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Singulier pluriel
Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
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Domaine étranger Trips et boyaux Avec The Sick Bag Song, embarquement immédiat dans la machine ardente de Nick Cave, « système nerveux qui carbure à la rime et aux fantômes ». Cela combine plusieurs histoires. « Nous avons traversé des centres-villes revitalisés, des centres-villes en voie de revitalisation, des centres-villes agonisants » : en juin-juillet 2014, de Nashville Tennessee à Montréal Québec en passant par Denver Colorado, il y a Nick qui parcourt l’Amérique du Nord avec son groupe pour une tournée de vingt-deux dates, et qui tourmenté tente régulièrement de joindre sa compagne sur « ce putain de...
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Domaine français Attentive à vivre Une réédition, des carnets inédits… l’occasion de toujours mieux connaître l’insaisissable Anne Serre. Ses lecteurs fidèles sont gâtés. Après son récent roman-choral Vertu et Rosalinde au Mercure de France, revoilà déjà Anne Serre, et avec deux livres d’un coup, aux éditions Verdier cette fois. L’un, Sous les arbres, une prairie a paru la première fois en 1995 sous le titre La Petite Épée du cœur, l’autre rassemble des carnets sur la période 2002-2024. Vraiment passionnants, ces carnets. Anne Serre, qui affectionne les auteurs anglo-saxons,...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Carine Bratzlavsky et Anne-Marie Di Biasio
Baisers du Singe : correspondance Virginia Woolf-Vanessa Bell
Virginia Woolf était une épistolière compulsive. À côté de ses romans, son journal, ses essais, la biographie, le théâtre, la critique, le travail d’éditrice, Virginia Woolf écrivait des lettres. À ses amis du Bloomsbury Group, artistes engagés pour l’art et la liberté des idées, à son amante, Vita Sackwille-West. À sa sœur, la peintre Vanessa Bell. Je me rappelle encore mes émotions, découvrant ces lettres. Emportée par les phrases tendues d’une Virginia Stephen suggérant, au travers d’un écheveau d’associations d’idées et de connivences à demi-mot, sur le ton presque badin de la...
Le Matricule des Anges n°272
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Domaine étranger Des ailes immenses étendues sur le monde Très soutenu dans la course au prix Nobel de littérature, l’écrivain roumain Mircea Cărtărescu voit la traduction de sa trilogie Orbitor remise en ordre. Une somme capitale au poids de papillon. L’un des moments majeurs de la carrière littéraire de Mircea Cărtărescu (Lmda n°257) reste sa trilogie Orbitor inspirée par Thomas Pynchon sous le signe du « laxisme désordonné, exaspérant » (Journal). Le récit kaléidoscopique en trois gros volumes publiés en Roumanie entre 1996 et 2007 a d’ailleurs été comparé au Gravity’s Rainbow de l’Américain (L’Arc-en-ciel de la gravité, Le Seuil, 1987). C’est lors de sa publication française, à partir...
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Poésie De départs en Java Emmener son dabe en Java, tel aurait pu être le mot d’ordre de la revue : c’est-à-dire débaucher la poésie de son académisme flétrissant, pour poser une grenade dans la soie de ses mièvreries d’alors. Joies de faire péter le sérieux sérieusement. Déroulons-en les arguments. La revue Java, tel qu’Yves di Manno, le poète et directeur de la collection Poésie/Flammarion, la définit avec justesse dans sa brève préface, aura mené au début des années 1990 « mieux que nulle autre en son temps – et avec le plus grand impact – l’examen reconduit de la question moderne, après les avant-gardes ». Vingt-huit numéros, en dix-sept ans, dans le contexte d’alors où brillaient encore quelques revues phares (Action Poétique,...
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Histoire littéraire Le salut dans la déroute Deux nouvelles d’André Dhôtel tendres et féroces comme l’esprit d’enfance qui les anime… et qui nous charme. André Dhôtel (1900-1991) le confiait à Patrick Reumaux dans Terres de mémoire (Jean-Pierre Delarge, 1979) : « J’en reviens toujours à un artisanat ». Artisanales, c’est-à-dire patiemment polies, réglées, ajustées sur l’établi, les deux nouvelles de Dhôtel que livre La guêpine assurément le sont. Et, ce qui ne gâche rien, dans une élégante plaquette sortie de l’atelier de l’imprimeur-éditeur Du Lérot. Treize années séparent Intermède (1943)...
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Théâtre Une immense tragédie Quand une femme se dresse face à la guerre et à la folie des hommes. Aristide Tarnagda est un auteur du Burkina Faso. Sa rencontre en 2004 avec Koffi Kwahulé le convaincra de se consacrer au théâtre et à l’écriture. Fadhila est son texte le plus récent. Fadhila, c’est d’abord une langue. Une langue puissante, imagée, métaphorique, une langue qui conte et raconte et laisse aux personnages le temps et l’espace de parler pour nous dire, ou tenter de nous dire, leurs vérités profondes. C’est la langue directe...
Intemporels
par Didier Garcia
Forçats de la mer
Figure majeure de la littérature prolétarienne japonaise, Takiji décrit la vie des pêcheurs de crabes. Un témoignage saisissant.
Bienvenue à bord du Hakkô-maru. Mais mieux vaut ne tromper personne : ici, vous n’aurez ni cabines privatives ni salons, ni restaurants ni piscines. Et il vous faudra vous contenter d’un décor spartiate : un pont, sur lequel des hommes, qu’il vente ou qu’il neige, mettent du crabe en conserve, et, à l’intérieur, ce que ces mêmes hommes appellent poétiquement « le merdier », un espace qui pue les légumes fermentés et la chair humaine. Pas la peine non plus d’imaginer des escales de rêve ou des criques magnifiques. Ce sera la mer d’Okhotsk, coincée entre la Sibérie et le Kamchatka, fermée...
Le Matricule des Anges n°111






