La rédaction Lucie Clair
Articles
Un livre
Calligraphie des rêves
de
Juan Marsé
La vie devant soi
Revisitant les points clés du roman de sa jeunesse à Barcelone, Juan Marsé dessine les volutes de l’esprit résistant au réel.
La belle écriture, mais aussi la prière des moines copistes, le tracé spirituel autant qu’ornemental, une science ésotérique – telle est la calligraphie, et quand ce terme s’associe à celui de rêve, c’est un monde qui se déploie. Monde intemporel, universel, sans limite, dans cette Calligraphie des rêves, ciselant les détours de ceux de l’auteur – transparent derrière le jeune Ringo le long de son parcours initiatique entre ses 15 et 25 ans – comme ceux du Guinardó, le faubourg populaire de son enfance, ici encore mis en scène dans la pérennité des souvenirs. Rêves fous de gloire et de...
Un livre
Carbone 14
de
Lina Lachgar
Carbone 14
Et la lumière fut. Du cœur des ténèbres de l’absence, (abandon ou perte, qu’importe ?) - du plus loin de la mémoire fidèle, sombre et éclatante, elle filtre, excavée, datée au Carbone 14, la vérité des moments partagés, de la vie complète - celle qui s’expérimente immédiatement, spontanément, sans arrière-pensée, sans doute - où l’onirique n’est plus un de ses succédanés, mais une force qui...
Un livre
Des vies sans couleur
de
Zoë Wicomb
Ni blanc ni noir
Remarquable plongée au cœur des mystifications identitaires nées de l’Apartheid, le roman d’une écrivaine lucide et aguerrie.
Séparation « , c’est le sens d’ » Apartheid « en afrikaans. L’Afrique du Sud s’est construite sur cette utopie paranoïaque du » vivre à part « , modelant un régime où lieu de résidence, liberté d’aller et venir, nationalité et statut social dérivaient de l’appartenance à l’une ou l’autre des catégories » raciales « . Une société qui ne misait que sur l’apparence - la couleur de la peau étant...
Un livre
Ararat
de
Franck Westerman
L’arche perdue
L’itinéraire fouillé d’un honnête homme dont la quête de vérité concilie science et conscience.
Frank Westerman suit le fil de ses idées. El Negro et moi (2006) inventoriait les hiatus propres à l’incapacité d’accueillir l’altérité. Au verso de cette intolérance, se situe le bourbier du pluralisme mal pensé, détourné, fil rouge de son nouvel opus.
En 2007, l’année où Ararat paraît en Hollande, la Commission Européenne votait une résolution (édulcorée sous la pression de divers groupes...
Un livre
La Langue maternelle
de
Marie Cosnay
Au nom du père
C’est une figure - de style tout d’abord, mais comme chacune, riche de vérités profondes - dont Marie Cosnay s’empare. Le père est mort, l’ouvrage s’ouvre sur un enterrement - est-ce le sien, ou celui inventé (secrètement espéré) ? Le père - ou plutôt, donc, sa « figure » - est (devrait être) cet absolu : ordre, autorité, interdits édictés, qui s’incarnent aux yeux d’une petite fille, et...
