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Article paru dans le N°21 du Matricule
(nov.97)
Les Épisodes
Sobrement présenté sous les dimensions d'un livre
de poche, le premier numéro de Les Épisodes se
lit comme une anthologie de textes écrits par les fondateurs
de la revue. Si cette pratique peut souvent faire craindre le
pire (un auteur qui n'a pas trouvé d'éditeur est
parfois un bien piètre écrivain), il faut reconnaître
qu'après lecture, on ne voit que deux destins possibles
à la revue : soit elle disparaît après
que ses membres aient trouvé éditeurs à leur
talent réel, soit elle se nourrit de la collaboration d'autres
auteurs. On entre dans Les Épisodes par trois nouvelles
très réussies. Alexandre Gouzou, dans un récit
mi-tendre mi-désabusé, met à nues les tentatives
sincères d'un barman amoureux d'une cliente. Bruno Jean-Bart
s'attache à suivre un personnage déraciné
(comme on en trouvait chez Toussaint) qui fuit en Italie un bonheur
conjugal. Ici, l'écrivain se paie un peu de mots mais sa
Méditérranée nous illumine. Plus ironique,
Paulo Tunhas poursuit sur la voie de ses prédécesseurs
le chemin des rapports homme-femme, forcément décevants.
C'est intelligent, un peu long parfois. Les poèmes qui
suivent laissent à penser que François Schoeffler
cherche encore sa voix alors que Hubert Blair inscrit ses vers
dans cette distanciation qui pourrait définir l'ensemble
de la revue. Enfin, l'article de Jean-Bart sur Malcolm Lowry,
confirme ce que l'on pressentait : Les Épisodes
a été fondée par de vrais lecteurs.
Les Épisodes N°1 120 pages, 45 FF - Abt 3 numéros : 120 FF
La Double Flûte 33, rue Saint-Sébastien 75 011 Paris