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Rangez vos morts
Lmda N°272 Dans un deuxième roman plein de ressort, Pauline Toulet plonge un correcteur placide et solitaire face à un cadavre. Sans illusion.Arborant un patronyme bien connu des amatrices et amateurs de littérature délicate (depuis Paul-Jean Toulet, l’auteur de Monsieur du Paur, homme public, 1898), Pauline Toulet s’autorise des fictions pétulantes et tantinet désabusées, menant des personnages masculins dépassés par les événements sur des terrains minés. Une bonne recette pour provoquer le sourire. Auteure d’un premier roman...
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Domaine étranger Adieu des dieux Réintroduisant un dieu incongru dans les temps modernes, le Catalan Joan-Lluís Lluís nous parle de fragilité, de puissance et de désenchantement. Extravagant, étrange, burlesque. Tirés par les cheveux, aussi cruels qu’atroces, ainsi apparaissent les mythes des Anciens grecs ! Mais aussi, didactiques, explicatifs du Cosmos, du monde, de leurs créations, des dieux, des psychés et comportements humains, tant que nous ne cessons de les convier à nos contemporaines réflexions. Tirées par les cheveux, ainsi que par le pied, se révèlent ces Chroniques d’un dieu boiteux. Par les cheveux, car nous sommes ici dans la...
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Domaine français Le sang en héritage La malédiction familiale au cœur d’Ici tombent les filles, premier roman de Stephene Gillieux. C’est un conte revisité, que propose ici Stephene Gillieux. Et le genre ne doit rien au hasard. L’autrice est psychologue et son récit vient chercher la malfonction, la dysfonction, tant familiale que sociétale dans un récit horrifique et glaçant, dont l’analyse aurait pu plaire à Bruno Bettelheim. Les codes du transfert du réel vers l’imaginaire sont tissés, assemblés, dans un texte complexe, dense, sombre. Tout est là : le père terrifiant,...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Passer ton basque
De nombreux collègues s’arrêtent au Matricule sur le chemin des vacances : les étals sont vides. Ou sinon le dernier Fabrice Caro. Et sous le manteau de la libraire, où sont d’habitude nichés les inédits de septembre, idem. Carrère, Mauvignier, les poids lourds, absents. – Mais si tu veux, j’ai ça. Marcher dans tes pas. L’usage de l’infinitif (le verbe quand il fait dodo, disent les écoliers du primaire), la deuxième personne du singulier (l’ami imaginaire) : grimace. – Nadège – mais si, l’institutrice – l’a lu et trouvé bouleversant. Le livre est signé Léonor de Récondo, et la colonne...
Le Matricule des Anges n°266

un auteur
Maurice Pons
Chronique
Traduction
Traduction
Vincent Raynaud
La Récréation est finie de Dario Ferrari
Le 21 mai 1980, Margaret Thatcher, Première ministre du Royaume-Uni, s’exprimait devant des adhérentes au parti conservateur qu’elle dirigeait. C’est à cette occasion qu’elle prononça une formule passée depuis à la postérité : TINA. There is no alternative. Il n’y a pas d’autre voie. Ce qu’elle voulait dire, c’est que l’économie de marché et le capitalisme mondialisé ne sont pas des états transitoires qui seront un jour dépassés : ils constituent un point d’arrivée et leur triomphe est une forme de transcendance à embrasser avec bonheur. Ce faisant, elle enterrait de façon lapidaire des...
Le Matricule des Anges n°267
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Domaine étranger Voyage au bout de la faim Est de la Roumanie, 1947 : Daniela Ratiu nous embarque dans une odyssée cauchemardesque et terriblement humaine, aux côtés d’une famille qui tente d’échapper à la mort programmée. Si l’on ne cesse – à juste titre – de rappeler les crimes hitlériens, il semble que le devoir de mémoire soit moins préoccupé par ceux de Staline. Alors même que l’Ukraine subit l’agression russe – et que Poutine, lui, s’emploie à réhabiliter plus ou moins discrètement son illustre prédécesseur –, la réalité de l’Holodomor (1931-1933), famine orchestrée par le pouvoir soviétique qui fit peut-être plusieurs millions de victimes,...
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Poésie Un livre de plateaux Avec Et et et, Cole Swensen essaye de décadenasser le livre de son ordre de succession habituel en pensant ses textes comme des segments virevoltants et interchangeables de connexions virtuelles. Maïtreyi & Nicolas Pesquès sont les traducteurs fidèles (chez Corti) des livres de Cole Swensen, le cinquième, Et et et, sur sept parus en France. On ne peut pourtant imaginer que les difficultés de traduction des soixante-cinq petites proses qui le composent aient pu être moindres. Et c’est sans compter la plus importante d’entre elles : comment induire dans la traduction, au travers de textes scellés dans un ordre et un bloc de papier...
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Histoire littéraire Le salut dans la déroute Deux nouvelles d’André Dhôtel tendres et féroces comme l’esprit d’enfance qui les anime… et qui nous charme. André Dhôtel (1900-1991) le confiait à Patrick Reumaux dans Terres de mémoire (Jean-Pierre Delarge, 1979) : « J’en reviens toujours à un artisanat ». Artisanales, c’est-à-dire patiemment polies, réglées, ajustées sur l’établi, les deux nouvelles de Dhôtel que livre La guêpine assurément le sont. Et, ce qui ne gâche rien, dans une élégante plaquette sortie de l’atelier de l’imprimeur-éditeur Du Lérot. Treize années séparent Intermède (1943)...
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Théâtre Lâchez les chiennes ! Mathilde Souchaud imagine comment les femmes pourraient montrer leurs crocs et briser leurs laisses. Le décor est planté d’emblée : des images du monde entier défilent sur des écrans en silence. Une didascalie ajoute : « Puis l’écran se fige sur une vidéo dans laquelle une femme, au milieu d’une manifestation, lève le poing en l’air, torse nu, des tire-laits fixés sur ses seins et “cash cow” écrit au marqueur sur son ventre. Brutalement les écrans s’éteignent ». Une voix artificielle, celle de l’autorité mondiale de protection cybernétique...
Intemporels
par Didier Garcia
In vino veritas
Dans Le Vin de longue vie, le romancier roumain N. D. Cocea (1880-1949) fait de la sagesse et de l’amour les clés du bonheur.
Bienvenue à Cotnar, ou plus exactement à Cotnari, commune de la Moldavie roumaine située aux portes de l’Ukraine, et nichée dans le plus grand terroir viticole de Roumanie, réputé pour son AOP Grasā de Cotnari.
Dans les pages de ce court récit, la ville est dominée par les vignes d’un vieux boyard, Maître Manole Arcasch, que l’on présente au narrateur, un jeune magistrat fraîchement nommé (il est l’adjoint du juge de paix), comme un homme aux mœurs dissolues. Selon les ragots colportés par les membres les plus influents de la commune (du juge au médecin), il aurait tué plusieurs femmes,...
Le Matricule des Anges n°263






