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Le Matricule des Anges
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Le Matricule des Anges

  • Singulier pluriel

    Lmda N°275 De l’influence du geste épistolaire sur la pratique de l’écriture. Démonstration par Bénédicte Heim.
    Ensemble de lettres n’en formant finalement qu’une seule, Ma mère est une pirate est un texte singulier qui invente sa forme à mesure qu’il s’écrit. Il paraît aux éditions Edwarda dirigées par Sam Guelimi, la fondatrice et la maîtresse d’œuvre de la luxueuse revue de même nom. C’est à elle que s’adresse Bénédicte Heim. De leurs rencontres, de leurs échanges, de leur complicité est né ce livre...
  • Houaria

    Domaine étranger Oran, à hue, à dieu, à diable Roman choral au cœur de la « décennie noire » algérienne, Houaria de Inam Bioud est une comédie humaine, sensuelle et survoltée. Elle a mis six ans à écrire ce roman – et cela se comprend. Inam Bioud a vécu à Oran entre 1990 et 2000 : le chaudron de la guerre civile algérienne, la baptisée « décennie noire », l’auteure y a été plongée, tout comme son héroïne, Houaria – dont le prénom est un clin d’œil au Saint patron d’Oran, Sidi Houari. Inam Bioud a eu le temps, cependant, avant que les premières tueries ne surviennent, au printemps 1993, de goûter aux secrets de...
  • SecondeMain

    Domaine français Vds avatar, BE, peu servi Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre. Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses les plus vastes – des immeubles, des hectares de...
Chronique
En grande surface
par Pierre Mondot

Force majeure

Crise oblige, on émet le souhait d’un papier sérieux. Une synthèse géopolitique qui éclairerait le lecteur sur les rouages des conflits internationaux. Étayée par un corpus solide, des ouvrages signés Trinquand et Pellistrandi, avec en prime une astuce mnémotechnique pour ne plus confondre chiite, sunnite et stalagmite. Refusé. « Occupe-toi du hit-parade. » Les cavaliers de l’Apocalypse sanglent leurs chevaux, on nous somme de divertir. Soit. On commentera en représailles le numéro un des ventes. Quel qu’il soit. Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot. Léger coup de chaud. L’image d’un...
Le Matricule des Anges n°272
Marc Biancarelli

un auteur

Marc Biancarelli

Chronique
Traduction

Julien Tribotté

Le Blues usé de Langston Hughes En janvier 1926 paraît le premier recueil d’un très jeune poète qui deviendra l’une des grandes voix de la poésie américaine. Un siècle après sa parution, le livre frappe et touche encore. Les poèmes prennent appui sur des réalités simples et décisives : la fatigue, l’injustice, la dignité, l’espoir. C’est peut-être cela d’abord qui m’a retenu en le traduisant. Cette évidence. Cette capacité à écrire une poésie d’une grande tenue sans jamais la séparer de ses lecteurs. Né en 1901 à Joplin, dans le Missouri, Langston Hughes grandit entre plusieurs villes américaines marquées par...
Le Matricule des Anges n°273
  • Teatro Grottesco

    Domaine étranger Un éden détraqué Descendant direct de Lovecraft, l’Américain Thomas Ligotti distille des horreurs gothiques depuis quarante ans, préservant son mystère et ses créatures désemparées dans un monde en déréliction. Enfant de Détroit, la ville fantôme de l’industrie automobile américaine qui incarne le mieux ce qu’est un naufrage économique, Thomas Ligotti, né en 1953, a emporté dans sa valise, ou dans sa tête, en la quittant, une terrible hantise de la décrépitude, de la disparition et de la pourriture. Son cinquième recueil anthologique, où treize nouvelles d’époques variées de sa carrière en portent non pas des traces mais… les stigmates. Des marques...
  • Le Sentiment général

    Poésie Un rhinocéros dans la pièce Frédéric Forte signe un recueil entêtant conduit par une électricité douce. Les objets clignotent, l’œil s’attache et le poème ne finit jamais. C’est la forme qui nous dit quoi faire » et « c’est la forme qui nous dit quoi écrire » nous informait-on déjà dans les 99 notes préparatoires de Transformation de la condition humaine dans toutes les branches de l’activité. Et puisque dire c’est faire, et que faire à partir de rien est aussi écrire, pour son nouveau recueil Frédéric Forte s’est adonné à la contrainte de la couronne de sonnets. Cette forme baroque inventée en Italie consiste...
  • Le Tutu

    Histoire littéraire Jambe en l'air et chapeau bas Depuis son invention par Tristram en 1991, Le Tutu n’en finit pas de froufrouter. Parce qu’on ne sait toujours rien – ou presque – de son auteur et, surtout, parce que ce roman de « mœurs fin de siècle » garde intacte toute sa folle frénésie. Le résumer n’aurait aucun sens. Le récit, définitivement débarrassé de tête et de queue, n’est ici que pure dépense, lancé à toute blinde à travers les pages telle une super-balle dont on ne sait ni où ni quand elle s’arrêtera, après avoir tout renversé sur son passage. Car ce Tutu ne respecte rien : ni le bon goût, ni la religion, ni la famille, pour ne rien dire de la vraisemblance. Les tribulations parisiennes et extra-parisiennes de...
  • Le Long Chemin du retour

    Théâtre Blessures fantômes Daniel Keene sonde les traumatismes, dont les plus invisibles, de tous ceux qui ont dû partir combattre dans un conflit armé. Alors que les discours va-t-en-guerre se font de plus en plus nombreux, Le Long Chemin du retour de Daniel Keene est un contrepoint bienvenu et salutaire. Ce titre, en référence aux vingt ans nécessaires à Ulysse pour revenir de la guerre de Troie, évoque la difficulté pour tous ceux qui ont combattu au front de retourner à une vie civile « normale ». Le texte a été écrit à partir d’échanges, plusieurs semaines durant, avec des soldats des...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert

Poèmes et boutons de manchette

Quoique dénigrée par Simone de Beauvoir, la poésie de l’autodidacte Nella Nobili recèle de frappantes beautés. Toute jeune, alors qu’elle vivait encore à Bologne où elle est née en 1926, Nella Nobili composait déjà de la poésie. Elle était alors ouvrière, autodidacte, fille de maçon et de couturière à la journée. Elle avait commencé à travailler à l’âge de 12 ans et entra deux ans plus tard à l’usine après avoir atteint l’âge légal pour s’éreinter – littéralement –dans une soufflerie de verre, l’un des milieux professionnels les plus rigoureux et les plus nocifs… « Mère – Je veux danser !/ Donne-moi ma robe rouge.// Je veux aller en dansant/ sur les rails du tram/ A travers la ville.//...
Le Matricule des Anges n°227