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Singulier pluriel
Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
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Domaine étranger Trips et boyaux Avec The Sick Bag Song, embarquement immédiat dans la machine ardente de Nick Cave, « système nerveux qui carbure à la rime et aux fantômes ». Cela combine plusieurs histoires. « Nous avons traversé des centres-villes revitalisés, des centres-villes en voie de revitalisation, des centres-villes agonisants » : en juin-juillet 2014, de Nashville Tennessee à Montréal Québec en passant par Denver Colorado, il y a Nick qui parcourt l’Amérique du Nord avec son groupe pour une tournée de vingt-deux dates, et qui tourmenté tente régulièrement de joindre sa compagne sur « ce putain de...
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Domaine français Saga corse Dans son nouveau roman à l’ambition affichée jusque dans son titre, Marc Biancarelli exhume les racines du nationalisme corse et la figure historique de Sampieru de Bastelica. Entre fureur et violences. Nous sommes au mitan du XVIe siècle dans un petit village à flanc de montagne de la Corse, l’Arcinivala. Celui qui raconte est archidiacre en son village de Vescovato, non loin de là. Anton Pietro Filippini se dit aussi écrivain et poète et possède outre une propension à la couardise, un goût certain pour la langue vernaculaire corse. L’homme n’est pas le témoin direct de tous les événements qu’il rapporte (si ce n’est l’arrivée sanglante de...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Christophe Mileschi & Martin Rueff
Works, de Vitaliano Trevisan
Christophe – Quand je traduis je m’absente. Me laisse traverser par la parole de l’autre, à qui je cède ma voix et ma langue française. J’ai un peu brûlé les planches : souvent j’ai cru sentir une proximité profonde entre ce qu’il advient de moi traduisant et ce qui arrive à l’acteur·ice incarnant quelqu’un·e qu’iel n’est pas. Qu’on traduise ou joue un rôle, les pièces dont on est formé se réagencent au service d’une interprétation. On objectera que l’acteur·ice fait ça surtout avec son corps, là où la traducteur·ice ne s’engage pas physiquement dans sa traduction. Ce serait scinder...
Le Matricule des Anges n°269
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Domaine étranger Oran, à hue, à dieu, à diable Roman choral au cœur de la « décennie noire » algérienne, Houaria de Inam Bioud est une comédie humaine, sensuelle et survoltée. Elle a mis six ans à écrire ce roman – et cela se comprend. Inam Bioud a vécu à Oran entre 1990 et 2000 : le chaudron de la guerre civile algérienne, la baptisée « décennie noire », l’auteure y a été plongée, tout comme son héroïne, Houaria – dont le prénom est un clin d’œil au Saint patron d’Oran, Sidi Houari. Inam Bioud a eu le temps, cependant, avant que les premières tueries ne surviennent, au printemps 1993, de goûter aux secrets de...
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Poésie Comment être au monde Entre approche concrète et abstraite, les poètes François Jacqmin et Julien Starck cherchent à toucher une certaine vérité de notre rapport à l’existence. Le catalogue des éditions du Cadran ligné, dirigées par le poète Laurent Albarracin, fonctionnant par affinités sensibles, cela nous incite à tendre des fils, peut-être arbitraires, entre deux parutions récentes. Rapprochons ainsi selon notre caprice deux auteurs qui n’auront guère coïncidé dans le temps et l’espace – l’un se trouvant en pleine activité, l’autre décédé il y a plus de trente ans – et qui font de l’essai une dérive en poésie...
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Histoire littéraire Tout près, le monstre Colette (1873-1954) élève la chronique judiciaire au niveau de la haute littérature, celle qui se confronte à notre part la plus sombre. Musique, théâtre, cinéma, mode, faits divers, actualités des deux guerres, etc. : Colette a écrit plus de 1200 articles dans une centaine de titres de presse, de la revue culturelle aux magazines féminins en passant par les grands quotidiens nationaux. Frédéric Maget qui en avait édité une sélection (Colette journaliste. Chroniques et reportages 1893-1941, Seuil, 2010), nous fait découvrir avec Voici Landru ! la chroniqueuse judiciaire de...
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Théâtre Drôle de drame chez les Blum Avec Incident suspect, comédie grinçante, la société et la famille israéliennes en prennent pour leur grade. Dans la famille Blum, rien ne va plus. La mère, Adina, vient juste de poignarder Shmouel, son mari, quand la pièce commence. Sans raison véritable. L’ennui peut-être ; ou le désintérêt que lui manifestait son mari tous les jours. L’habitude aussi, elle attendant qu’il rentre du travail, lui s’installant devant la télévision. Alors, dit-elle, au fils, « On voit bien que tu n’as pas été marié à la même personne pendant quarante ans. » Le fils,...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert
Vouloir penser
Essayiste amateur, romancier bancal, Maurice Simart n’aura pas vécu assez longtemps pour démontrer s’il était brillant ou perspicace.
En découvrant le numéro inaugural de La Revue littéraire d’août 1915, le nom de Maurice Simart s’impose. Où l’a-t-on déjà lu ? À cette date, cet homme lançait une revue « hors commerce », ce qui était son droit. La surprise vient du fait qu’en établissant dans sa feuille la liste des écrivains morts au front et des nécrologies, il propose le même contenu éditorial que le Bulletin des écrivains de 1914-1915 de l’association éponyme, lancé six mois plus tôt, et dirigé par René Bizet, Fernand Divoire et Gaston Picard avec la complicité des meilleures plumes de l’époque. Le geste concurrent...
Le Matricule des Anges n°222







