auteur Jeremy Chambers
Ouvrage chroniqué
Le Grand ordinaire
de
Jeremy Chambers
2013
Entre fureur et apaisement, Jeremy Chambers raconte l’itinéraire d’un ouvrier taiseux revenu des affres de l’alcool. Le récit sensible d’une mémoire au fer rouge, les lèvres closes.
Polymorphe et pudique, le premier livre de l’Australien Jeremy Chambers s’impose à l’ombre tutélaire de Steinbeck. Il porte en lui le sceau écarlate de la pure perte, d’un prolétariat sacrifié, et donne à entendre une langue épurée à l’extrême – dont on pressent qu’elle est celle du point de non-retour. Derrière l’apparente simplicité d’une trame qui tiendrait aisément dans un dé à coudre, le texte révèle toute l’ampleur poétique du projet. Véritable jeu de poupées russes, il est fondé sur un décalage profond entre ce qui est annoncé à l’initiale du texte – ce « grand ordinaire révèle »...

