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Domaine étranger Des ailes immenses étendues sur le monde Très soutenu dans la course au prix Nobel de littérature, l’écrivain roumain Mircea Cărtărescu voit la traduction de sa trilogie Orbitor remise en ordre. Une somme capitale au poids de papillon. L’un des moments majeurs de la carrière littéraire de Mircea Cărtărescu (Lmda n°257) reste sa trilogie Orbitor inspirée par Thomas Pynchon sous le signe du « laxisme désordonné, exaspérant » (Journal). Le récit kaléidoscopique en trois gros volumes publiés en Roumanie entre 1996 et 2007 a d’ailleurs été comparé au Gravity’s Rainbow de l’Américain (L’Arc-en-ciel de la gravité, Le Seuil, 1987). C’est lors de sa publication française, à partir...
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Domaine français L'exil est un chemin qui ne s'oublie jamais Atiq Rahimi, qui vit en France depuis 1984, raconte, dans une ambiance brumeuse, son film écrit mais non tourné, et le cheminement entêtant d’un Kabuliwalla, « l’homme de Kaboul ». Ce mélange de différents niveaux de récits est vertigineux. Un roman – celui que le lecteur tient dans les mains ; un film – qui n’a jamais été tourné ; une nouvelle classique – écrite par Rabindranath Tagore. Avec de grands écarts dans les époques : un pied à la fin du XIXe siècle, l’autre à l’époque actuelle. Dans les pays aussi : de l’Inde (où l’histoire se déroule) à la France (où elle a été écrite), en passant par l’Afghanistan, pays de...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Force majeure
Crise oblige, on émet le souhait d’un papier sérieux. Une synthèse géopolitique qui éclairerait le lecteur sur les rouages des conflits internationaux. Étayée par un corpus solide, des ouvrages signés Trinquand et Pellistrandi, avec en prime une astuce mnémotechnique pour ne plus confondre chiite, sunnite et stalagmite. Refusé. « Occupe-toi du hit-parade. » Les cavaliers de l’Apocalypse sanglent leurs chevaux, on nous somme de divertir. Soit. On commentera en représailles le numéro un des ventes. Quel qu’il soit.
Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot. Léger coup de chaud. L’image d’un...
Le Matricule des Anges n°272

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Julien Tribotté
Le Blues usé de Langston Hughes
En janvier 1926 paraît le premier recueil d’un très jeune poète qui deviendra l’une des grandes voix de la poésie américaine. Un siècle après sa parution, le livre frappe et touche encore. Les poèmes prennent appui sur des réalités simples et décisives : la fatigue, l’injustice, la dignité, l’espoir. C’est peut-être cela d’abord qui m’a retenu en le traduisant. Cette évidence. Cette capacité à écrire une poésie d’une grande tenue sans jamais la séparer de ses lecteurs.
Né en 1901 à Joplin, dans le Missouri, Langston Hughes grandit entre plusieurs villes américaines marquées par...
Le Matricule des Anges n°273
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Domaine étranger Sciascia mène l'enquête Avec La Disparition de Majorana, l’écrivain sicilien livre, en fin limier, une réflexion sur la science et la morale. 1938 : le jeune génie de la physique, Ettore Majorana, disparaît à Palerme. Faute de cadavre, la police fasciste conclut à un suicide. 1975 : Leonardo Sciascia revient sur l’affaire Majorana. L’enquête officielle ne le convainc pas et il va s’improviser inspecteur. Sa théorie ? Le physicien ne s’est pas suicidé mais a organisé sa disparition. La Disparition de Majorana, aujourd’hui réédité (Les Lettres nouvelles/Maurice Nadeau, 1977 ;...
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Poésie Par-delà l'effroi Inédite en français, cette part importante de
la création poétique de Paul Celan atteste de
sa jeunesse bouleversée. En dépit de leur gravité, ces premiers poèmes surprennent par leur beauté. Né à Cernauti en 1920, ville roumaine dénommée en allemand Czernowitz, et issu d’une famille juive germanophone, celui qui ne s’appelle pas encore Paul Celan mais Paul Antschel, entreprend dès 1938 une œuvre qui comptera parmi les plus marquantes de la seconde moitié du XXe siècle. Composés en Roumanie avant l’exil définitif en France, ces textes de jeunesse sont à considérer comme la matrice de sa poétique. Le choix du titre est ici celui...
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Histoire littéraire Jambe en l'air et chapeau bas Depuis son invention par Tristram en 1991, Le Tutu n’en finit pas de froufrouter. Parce qu’on ne sait toujours rien – ou presque – de son auteur et, surtout, parce que ce roman de « mœurs fin de siècle » garde intacte toute sa folle frénésie. Le résumer n’aurait aucun sens. Le récit, définitivement débarrassé de tête et de queue, n’est ici que pure dépense, lancé à toute blinde à travers les pages telle une super-balle dont on ne sait ni où ni quand elle s’arrêtera, après avoir tout renversé sur son passage. Car ce Tutu ne respecte rien : ni le bon goût, ni la religion, ni la famille, pour ne rien dire de la vraisemblance. Les tribulations parisiennes et extra-parisiennes de...
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Théâtre Une immense tragédie Quand une femme se dresse face à la guerre et à la folie des hommes. Aristide Tarnagda est un auteur du Burkina Faso. Sa rencontre en 2004 avec Koffi Kwahulé le convaincra de se consacrer au théâtre et à l’écriture. Fadhila est son texte le plus récent. Fadhila, c’est d’abord une langue. Une langue puissante, imagée, métaphorique, une langue qui conte et raconte et laisse aux personnages le temps et l’espace de parler pour nous dire, ou tenter de nous dire, leurs vérités profondes. C’est la langue directe...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert
Irréductible parmi les autres
Des beaux-arts à la clinique de la Borde en passant par l’hôpital psychiatrique, Francis Bérezné a raconté la folie pour la dépasser.
Francis Bérezné est né trois ans après Emma Santos (cf. p. 28), à Paris, lui aussi, le 17 novembre 1946. « Je suis né à l’hôpital Beaujon, à Clichy-sous-Bois, un an après la fin de la Deuxième guerre mondiale. C’est dire que ma vie est marquée par la joie de vivre qui éclate après ces terribles années, par le désespoir qui naît des horreurs qu’on découvre à ce moment, et par l’angoisse de mes parents, qui ont vécu quatre ans dans la peur. » L’histoire de Francis ressemble étonnement à celle d’Emma Santos : leurs vies ont pris un tournant commun lorsque la maladie psychique les a envahis...
Le Matricule des Anges n°264







