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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Singulier pluriel

    Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.
    Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
  • La Fenêtre de la bibliothèque

    Domaine étranger Fenêtre sur trouble La révélation d’étranges phénomènes, par la romancière victorienne Margaret Oliphant. La tradition des romancières anglaises est florissante au XIXe siècle. Entre Jane Austen, les sœurs Brontë, Mary Shelley et George Eliot, l’on connaît cependant moins d’étonnantes dames victoriennes. Parmi elles, brille la prolifique écossaise Margaret Oliphant (1828-1897) qui, outre des récits réalistes et des essais, aimait broder les histoires de fantômes, mettre en scène des incidents démoniaques, non sans une visée moralisatrice où la...
  • Rêve cette nuit. Carnets 2002-2024

    Domaine français Attentive à vivre Une réédition, des carnets inédits… l’occasion de toujours mieux connaître l’insaisissable Anne Serre. Ses lecteurs fidèles sont gâtés. Après son récent roman-choral Vertu et Rosalinde au Mercure de France, revoilà déjà Anne Serre, et avec deux livres d’un coup, aux éditions Verdier cette fois. L’un, Sous les arbres, une prairie a paru la première fois en 1995 sous le titre La Petite Épée du cœur, l’autre rassemble des carnets sur la période 2002-2024. Vraiment passionnants, ces carnets. Anne Serre, qui affectionne les auteurs anglo-saxons,...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Des pavillons dans le ventre

Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu. Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270
Marc Biancarelli

un auteur

Marc Biancarelli

Chronique
Traduction

Christophe Mileschi & Martin Rueff

Works, de Vitaliano Trevisan Christophe – Quand je traduis je m’absente. Me laisse traverser par la parole de l’autre, à qui je cède ma voix et ma langue française. J’ai un peu brûlé les planches : souvent j’ai cru sentir une proximité profonde entre ce qu’il advient de moi traduisant et ce qui arrive à l’acteur·ice incarnant quelqu’un·e qu’iel n’est pas. Qu’on traduise ou joue un rôle, les pièces dont on est formé se réagencent au service d’une interprétation. On objectera que l’acteur·ice fait ça surtout avec son corps, là où la traducteur·ice ne s’engage pas physiquement dans sa traduction. Ce serait scinder...
Le Matricule des Anges n°269
  • Soixante kilos de coups durs

    Domaine étranger Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé...
  • Amérique primitive

    Poésie Le goût de vivre Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde. Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et...
  • Rilke sans domicile fixe

    Poches La pauvreté et la splendeur Homme sans toit, sans foyer, Rilke fut un nomade en quête de l’œuvre qui l’installerait en harmonie avec le monde et le délivrerait du mal d’exister. Olympia Alberti nous entraîne dans son sillage. Écrivain que chacun connaît mais que peu ont lu, contemporain de Stefan George et de Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke (1875-1926) eut une existence de vagabond apatride. Une vie errante en quête du lieu juste, celui qui, lui permettant de s’abandonner entièrement à une ascétique passivité, l’aiderait à affronter, seul, ses « lions intérieurs » tout en travaillant à une œuvre qui, dans et par la poésie, confinerait à un salut existentiel....
  • Le Long Chemin du retour

    Théâtre Blessures fantômes Daniel Keene sonde les traumatismes, dont les plus invisibles, de tous ceux qui ont dû partir combattre dans un conflit armé. Alors que les discours va-t-en-guerre se font de plus en plus nombreux, Le Long Chemin du retour de Daniel Keene est un contrepoint bienvenu et salutaire. Ce titre, en référence aux vingt ans nécessaires à Ulysse pour revenir de la guerre de Troie, évoque la difficulté pour tous ceux qui ont combattu au front de retourner à une vie civile « normale ». Le texte a été écrit à partir d’échanges, plusieurs semaines durant, avec des soldats des...
Intemporels
par Didier Garcia

Cauchemar dans les rapides

Avec Délivrance, le romancier américain James Dickey (1923-1997) réussit un tour de force : réaliser un huis clos en pleine nature. Pour échapper à leur vie monotone, quatre trentenaires décident de s’offrir une virée en canoë et de descendre une portion de la Cahulawassee, rivière imaginaire située dans le nord de la Géorgie (donc non loin des Appalaches) condamnée à disparaître sous un lac artificiel après la construction d’un barrage. L’idée d’« aller voir ça avant que les promoteurs mettent la main dessus » est à mettre au crédit du plus aventureux des quatre, et le seul à être taillé pour ce genre d’aventure : Lewis, touche-à-tout que rien n’arrête, sportif, expert en tir à l’arc (auquel il a d’ailleurs initié...
Le Matricule des Anges n°261