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Singulier pluriel
Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
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Domaine étranger Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé...
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Domaine français Saga corse Dans son nouveau roman à l’ambition affichée jusque dans son titre, Marc Biancarelli exhume les racines du nationalisme corse et la figure historique de Sampieru de Bastelica. Entre fureur et violences. Nous sommes au mitan du XVIe siècle dans un petit village à flanc de montagne de la Corse, l’Arcinivala. Celui qui raconte est archidiacre en son village de Vescovato, non loin de là. Anton Pietro Filippini se dit aussi écrivain et poète et possède outre une propension à la couardise, un goût certain pour la langue vernaculaire corse. L’homme n’est pas le témoin direct de tous les événements qu’il rapporte (si ce n’est l’arrivée sanglante de...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Force majeure
Crise oblige, on émet le souhait d’un papier sérieux. Une synthèse géopolitique qui éclairerait le lecteur sur les rouages des conflits internationaux. Étayée par un corpus solide, des ouvrages signés Trinquand et Pellistrandi, avec en prime une astuce mnémotechnique pour ne plus confondre chiite, sunnite et stalagmite. Refusé. « Occupe-toi du hit-parade. » Les cavaliers de l’Apocalypse sanglent leurs chevaux, on nous somme de divertir. Soit. On commentera en représailles le numéro un des ventes. Quel qu’il soit.
Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot. Léger coup de chaud. L’image d’un...
Le Matricule des Anges n°272

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Hadrien Chalard
À pleins poumons de Pedro Gunnlaugur Garcia
Pedro Gunnlaugur Garcia. Nul besoin d’être islandophone pour remarquer la singularité de ce nom, résultat d’une union entre deux cultures que rien, sinon un amour commun pour la morue salée, ne destinait à se télescoper. Le fruit d’un hasard malicieux qui n’aura pas manqué de déteindre sur le principal intéressé, dont la truculence méditerranéenne se marie à merveille avec le proverbial sarcasme nordique. Qu’elle soit consciente ou instinctive, la plume de Pedro semble comme dépendante de cette étonnante fusion. En me replongeant dans ma traduction d’À pleins poumons pour les besoins de...
Le Matricule des Anges n°274
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Domaine étranger Le sens de la finitude Les avatars de l’intelligence artificielle et de l’immortalité au cœur d’un roman de science-fiction policière, par Rosa Montero. L’horizon de la science-fiction semble balisé par les écrivains américains, entre Philip K. Dick, Robert Silverberg et Dan Simmons. De surcroît, si peu de femmes s’illustrent dans le genre, c’est encore une Américaine, Ursula Le Guin, qui fit figure d’exception. Aussi faut-il remarquer à cet égard l’irruption d’une Madrilène, Rosa Montero (née en 1951), dont l’anticipation s’exerce dans les « États-Unis de la terre », en l’an 2111. Dans la...
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Poésie Comment être au monde Entre approche concrète et abstraite, les poètes François Jacqmin et Julien Starck cherchent à toucher une certaine vérité de notre rapport à l’existence. Le catalogue des éditions du Cadran ligné, dirigées par le poète Laurent Albarracin, fonctionnant par affinités sensibles, cela nous incite à tendre des fils, peut-être arbitraires, entre deux parutions récentes. Rapprochons ainsi selon notre caprice deux auteurs qui n’auront guère coïncidé dans le temps et l’espace – l’un se trouvant en pleine activité, l’autre décédé il y a plus de trente ans – et qui font de l’essai une dérive en poésie...
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Histoire littéraire Herbel, la malice du cosmos Une nouvelle traduction remet en circulation les histoires d’almanach de Hebel, classiques en Allemagne, presque inconnues en France. En Allemagne, Johann Peter Hebel (1760-1826) est un classique ; la France n’a pas son équivalent. C’est que l’art de Hebel, insiste Walter Benjamin, est le plus modeste de tous : des « historiettes », moralités, devinettes, longues de quelques lignes à quelques pages, écrites entre 1803 et 1819 pour l’almanach L’Ami de la maison du pays rhénan, vendu par colportage dans le pays de Bade. De son vivant, Hebel ne passe pas inaperçu : Goethe...
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Théâtre Drôle de drame chez les Blum Avec Incident suspect, comédie grinçante, la société et la famille israéliennes en prennent pour leur grade. Dans la famille Blum, rien ne va plus. La mère, Adina, vient juste de poignarder Shmouel, son mari, quand la pièce commence. Sans raison véritable. L’ennui peut-être ; ou le désintérêt que lui manifestait son mari tous les jours. L’habitude aussi, elle attendant qu’il rentre du travail, lui s’installant devant la télévision. Alors, dit-elle, au fils, « On voit bien que tu n’as pas été marié à la même personne pendant quarante ans. » Le fils,...
Intemporels
par Didier Garcia
Voix pénitentes
Avec Confiteor, le Catalan Jaume Cabré livre la troublante confession d’un sexagénaire. Comme une manière de soulager sa mémoire.
Que convient-il de retenir d’un tel livre ? Quelle facette choisir de présenter ? Et quelle lecture privilégier, puisque plusieurs sont possibles ? Faut-il surtout y voir une prouesse romanesque, un roman hors normes, et prévenir d’emblée le lecteur qu’entrer dans ces pages c’est accepter d’être malmené par une plume qui dit beaucoup sans dire tout, accepter que des passages entiers reviennent à cent pages d’intervalle, accepter que certaines phrases restent grammaticalement inachevées, et que d’autres fassent brusquement passer la narration de la troisième à la première personne, tout en...
Le Matricule des Anges n°147






