La rédaction Ludovic Bablon
Articles
L'âme à fleur de peau
Pour Daniel Keene, un poème est « la première pression à froid de l’existence. » Ses courtes pièces, elles, sont des essences rares.
Daniel Keene est australien. Né en 1955, il écrit pour le théâtre (il a également été acteur et metteur en scène), le cinéma et la radio. Un premier recueil de pièces courtes, véritables petits bijoux, avait été publié par Théâtrales en 2001. Un deuxième volume de quatorze nouvelles pièces courtes est aujourd’hui disponible qui confirme, si besoin était, que Daniel Keene est l’un des auteurs majeurs d’aujourd’hui. Sa singularité continue de nous surprendre et de nous troubler. C’est étonnant qu’en si peu de pages, le lecteur soit happé par chacune des quatorze propositions. L’auteur...
Un livre
Conférence N°17
Le travail (II)
Pensée automne/hiver
Tous les six mois l’émerveillement philosophique ? La Conférence des grands esprits fait entendre, apparemment, le même agréable murmure de la pensée et de l’écriture en automne qu’au printemps.
Pièce maîtresse de ce second volume consacré au Travail, le long et passionnant essai de Sophie Iturralde, vraie philosophe de la cité, analyse au plus près les conditions réelles du travail, que...
Un livre
Artaud, « l’aliéné authentique »
de
Évelyne Grossman
Artaud passé au crible
Collection de commentaires de textes, réunion d’articles pour certains inédits, pour les autres augmentés, ce nouvel opus sur un Artaud décidément à la mode est un petit monument de complétude et de sérieux : un long panorama qui va des textes de 1924-25, L’Art et la mort, Le Pèse-nerfs, à ceux de 46-47, Van Gogh, Pour en finir avec le Jugement de Dieu, sans oublier le Théâtre de la cruauté...
Un livre
Cahier Kangourou
de
Abe Kôbô
Salades d’hommes-soja
Un employé japonais. Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Oh, rien de spécial, il a juste des germes de soja qui lui poussent sur les genoux. Alors il demande un arrêt-maladie, il se fait ausculter, le médecin vomit en voyant le genou (il se trouve qu’il a mangé du soja au déjeuner), mais vraiment, rien de grave. Hospitalisé un peu « par-dessus la jambe », abandonné sur un lit-gadget, en pleine rue,...
Un livre
Mystery train
de
Greil Marcus
Train rock mystère
Des garçons de ferme, grands, maigres et vigoureux, d’humeur joviale, cognaient à mort des ratons-laveurs avec leurs pieds nus, volaient des moutons, poursuivaient des filles indiennes dans les fourrés, et partaient en ville le samedi soir pour regarder les combats à la lame de rasoir. Une nuit ils se prirent une cuite, conduisirent leur voiture sur la voie ferrée et furent pulvérisés. "...
Médiatocs – chronique
Au milieu suinte une rivière
Avec les mauvaises recettes du roman de terroir, on a de quoi écrire beaucoup de mauvais romans. Christian Signol en a bâclé un au hasard.
C’est l’histoire… de… trois enfants, et de leurs par… Non, disons-le plutôt ainsi : comme l’indique sa première phrase « Nous étions trois enfants libres et sauvages, heureux comme on l’est à cet âge, dans l’aube sans fin de nos vies », dès le départ La Grande Île est un texte atone. Il tergiversera 230 pages pour nous présenter maximum dix éléments. D’abord, le lieu : rural, près d’une rivière, en Dordogne ; le moment : aux alentours d’une Seconde Guerre mondiale qui ne marmonnera son nom que très sourdement sur quelques pages ; cinq personnages fixes (la famille), plus deux faire-valoir...
Bouz de Moix
L’idée du roman : Mohammed Atta s’est jeté contre les tours parce qu’il manquait de sexe. Ce n’est pas une idée ? Pas grave, ce n’est pas non plus un roman.
On ne peut pas rendre compte de ce livre en faisant comme si on y était entré, comme si on l’avait vécu ; on n’y vit rien, que les artifices de conception habituels du roman de masse. L’auteur a d’abord sélectionné deux grands centres d’intérêt médiatiques et mondains : les nouvelles sexualités, sur le mode du sordide le plus gras, jusqu’à la couenne ; et le terrorisme musulman, via la figure...
Une auteure du dimanche
Femme bafouée, bourreau des cœurs, champ de roses dilué dans un Atlantique de larmes, Christine Orban donne son 13e roman d’avant-garde. Le talent a encore pleuré !.
Quand il découvre le titre du livre : La Mélancolie du dimanche ; le titre du prologue : Dimanche ; la première phrase : Nous étions dimanche ; le titre de la première partie : « Les dimanches sont de longues nuits », disait ma grand-mère ; le titre du premier chapitre : Une lettre un dimanche ? ; puis quand il en a terminé avec cette hallucinante exposition, le lecteur le moins averti a déjà...
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