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Saga corse
Lmda N°274 Dans son nouveau roman à l’ambition affichée jusque dans son titre, Marc Biancarelli exhume les racines du nationalisme corse et la figure historique de Sampieru de Bastelica. Entre fureur et violences. Nous sommes au mitan du XVIe siècle dans un petit village à flanc de montagne de la Corse, l’Arcinivala. Celui qui raconte est archidiacre en son village de Vescovato, non loin de là. Anton Pietro Filippini se dit aussi écrivain et poète et possède outre une propension à la couardise, un goût certain pour la langue vernaculaire corse. L’homme n’est pas le témoin direct de tous les événements...
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Domaine étranger Sciascia mène l'enquête Avec La Disparition de Majorana, l’écrivain sicilien livre, en fin limier, une réflexion sur la science et la morale. 1938 : le jeune génie de la physique, Ettore Majorana, disparaît à Palerme. Faute de cadavre, la police fasciste conclut à un suicide. 1975 : Leonardo Sciascia revient sur l’affaire Majorana. L’enquête officielle ne le convainc pas et il va s’improviser inspecteur. Sa théorie ? Le physicien ne s’est pas suicidé mais a organisé sa disparition. La Disparition de Majorana, aujourd’hui réédité (Les Lettres nouvelles/Maurice Nadeau, 1977 ;...
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Domaine français Demande à la poussière On the road again, le narrateur de Sébastien Berlendis suit la trace d’un amour perdu. Une belle tresse de l’espace et du temps. Discrètes, il y a dans 24 fois l’Amérique de nombreuses références à des livres, des films, des musiques. On ne sait pas si Sébastien Berlendis écoute du rap et de la techno, mais il est sûr qu’il a le goût du sampling et des boucles. Et de la mise en abyme : page 12, Marianne lit Demande à la poussière, le roman de John Fante, en 1935 un best-seller précoce de la contre-culture américaine. C’est l’histoire d’un homme qui aime une femme,...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Force majeure
Crise oblige, on émet le souhait d’un papier sérieux. Une synthèse géopolitique qui éclairerait le lecteur sur les rouages des conflits internationaux. Étayée par un corpus solide, des ouvrages signés Trinquand et Pellistrandi, avec en prime une astuce mnémotechnique pour ne plus confondre chiite, sunnite et stalagmite. Refusé. « Occupe-toi du hit-parade. » Les cavaliers de l’Apocalypse sanglent leurs chevaux, on nous somme de divertir. Soit. On commentera en représailles le numéro un des ventes. Quel qu’il soit.
Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot. Léger coup de chaud. L’image d’un...
Le Matricule des Anges n°272

un auteur
Colette
Chronique
Traduction
Traduction
Carine Bratzlavsky et Anne-Marie Di Biasio
Baisers du Singe : correspondance Virginia Woolf-Vanessa Bell
Virginia Woolf était une épistolière compulsive. À côté de ses romans, son journal, ses essais, la biographie, le théâtre, la critique, le travail d’éditrice, Virginia Woolf écrivait des lettres. À ses amis du Bloomsbury Group, artistes engagés pour l’art et la liberté des idées, à son amante, Vita Sackwille-West. À sa sœur, la peintre Vanessa Bell. Je me rappelle encore mes émotions, découvrant ces lettres. Emportée par les phrases tendues d’une Virginia Stephen suggérant, au travers d’un écheveau d’associations d’idées et de connivences à demi-mot, sur le ton presque badin de la...
Le Matricule des Anges n°272
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Domaine étranger Des mots pour dire L’Argentin Luis Sagasti construit un kaléidoscope où l’histoire, l’art et les langues composent de brillantes constellations. Comme dans ces comptines qui avancent sur le mode de l’association d’idées et des échos de sens ou de son, ricochant allègrement de chapeaux de paille en paillassons, Luis Sagasti suit dans Langues vivantes un fil capricieux qui se nourrit de ses mille et une bifurcations possibles, jusqu’à former une virevoltante combinatoire thématique aux profondeurs insoupçonnées. Il y a quelque chose ici d’un art de la fugue sur un clavier sensible qui...
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Poésie Par-delà l'effroi Inédite en français, cette part importante de
la création poétique de Paul Celan atteste de
sa jeunesse bouleversée. En dépit de leur gravité, ces premiers poèmes surprennent par leur beauté. Né à Cernauti en 1920, ville roumaine dénommée en allemand Czernowitz, et issu d’une famille juive germanophone, celui qui ne s’appelle pas encore Paul Celan mais Paul Antschel, entreprend dès 1938 une œuvre qui comptera parmi les plus marquantes de la seconde moitié du XXe siècle. Composés en Roumanie avant l’exil définitif en France, ces textes de jeunesse sont à considérer comme la matrice de sa poétique. Le choix du titre est ici celui...
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Histoire littéraire Herbel, la malice du cosmos Une nouvelle traduction remet en circulation les histoires d’almanach de Hebel, classiques en Allemagne, presque inconnues en France. En Allemagne, Johann Peter Hebel (1760-1826) est un classique ; la France n’a pas son équivalent. C’est que l’art de Hebel, insiste Walter Benjamin, est le plus modeste de tous : des « historiettes », moralités, devinettes, longues de quelques lignes à quelques pages, écrites entre 1803 et 1819 pour l’almanach L’Ami de la maison du pays rhénan, vendu par colportage dans le pays de Bade. De son vivant, Hebel ne passe pas inaperçu : Goethe...
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Théâtre Drôle de drame chez les Blum Avec Incident suspect, comédie grinçante, la société et la famille israéliennes en prennent pour leur grade. Dans la famille Blum, rien ne va plus. La mère, Adina, vient juste de poignarder Shmouel, son mari, quand la pièce commence. Sans raison véritable. L’ennui peut-être ; ou le désintérêt que lui manifestait son mari tous les jours. L’habitude aussi, elle attendant qu’il rentre du travail, lui s’installant devant la télévision. Alors, dit-elle, au fils, « On voit bien que tu n’as pas été marié à la même personne pendant quarante ans. » Le fils,...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert
Le philosophe floral
Saint-simonien mais romantique, ouvrier mais philosophe, l’utopiste Gabriel Gauny savait prendre le temps de poétiser la nature.
Menuisier et philosophe. Gabriel Gauny a parfaitement représenté le type de l’ouvrier fasciné par l’écriture tel qu’on en rencontre souvent. Et en particulier chez les travailleurs du bois. Comme dans le fameux tableau de Caillebotte, il travaillait à genou puisqu’il était menuisier parqueteur et partageait cette soif, cette rage d’écrire, qui nous a valu récemment la découverte étonnante dans un château de l’Isère où le revers des planchers portait les écrits cachés du menuisier de l’époque (J.-O. Boudon, Le Plancher de Joachim, histoire enfouie d’un village français, Belin, 2017)....
Le Matricule des Anges n°252







