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Corrida des mers
Lmda N°275 Réédition d’À la recherche du cachalot, roman documentaire du franco-italien Mario Ruspoli sur la chasse aux cétacés. Crépusculaire, poétique, cruel, magnifiquement illustré. Un docu-fiction ? Du réel romancé ? Un document (ré)interprété ? Un mélange de réel et de fiction. Du cinéma-vérité ? Celui de la reproduction « d’une réalité la plus vivante et saignante possible » ? Un matériel de plus en plus léger, les aspirations des sciences humaines, l’ethnologie et aussi l’antipsychiatrie ont permis en France, dans les années 1960, le développement de ce cinéma. Son...
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Domaine étranger Des ailes immenses étendues sur le monde Très soutenu dans la course au prix Nobel de littérature, l’écrivain roumain Mircea Cărtărescu voit la traduction de sa trilogie Orbitor remise en ordre. Une somme capitale au poids de papillon. L’un des moments majeurs de la carrière littéraire de Mircea Cărtărescu (Lmda n°257) reste sa trilogie Orbitor inspirée par Thomas Pynchon sous le signe du « laxisme désordonné, exaspérant » (Journal). Le récit kaléidoscopique en trois gros volumes publiés en Roumanie entre 1996 et 2007 a d’ailleurs été comparé au Gravity’s Rainbow de l’Américain (L’Arc-en-ciel de la gravité, Le Seuil, 1987). C’est lors de sa publication française, à partir...
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Domaine français Le mal du pays Dans un récit autobiographique fragmenté sur sa jeunesse, Mohamed Kacimi nous donne à voir son Algérie : mystique et sensuelle, résistante et victime. Au départ, pour l’enfant, il y a les lieux : la maison familiale, la bourgade, la citadelle, le cimetière – et puis les langues : l’arabe qu’on parle autour de lui, celui, classique, de la poésie préislamique et bien sûr du Coran, mais aussi, ennemie, celle du colonisateur, le français. La maison est une « maison-monde » dans laquelle, derrière « les portes du gynécée », comme dans nombre de romans d’Assia Djebar, les femmes et les enfants...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Acab
On regrettera Wikipédia, bientôt rendue caduque par l’IA. Du principe collaboratif de l’encyclopédie émergeait un désordre baroque où se mêlaient informations hétéroclites et points de vue contradictoires. Prenons Fred Vargas, numéro un des ventes ce printemps. Sa page la révèle spécialiste en archéozoologie ; précise que son pseudonyme vient du personnage incarné par Ava Gardner dans La Comtesse aux pieds nus ; remarque qu’elle est extralucide (elle a annoncé la Covid-19 et la pénurie de masques treize ans avant) ; ingénieuse (elle a conçu avec sa sœur une cape de protection contre les...
Le Matricule des Anges n°274

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Julien Tribotté
Le Blues usé de Langston Hughes
En janvier 1926 paraît le premier recueil d’un très jeune poète qui deviendra l’une des grandes voix de la poésie américaine. Un siècle après sa parution, le livre frappe et touche encore. Les poèmes prennent appui sur des réalités simples et décisives : la fatigue, l’injustice, la dignité, l’espoir. C’est peut-être cela d’abord qui m’a retenu en le traduisant. Cette évidence. Cette capacité à écrire une poésie d’une grande tenue sans jamais la séparer de ses lecteurs.
Né en 1901 à Joplin, dans le Missouri, Langston Hughes grandit entre plusieurs villes américaines marquées par...
Le Matricule des Anges n°273
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Domaine étranger Sissie la Noire en Europe blanche Comment peut-on être ghanéenne dans les années 1970 ? Un roman émancipateur d’Ama Ata Aidoo. Il aura fallu presque cinquante ans pour que ce roman de la littérature africaine anglophone soit enfin traduit en français et que le nom de la Ghanéenne Ama Ata Aidoo parvienne à nos oreilles. Cette professeure d’université, défenseuse de la cause des femmes, laisse derrière elle des écrits peu nombreux mais marquants, allant du théâtre à la poésie, du roman au livre jeunesse. Saluée à sa mort, en 2023, à l’âge de 81 ans, comme une...
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Poésie Décalage(s) Hocquard Dans À distance, Françoise Laroque fait le récit de sa relation à Emmanuel Hocquard, offre quatre lectures de ses livres, alors qu’au milieu, posthumes, les lettres du poète qu’elle reçut révèlent les écarts tenus entre vivre et écrire. Étrange livre que ce À distance, que la critique et traductrice Françoise Laroque signe avec le poète Emmanuel Hocquard (qui n’en savait à priori rien). Étrange par la forme revendiquée d’une combinaison entre différentes écritures réunies, différentes temporalités. À distance se compose de trois liasses d’écrits (si l’on excepte le lettre-adresse finale d’un certain David à F. Laroque et E. Hocquard) : le « récit » de F. L de sa relation...
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Histoire littéraire Tout près, le monstre Colette (1873-1954) élève la chronique judiciaire au niveau de la haute littérature, celle qui se confronte à notre part la plus sombre. Musique, théâtre, cinéma, mode, faits divers, actualités des deux guerres, etc. : Colette a écrit plus de 1200 articles dans une centaine de titres de presse, de la revue culturelle aux magazines féminins en passant par les grands quotidiens nationaux. Frédéric Maget qui en avait édité une sélection (Colette journaliste. Chroniques et reportages 1893-1941, Seuil, 2010), nous fait découvrir avec Voici Landru ! la chroniqueuse judiciaire de...
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Théâtre Une immense tragédie Quand une femme se dresse face à la guerre et à la folie des hommes. Aristide Tarnagda est un auteur du Burkina Faso. Sa rencontre en 2004 avec Koffi Kwahulé le convaincra de se consacrer au théâtre et à l’écriture. Fadhila est son texte le plus récent. Fadhila, c’est d’abord une langue. Une langue puissante, imagée, métaphorique, une langue qui conte et raconte et laisse aux personnages le temps et l’espace de parler pour nous dire, ou tenter de nous dire, leurs vérités profondes. C’est la langue directe...
Intemporels
par Didier Garcia
En eaux troubles
Dix nouvelles de l’écrivain Uruguayen Felisberto Hernández (1902-1963), pour se perdre au-delà du réel. Une expérience fascinante.
Il y a quelques étés déjà, j’ai commencé à me dire que j’avais dû être un cheval. À la tombée de la nuit cette pensée revenait en moi comme sous un hangar de maison. À peine avais-je couché mon corps d’homme que mon souvenir de cheval se mettait à trotter. »Ainsi commence la huitième nouvelle du recueil, intitulée « La femme qui me ressemblait ». Un incipit pour le moins déroutant, et qui dérouterait sans doute davantage si le lecteur ne s’était déjà rendu familier l’univers si singulier de Felisberto Hernández.
Chacune des dix nouvelles du recueil (en réalité : une anthologie de textes...
Le Matricule des Anges n°191








