auteur Valérie Rouzeau
A propos
Cheminer en poésie
Fidèle au milieu social très modeste d’où elle vient, Valérie Rouzeau n’a eu de cesse de semer, tel le Petit Poucet ses cailloux, des poèmes qui le relient à une enfance éternelle.
La réédition en poche d’un livre de poésie contemporaine n’est pas si fréquente que ça. Sauf quand il est signé Valérie Rouzeau. La poétesse (elle n’aimait pas en 2012 qu’on utilise ce féminin-là, lui préférant le terme de poète quitte à en féminiser l’article, mais désormais elle use des deux termes, poète ou poétesse) a l’habitude des rééditions. Après le révélateur Pas revoir paru d’abord au Dé bleu de Louis Dubost en 1999, réédité une première fois en poche en 2010 dans la collection « La Petite Vermillon » à la Table Ronde, elle a vu successivement les recueils Neige rien, Va où,...
Drôles de dames
Le nouveau livre de poèmes de Valérie Rouzeau joue avec les mots, met en scène trois facettes de sa personnalité et célèbre la complicité des poètes lus et aimés.
Si le livre est une scène, voici qu’elles entrent et elles sont trois. Valérie, tête en l’air, la Rouzeau qui tire le fil des mots pour en faire des pelotes légères et la petite dame, donc, apparue d’un coup dans la voix commerciale d’un marchand de quelque chose. Trois personnages en une. « La petite dame n’existe pas/ Voilà pourquoi Valérie l’invente/ En train de déplacer trois fois douze...
Faire poésie de tout bois
Elle trimballe partout un carnet de notes pour saisir au vol un mot, une expression. Comme son père avec les choses abandonnées, Valérie Rouzeau recycle les choses entendues ou lues, pour dire la vie sensible en poésie.
Elle s’effraie d’un mot posé au cœur d’une question comme s’il était une menace, un chien de l’enfer prêt à la mordre dès qu’elle commencera à répondre à la question. Elle le dit : « là le mot schizophrénie, il me bloque, je ne suis pas schizophrénique ». Plus tard, durant l’entretien qui se déroule par l’envoi de mails successifs, elle lance une alerte, signale que son cerveau n’est plus...
Ouvrages chroniqués
Ephéméride
de
Valérie Rouzeau
2020
Avec Éphéméride, Valérie Rouzeau entrouvre sa fabrique intime d’écriture. On y voit battre un cœur gros, irrigué par un sang fait des voix venues de l’enfance et des livres. Vivifiant.
Certes, l’éditeur a tenu à inscrire au fronton du nouveau livre de Valérie Rouzeau le mot « poésie », mais Éphéméride est un livre qu’on devrait pouvoir mettre entre les mains de tous les lecteurs que la poésie effraie, intimide, ennuie. Entre journal de bord, carnets intimes et fabrique du poème, le nouvel opus de la poète (elle n’aime pas le mot poétesse) est avant tout un livre enthousiasmant. Peut-être parce qu’on y fait la rencontre émouvante d’une belle personne et de toutes les belles voix qui l’habitent, celles de poètes d’hier et d’aujourd’hui, de compagnons de route et de...
Va où
de
Valérie Rouzeau
2002
À chaque recueil, la poétesse Valérie Rouzeau invente une langue neuve. Dans Va où les longs vers vont vite pour faire que la vie décolle et s’abouche à la poésie. Bienvenue en poévie.
Si on ne peut pas dire d’un écrivain qu’il apparaît comme un des grands du siècle à venir sans passer pour un flagorneur péremptoire, qu’il nous soit permis du moins de penser qu’il en est ainsi de Valérie Rouzeau. Et essayons de voir ce qui provoque ce sentiment.
Certes, cette poétesse n’a pas, à ce jour, une oeuvre bien volumineuse. Trois recueils seulement figurent dans sa bibliographie. Et trois livres de traductions de Sylvia Plath et William Carlos Williams. Ce n’est pas beaucoup, mais il faut ajouter aussitôt que la jeune fille n’a que 35 ans et qu’ont disparu de sa bibliographie...
Pas revoir
de
Valérie Rouzeau
1999
Avec une langue qui bafouille quand elle ne s’attache pas aux balbutiements de l’enfance, Pas revoir dévoile l’émotion d’un deuil indicible.
On sait le langage inadéquat à dire le monde. Les mots seulement capables de circonscrire une émotion sans jamais parvenir à en révéler ni la profondeur ni la violence. Face à une expérience indicible, comme ici la mort du père, il ne resterait donc que le silence, une parole mensongère (à dire autre chose que ce à quoi on s’est attaché) ou un maladroit balbutiement. Valérie Rouzeau a choisi cette dernière solution. Encore que choisir pas plus que solution ne sont des termes appropriés. À la lire, ce balbutiement, ces trébuchements de la langue semblent s’être imposés à elle comme parfois...
Patiences
de
Valérie Rouzeau
1998
A pas même trente ans, Valérie Rouzeau débroussaille les pages des mots en trop comme si elle n’avait fait que ça dans sa vie. Sa poésie pèse juste ce qu’il faut d’encre pour ouvrir de longs silences qui parlent plus que de vaines figures lyriques. Ironiques parfois « Peut-on retarder novembre/ dérégler toutes les horloges ?/ elle se pose de ces questions », graves souvent « Pourquoi font-ils cela/ les miroirs/ des visages vieux ? », ses poèmes retrouvent dans d’infimes détails la silhouette d’une grand-mère aujourd’hui disparue. Placé sous le signe de la neige Patiences apparaît comme...






