auteur Benoît Conort
A propos
« Une transparence rêvée »
> jean-yves masson *
En quoi l’expérience de la traduction a nourri ses poèmes ?
Claude Esteban a raconté dans Le Partage des mots comment le bilinguisme avait été pour lui le plus difficile obstacle à surmonter pour accéder à sa vocation de poète. Le choix de la langue française s’est effectué pour lui au terme d’une expérience proche de la « nuit obscure » de Jean de la Croix, de l’abîme intérieur en tout cas ; et il disait volontiers, quand on l’interrogeait sur la traduction, que c’était seulement à partir de ce choix qu’il lui avait été possible d’être traducteur. Le bilinguisme...
Ouvrages chroniqués
Le Cri du lézard
de
Benoît Conort
2025
Pour Benoît Conort, la poésie est le lieu de l’inconsolable, celui où se relie ce qui a été séparé mais où se célèbre aussi l’envie d’être vivant.
Libre de ton et de forme, particulièrement critique envers les prestiges du langage et de la prosodie, la parole lyrique de Benoît Conort procède d’une colère générée par notre finitude, notre état d’être mortel. « Je ne conçois pas de poésie qui ne soit funèbre parce que justement, un trou attend, dans cette terre, qu’un corps le comble, parce cela même qui lui a donné naissance attend sa mort pour se régénérer. » peut-on lire dans Écrire dans le noir (Champ Vallon, 2006). Né en 1956, il a beaucoup enseigné à l’étranger – au Skri Lanka, en Pologne, au Portugal – avant de le faire en...
Écrire dans le noir
de
Benoît Conort
2006
Entre silence et ignorance, déploration et exaltation, Benoît Conort erre dans le noir, à la recherche du vrai visage de la poésie.
Après le cycle formé par Pour une île à venir, Au-delà des cercles (Gallimard, 1988 et 1992) et Main de nuit (Champ Vallon, 1998), et après Cette vie est la nôtre (Champ Vallon), Benoît Conort (né en 1956), se propose, avec ce nouveau livre, non pas d’écrire de la poésie, mais d’écrire la poésie, de s’approcher de ce qui la rend si nécessaire, de ce qui la fait être, continuer à être, malgré Auschwitz, malgré la mort. La poésie « ne dissipe ni le chagrin ni les deuils, ce pourquoi elle serait inadmissible. On ne guérit pas de la finitude ». Et pourtant, par-delà la nécessité de maintenir...

