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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Des mains de courage

    Lmda N°276 Anne Percin tisse de l’existence et de l’amour une toile à l’ancienne, pleine des accrocs de la douleur mais d’une trame solide qui résiste à l’oubli.
    Sous la forme d’un petit carnet autographe à peine cousu, sans couverture, est parvenu à Anne Percin le récit familial. L’aède peut se saisir de ce qui lui plaît pour tresser des lignes de mots, en l’occurrence, chez Anne Percin, le déclic provient de ce document autographe conservé dans la famille, pieusement mais avec beaucoup de perplexité. Si l’arrière-grand-père écrivait bien, on ne...
  • Teatro Grottesco

    Domaine étranger Un éden détraqué Descendant direct de Lovecraft, l’Américain Thomas Ligotti distille des horreurs gothiques depuis quarante ans, préservant son mystère et ses créatures désemparées dans un monde en déréliction. Enfant de Détroit, la ville fantôme de l’industrie automobile américaine qui incarne le mieux ce qu’est un naufrage économique, Thomas Ligotti, né en 1953, a emporté dans sa valise, ou dans sa tête, en la quittant, une terrible hantise de la décrépitude, de la disparition et de la pourriture. Son cinquième recueil anthologique, où treize nouvelles d’époques variées de sa carrière en portent non pas des traces mais… les stigmates. Des marques...
  • Franz à la Fenice

    Domaine français En dansant dans le marges Quelque part entre Robert Walser et C.-A. Cingria, les « proseries » à fleur de peau de Lambert Schlechter recueillent le murmure du monde. Il y a quelque chose de farouchement singulier dans l’activité d’infatigable noteur de Lambert Schlechter. Mû par un insatiable appétit de dire, il ne cesse de chercher à saisir cet insaisissable qu’il nomme « le murmure du monde » et dont il a fait le terme générique d’un cycle entamé en 2006 et qu’il décline en volumes possédant chacun leur caractère propre. Viennent ainsi de paraître les volumes 11 (Franz à la Fenice), 12 (Comment) et 13...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Force majeure

Crise oblige, on émet le souhait d’un papier sérieux. Une synthèse géopolitique qui éclairerait le lecteur sur les rouages des conflits internationaux. Étayée par un corpus solide, des ouvrages signés Trinquand et Pellistrandi, avec en prime une astuce mnémotechnique pour ne plus confondre chiite, sunnite et stalagmite. Refusé. « Occupe-toi du hit-parade. » Les cavaliers de l’Apocalypse sanglent leurs chevaux, on nous somme de divertir. Soit. On commentera en représailles le numéro un des ventes. Quel qu’il soit. Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot. Léger coup de chaud. L’image d’un...
Le Matricule des Anges n°272
Marc Biancarelli

un auteur

Marc Biancarelli

Chronique
Traduction

Julien Tribotté

Le Blues usé de Langston Hughes En janvier 1926 paraît le premier recueil d’un très jeune poète qui deviendra l’une des grandes voix de la poésie américaine. Un siècle après sa parution, le livre frappe et touche encore. Les poèmes prennent appui sur des réalités simples et décisives : la fatigue, l’injustice, la dignité, l’espoir. C’est peut-être cela d’abord qui m’a retenu en le traduisant. Cette évidence. Cette capacité à écrire une poésie d’une grande tenue sans jamais la séparer de ses lecteurs. Né en 1901 à Joplin, dans le Missouri, Langston Hughes grandit entre plusieurs villes américaines marquées par...
Le Matricule des Anges n°273
  • Des animaux difficiles

    Domaine étranger Le sens de la finitude Les avatars de l’intelligence artificielle et de l’immortalité au cœur d’un roman de science-fiction policière, par Rosa Montero. L’horizon de la science-fiction semble balisé par les écrivains américains, entre Philip K. Dick, Robert Silverberg et Dan Simmons. De surcroît, si peu de femmes s’illustrent dans le genre, c’est encore une Américaine, Ursula Le Guin, qui fit figure d’exception. Aussi faut-il remarquer à cet égard l’irruption d’une Madrilène, Rosa Montero (née en 1951), dont l’anticipation s’exerce dans les « États-Unis de la terre », en l’an 2111. Dans la...
  • Verdures de la nuit et autres poèmes

    Poésie Assomption d'un pays dans une vie Figure majeure de la littérature suisse romande, Maurice Chappaz (1916-2009) a consacré sa vie à la quête fervente d’un rapport humble et juste au monde, la célébrant jusque dans ses désillusions. Il aimait les orages « en forme d’iris », les longues marches nocturnes, l’odeur de prunier dans l’air, les vallons sauvages, la neige, le vent, l’altitude. Alpiniste, vigneron, rôdeur de chemins de traverse et avant tout poète – « de nous tous, disait Jaccottet, le plus originellement, le plus spontanément poète » –, Maurice Chappaz fut le chantre de son Valais natal. Pour échapper à la destinée qu’on lui traçait – prendre la suite d’un...
  • Voici Landru !

    Histoire littéraire Tout près, le monstre Colette (1873-1954) élève la chronique judiciaire au niveau de la haute littérature, celle qui se confronte à notre part la plus sombre. Musique, théâtre, cinéma, mode, faits divers, actualités des deux guerres, etc. : Colette a écrit plus de 1200 articles dans une centaine de titres de presse, de la revue culturelle aux magazines féminins en passant par les grands quotidiens nationaux. Frédéric Maget qui en avait édité une sélection (Colette journaliste. Chroniques et reportages 1893-1941, Seuil, 2010), nous fait découvrir avec Voici Landru ! la chroniqueuse judiciaire de...
  • Merveille (suivi de) Petit quelqu’un

    Théâtre Une vache pour tout bagage Catherine Monin met en scène l’histoire forte d’une rencontre et d’un vivre-ensemble avec un animal. Merveille, c’est d’abord une langue. Précise, parfois crue, tendre et poétique, malaxant le vocabulaire et la syntaxe. Une langue d’images et d’émotions qui nous dit une façon de voir le monde, une façon même d’être au monde. D’être attentif au monde. De le découvrir. D’affronter ses épreuves et d’en être parfois émerveillé. Merveille, c’est aussi une vache, une parmi les 26 d’un troupeau qui soir et matin passent à la trayeuse pour donner...
Intemporels
par Didier Garcia

L’autorité du non-sens

La Caisse d’Aris Alexandrou (1922-1978) donne à voir la guerre civile grecque par le trou de la serrure. Mais dans toute son absurdité. Si nous pouvions nous en tenir à un strict résumé des faits, il suffirait d’une phrase pour présenter « l’opération Caisse » : avec un commando communiste d’une trentaine d’hommes, le narrateur doit assurer clandestinement le transport d’une caisse en fer (dont nous ignorons ce qu’elle contient quelques pages avant la fin du roman, et dont nous ne dirons rien de plus ici) de la ville de N jusqu’à celle de K, une mission dont la réussite pourrait sceller l’issue de la guerre civile (« Si la caisse arrive à K, nous avons gagné la guerre. Sinon, nous avons perdu »). Mais alors que la caisse...
Le Matricule des Anges n°239