RUBRIQUE Égarés, oubliés
Les articles
Un auteur
Caracolant et coloré Caraccioli
Touche-à-tout livresque, l’abbé fut une sorte de Vivaldi de la plume : baroque, virtuose, sans grand succès accessible à tous cependant.
Le Livre des quatre couleurs est une curiosité bibliographie insigne. Il faut une cinquantaine d’euros lorsqu’il est en bonne condition pour s’en approprier un exemplaire. Imprimé « Aux quatre éléments [Liège], de l’Imprimerie des quatre saisons, [Jean-François Bassompierre] » en « 4444 [1760] », il est composé d’un volume in-12 (environ 180/100 mm) comportant une page de faux-titre, une page de titre, XXIV pages de préface et 110 pages de texte. Et ce sont ces pages qui valent à Caraccioli l’essentiel de sa notoriété, même si, comme on verra, il se distingua aussi dans l’élaboration...
Un auteur
Parisot l’activiste
Réputé chez les anglophiles et les amateurs du romantisme allemand, Henri Parisot fut un traducteur exceptionnel doublé d’un militant passionné.
C’est un marin très vieux :/ Avisant trois passants, il arrête l’un d’eux ». Les vers introductifs du Dit du vieux marin de S. T. Coleridge sont inoubliables. La version livrée par Henri Parisot en 1948 a bénéficié de plusieurs éditions mais elle atteindra au chef-d’œuvre lorsqu’en 1966, le Club Français du Livre l’orne des gravures fabuleuses de Gustave Doré. Henri Parisot a alors trente ans...
Un auteur
André Armandy, aventurier tout terrain
Il s’est distingué dans le roman d’aventure, d’espionnage, policier, fantastique, le livre de voyage et de chasse au gibier migrateur. De par l’étendue des territoires visités, André Armandy (1882-1958) mérite d’être réédité.
Comme Pierre Benoit et Maurice Dekobra, André Armandy, de son vrai nom André Albert d’Aguilard, s’adressait à un large public. Son œuvre multiforme comprend bon nombre de réussites. Encore faut-il pour l’apprécier être sensible à la qualité du style, aimer les métaphores et admettre qu’une forme d’écriture dite « traditionnelle » possède un charme qui serait l’équivalent du monde joyeux,...
Un auteur
Marie Borrely ou la fable géorgique
Institutrice, Maria Borrély (1890-1963) a porté un regard empathique sur les êtres et le monde. Saluée par Gide et Giono, son oeuvre compose une fresque rustique dépouillée où le fantastique le partage au tragique.
Connue à l’égal de son contemporain et ami Jean Giono dans les Alpes-de-Haute-Provence, le renom de Maria Borrély s’estompe dès qu’on s’écarte un tant soit peu de l’épicentre dignois. Maria Brunel est née le 16 octobre 1890 à Marseille. Elle passe les vingt premières années de sa vie à Aix-en-Provence, puis à Mane. Toute fraîche émoulue de l’École normale d’institutrice de Digne, elle épouse...
Un auteur
Les chemins sinueux d’un étrange mandarin
René-Louis Doyon fut un extravagant lettré. Éditeur failli, critique mordant mais érudit, il laisse une oeuvre parfois brouillonne dont le style chantourné est inoubliable. Il meurt en 1966, après une chute. Parcours exemplaire.
Le cas de René-Louis Doyon est exemplaire du paradoxe des ratés qui oeuvrent comme des forcenés, avec talent parfois, sans jamais infléchir le destin. Né le 2 novembre 1885 à Blida (Algérie), Doyon fut lucide cependant et s’est peint en « candidat parfait aux épaves ». (Géronte aux assises, 1932). Esprit curieux et vigoureusement non-conformiste, il se déclare battu mais, bretteur, ne sait...
