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Article paru dans le N°24 du Matricule
(sept.98)
Rehauts
Mettre en vis-à-vis textes d'écrivains
et reproductions en noir et blanc d'oeuvres d'artistes :
tel est l'objet de Rehauts, publication semestrielle bien
présentée, sans mise en page tapageuse. Les deux
artistes qui essuient les plâtres de cette première
livraison sont deux femmes : Colette Brunschwig présente
quatre lavis à l'encre de Chine qui dégagent un
sentiment de puissance et de sérénité, malgré
les ratures que le noir recouvre partiellement; Marie Alloy donne
à voir quatre gravures plus tourmentées et plus
organiques. Côté écrits, on notera le beau
poème de François Cheng, le texte sensible et intelligent
de Jean-Claude Schneider, les vers incisifs d'Antoine Emaz ("on
avance// les pas/ dans un réseau de nerfs"), ceux
de Jean-Pierre Chevais qui convoque ronce, araignée et
épine sur les gravures de Marie Alloy, un poème
correspondance de Jacques Lèbre pour la même ("Ta
peinture, elle aussi, me semble bien participer d'une débâcle")
et surtout, un très beau texte d'Henri Martraix, tout en
pénombre, dans la nostalgie du mythe. Un seul regret :
le peu d'épaisseur de la revue.
Rehauts N°1 - 55 pages, 65 FF - abt : 110 FF
105, rue Mouffetard 75 005 Paris