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Dans la fabrique du monde
Lmda N°272 Décédé le 16 janvier 2026, Valère Novarina nous a laissé une œuvre incommensurable. Désoubli peut servir de boussole à qui veut s’aventurer dans son univers ou penser la création. Recueil de textes et d’iconographies, Désoubli est un guide pour pénétrer plus profondément dans l’œuvre magistrale de Valère Novarina en cela qu’il met au jour les sources même de la création, les réflexions de l’artiste, écrivain, dramaturge et metteur en scène qu’il fut, en même temps qu’il ancre son geste créatif dans un territoire, une langue et une histoire. L’éditeur a décidé de...
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Domaine étranger Voyage au bout de la faim Est de la Roumanie, 1947 : Daniela Ratiu nous embarque dans une odyssée cauchemardesque et terriblement humaine, aux côtés d’une famille qui tente d’échapper à la mort programmée. Si l’on ne cesse – à juste titre – de rappeler les crimes hitlériens, il semble que le devoir de mémoire soit moins préoccupé par ceux de Staline. Alors même que l’Ukraine subit l’agression russe – et que Poutine, lui, s’emploie à réhabiliter plus ou moins discrètement son illustre prédécesseur –, la réalité de l’Holodomor (1931-1933), famine orchestrée par le pouvoir soviétique qui fit peut-être plusieurs millions de victimes,...
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Domaine français Jouvence inaugurale Trente ans après être parti vivre là où on est seul, là où on n’est rien, Pierre Cendors se souvient de ce qui fut un double voyage initiatique. Quête de soi doublée d’une méditation sur la construction amoureuse d’un jeune homme en devenir, Veneris memories est un récit qui se déplie par échos et consonances. C’est une orchestration d’instants vrais – car tous les moments ne sont pas des instants – des moments d’instance sollicitante, qui se découpent, se détachent, trouent la trame du temps. Trente après, ils habitent encore Pierre Cendors, né en 1968. Il avait 23 ans et venait de...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Maurice Pons
Chronique
Traduction
Traduction
Vincent Raynaud
La Récréation est finie de Dario Ferrari
Le 21 mai 1980, Margaret Thatcher, Première ministre du Royaume-Uni, s’exprimait devant des adhérentes au parti conservateur qu’elle dirigeait. C’est à cette occasion qu’elle prononça une formule passée depuis à la postérité : TINA. There is no alternative. Il n’y a pas d’autre voie. Ce qu’elle voulait dire, c’est que l’économie de marché et le capitalisme mondialisé ne sont pas des états transitoires qui seront un jour dépassés : ils constituent un point d’arrivée et leur triomphe est une forme de transcendance à embrasser avec bonheur. Ce faisant, elle enterrait de façon lapidaire des...
Le Matricule des Anges n°267
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Domaine étranger Encore un complot Avec J.D. Salinger comme prétexte, Enrico Deaglio nous balade avec brio entre docu et fiction. L’Américain Jerome David Salinger (1919-2010) est célèbre pour un best-seller de la contre-culture, L’Attrape-cœurs (The Catcher in the Rye, 1951), 65 millions d’exemplaires vendus depuis sa parution. Dans ce roman d’apprentissage à la première personne, on suit un ado en crise, Holden Caulfield, 16 ans, fugueur de son lycée et qui erre trois jours dans New York. Il deviendra le premier antihéros de la culture pop, une icône. Le succès du...
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Poésie Papiers coupés, papiers collés Avec Et amarres invisibles, Bruno Grégoire cherche en des poèmes quasi ordinaires les mots de passe qu’ils articuleraient enfin pour passer à travers la cloison de papier de l’existence. Auteur d’une douzaine de livres et du marquant Poésies aujourd’hui (avec Jean-Marie Gleize et Bernard Vargaftig, Seghers), le discret poète Bruno Grégoire publie avec Et amarres invisibles le quatrième pan de sa série « trait d’union », que Loin de Cluj inaugurait en 2004. Deux livres presque opposés, Dans la bouche morte (1993) et L’Usure l’étoile (1998) le précédèrent comme deux errants, deux solitudes, tant par leur rage froide à heurter,...
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Histoire littéraire Corpus Christine On l’avait oubliée : l’indocile Christine Pawlowska (1956-1996) fait l’objet d’une réédition et d’une enquête biographique. Au fond, il n’y a peut-être que deux types de lecteurs : ceux qui attendent fébrilement que leur auteur favori, en bon métronome sous contrat, livre sa copie annuelle, et puis ceux qui n’aiment rien tant que les découvertes, ou mieux encore, les redécouvertes. On peut penser à Melpo Axioti, Catherine Guérard, Marcelle Sauvageot ou encore Christian Costa, exhumés ces dernières années. D’une certaine façon, la mise en lumière aujourd’hui...
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Théâtre Branle-bas de combat Quand un projet industriel de grande ampleur divise la population. Une petite ville quelque part en Belgique. Petite ville sans histoires hormis celle d’un riche passé industriel. Comme tous les dimanches, Christian, le bourgmestre, parcourt le marché en serrant des mains : « Bonjour, bonjour, vous allez bien ? » Il est populaire : « Un gros bide, ça inspire confiance. Ça fait terroir. Force tranquille. Ça attire le vote. » Mais la petite ville se meurt, les finances ne sont pas brillantes et l’avenir plus...
Intemporels
par Didier Garcia
Exercices de vie
Roland Cailleux (1908-1980) présente ici la destinée d’un apprenti poète, comme pour mieux subvertir le genre romanesque.
Nous entrons dans ce livre publié en 1943 par les pages données pour celles de Saint-Genès, un élève de quatrième à l’école Bossuet à Paris, écrites sur un cahier d’écolier, et nous en sortons sur une critique littéraire imaginaire (restée inédite jusqu’à ce jour, mais qui avait eu le mérite de plaire à Gide, dont Roland Cailleux fut le médecin – il fut aussi l’un des exécuteurs testamentaires de Nimier, Gracq lui rendit hommage, et Vialatte voyait en lui « l’un de nos meilleurs écrivains »), attribuée à un certain Marcel Poyon, qui s’emploie à y pointer les « défauts...
Le Matricule des Anges n°122








