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Dérive furieuse
Lmda N°276 Des tréfonds américains, Eva Bottega délivre, d’une plume leste, un road trip libertaire.C’est noir foncé. Furieux et désespéré. La seule lumière, on la voit sur la photo illustrant le bandeau du livre, un bandeau rouge sanglant, du même rouge que la couverture rouge, rouge fâché, rouge-je-m’en-fous-des-bonnes-manières. La lumière, donc, vient de la flamme d’un briquet. La flamme qui sert à jouer avec le feu et le danger, à cramer ses propres cheveux, à calmer les angoisses qui...
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Domaine étranger Un drame dur à cuire Mémoires fictives d’une passion fatale, Sylvia de Leonard Michaels est un grand roman dérangeant, qui interroge la cuisine de l’écrivain et le rôle du lecteur. Brillant nouvelliste, romancier, essayiste, Leonard Michaels (1933-2003) est né la même année que Philip Roth à qui il est souvent comparé pour son sens de la description des relations humaines, surtout dans tout ce qui travaille, du côté du sexe, le mâle américain blanc de la middle class urbaine et surdiplômée. Au début de son roman The Men’s Club (1978) dans lequel des hommes se confient sur leurs relations avec les femmes, l’un d’eux...
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Domaine français Corrida des mers Réédition d’À la recherche du cachalot, roman documentaire du franco-italien Mario Ruspoli sur la chasse aux cétacés. Crépusculaire, poétique, cruel, magnifiquement illustré. Un docu-fiction ? Du réel romancé ? Un document (ré)interprété ? Un mélange de réel et de fiction. Du cinéma-vérité ? Celui de la reproduction « d’une réalité la plus vivante et saignante possible » ? Un matériel de plus en plus léger, les aspirations des sciences humaines, l’ethnologie et aussi l’antipsychiatrie ont permis en France, dans les années 1960, le développement de ce cinéma. Son synchrone, caméra 16 mm, volonté d’approcher le...
Chronique
En grande surface
En grande surface
par Pierre Mondot
Des pavillons dans le ventre
Coup de fil d’un confrère de Lire-Le Magazine littéraire. Les vœux, quelques potins, l’IA, les salaires (soupirs), Trump, et – on le flairait – une sollicitation. Le journal vient de désigner La Nuit ravagée meilleur livre de l’année 2025 ; un papier dans la revue serait le bienvenu.
Si on peut rendre service. Sans garantir l’efficacité de la démarche tant l’auteur, Jean-Baptiste Del Amo, semble imperméable à toute publicité : alors qu’il cumule les récompenses – prix Fnac, Goncourt du premier roman, Livre Inter, et roi de Lire désormais – sa notoriété demeure relative. Son nom énoncé,...
Le Matricule des Anges n°270

un auteur
Marc Biancarelli
Chronique
Traduction
Traduction
Julien Tribotté
Le Blues usé de Langston Hughes
En janvier 1926 paraît le premier recueil d’un très jeune poète qui deviendra l’une des grandes voix de la poésie américaine. Un siècle après sa parution, le livre frappe et touche encore. Les poèmes prennent appui sur des réalités simples et décisives : la fatigue, l’injustice, la dignité, l’espoir. C’est peut-être cela d’abord qui m’a retenu en le traduisant. Cette évidence. Cette capacité à écrire une poésie d’une grande tenue sans jamais la séparer de ses lecteurs.
Né en 1901 à Joplin, dans le Missouri, Langston Hughes grandit entre plusieurs villes américaines marquées par...
Le Matricule des Anges n°273
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Domaine étranger Le sens de la finitude Les avatars de l’intelligence artificielle et de l’immortalité au cœur d’un roman de science-fiction policière, par Rosa Montero. L’horizon de la science-fiction semble balisé par les écrivains américains, entre Philip K. Dick, Robert Silverberg et Dan Simmons. De surcroît, si peu de femmes s’illustrent dans le genre, c’est encore une Américaine, Ursula Le Guin, qui fit figure d’exception. Aussi faut-il remarquer à cet égard l’irruption d’une Madrilène, Rosa Montero (née en 1951), dont l’anticipation s’exerce dans les « États-Unis de la terre », en l’an 2111. Dans la...
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Poésie Comment être au monde Entre approche concrète et abstraite, les poètes François Jacqmin et Julien Starck cherchent à toucher une certaine vérité de notre rapport à l’existence. Le catalogue des éditions du Cadran ligné, dirigées par le poète Laurent Albarracin, fonctionnant par affinités sensibles, cela nous incite à tendre des fils, peut-être arbitraires, entre deux parutions récentes. Rapprochons ainsi selon notre caprice deux auteurs qui n’auront guère coïncidé dans le temps et l’espace – l’un se trouvant en pleine activité, l’autre décédé il y a plus de trente ans – et qui font de l’essai une dérive en poésie...
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Histoire littéraire En attendant la guerre Dans son Journal de guerre, Jean Malaquais (1908-1998) ne mâche pas ses mots, sinon pour les cracher comme une chique à la gueule de l’Histoire. Alors que grandit chaque jour un peu plus la rumeur d’une nouvelle guerre censément inéluctable, l’entrée de l’historien Marc Bloch au Panthéon vient à point nous rappeler ce que fut pour la France « l’étrange défaite » de 39-40. D’autres en furent les témoins privilégiés, parmi lesquels l’écrivain Jean Malaquais, dont reparaît aujourd’hui le précieux Journal de guerre. Issu d’une famille juive laïque de la petite bourgeoisie polonaise, le...
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Théâtre Drôle de drame chez les Blum Avec Incident suspect, comédie grinçante, la société et la famille israéliennes en prennent pour leur grade. Dans la famille Blum, rien ne va plus. La mère, Adina, vient juste de poignarder Shmouel, son mari, quand la pièce commence. Sans raison véritable. L’ennui peut-être ; ou le désintérêt que lui manifestait son mari tous les jours. L’habitude aussi, elle attendant qu’il rentre du travail, lui s’installant devant la télévision. Alors, dit-elle, au fils, « On voit bien que tu n’as pas été marié à la même personne pendant quarante ans. » Le fils,...
Égarés, oubliés
par Éric Dussert
Enfui des mondes
Avant Radiguet, Jean Le Roy fut le chouchou de Cocteau. Son grand talent fut brisé en 1918 au cours de l’assaut du mont Kemmel.
La commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale offre de redécouvrir des œuvres dont le souvenir avait été porté avec émotion par les témoins du passage sur terre de leurs jeunes auteurs. Tout au long du siècle dernier, leurs noms furent copiés de page en page, salués ici, longuement évoqués là, regrettés partout. Leurs écrits n’étaient certes pas accessibles, mais en de nombreux volumes de mémoires on évoquait René Dalize, le marin mal enterré proche d’Apollinaire, Jean Arbousset, Paul Drouot, Albert-Paul Granier, Wilfried Owen ou Ernst Stadler, etc. Grâce aux vertus...
Le Matricule des Anges n°162







