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Article paru dans Le Matricule
N°21 (Nov.97)
L'Animal
Chatouiller n'est pas gratter, chatouiller
n'est pas toujours "conducteur de plaisir". Pour
tout savoir sur les papouilles et autres guiliguili, L'Animal
a ouvert ses pages à des essayistes, romanciers, poètes,
artistes. Et surprise : cette drôle de caresse a le
don de chatouiller l'esprit. Nos plus illustres (Diderot, Pascal,
Huysmans, même Michel-Ange!) dressent là une petite
carte du sensible. On y apprend par Heine que le chatouilleur
était un métier comme un autre. Dans les théâtres,
il était chargé de répandre "la contagion
du rire" à chaque bon mot. On y apprend également
que dans la langue hébraïque, grammaire (dikdouk)
et chatouillement (digdoug) entretiennent, au-delà
des sonorités, un même rapport au désir. Un
joli ensemble -érudit- qui manque peut-être un peu
de... chair. En revanche, à découvrir, une étonnante
nouvelle d'un écrivain allemand, Arnolt Bronnen (1895-1959).
Une puissante volupté crépusculaire parcourt ces
quatorze pages. Une prose brute, sans virgules. Un vrai bijou.
P. S.
L'Animal N°3
(17, rue Saint-Jean 57000 Metz)
132 pages, 110 FF
Article paru dans le N°22 du Matricule
(Jan.98)
L'Animal
Il y a toujours à lire et à voir avec L'Animal.
Pour sa quatrième livraison, cette revue thématique
semestrielle qui mêle avec un heureux confort de lecture
littératures, arts et philosophies a ouvert ses colonnes
aux machines. Gilles Ortlieb consigne là une belle évocation
des friches de Moyeuvre après le démantèlement
de l'outil sidérurgique, Michel Onfay rend hommage à
Casanova, Jude Stéfan enfourche avec jubilation sa machine
vélocipédique, Pascal Commère flatte les
flancs des moissonneuses-batteuses, "Formidables faucheuses,
/ la taille prise dans les clématites, et belles / parmi
les figures à perte de vues couchées sur l'or."
On y croise également les Grecs avec leur vis d'Archimède,
on décortique des automates, des androïdes, on danse
sur de la techno, on parle de mathématiques appliquées...
Comme d'habitude, le sommaire est trop riche de diversité
et de qualité pour tout mentionner.
L'Animal N°4 - 134
pages, 120 FF
17, rue Saint-Jean 57000 Metz
Note : L'Animal procède
donc par commandes mais publie aussi des textes reçus par
La Poste à condition qu'ils s'inscrivent dans les motifs
(ou thèmes) annoncés à l'avance.
Article paru dans le N°25 du Matricule
(janv.99)
L'Animal
La vie domestique est autant une affirmation
de soi, un espace à conquérir qu'un lieu d'enfermement.
C'est autour de ce thème que L'Animal a convié
une douzaine d'écrivains. Le très oublié
Charles-Albert Cingria évoque dans un exercice de haute-voltige
les housses de sièges, ses animaux préférés
ou le meilleur tabac à fumer. Dans un très beau
texte sur son enfance, Pierre Bergounioux parle de cette "aversion"
pour ces femmes "à l'âme de chiffon et aux
voix d'oiseau" qui l'ont éloigné si tôt
"des fastes du dehors et le dais du ciel, notre demeure
dans la création". Un vrai délice également
quelques notes désabusées et ressourçantes
de Jean-Luc Sarré ("J'arrose les fleurs, ça
me désaltère"), un poème à
plat d'Antoine Emaz autour d'une toile cirée ("tout
ce qui revient sans besoin mais appelle comme s'il y avait à
comprendre quelque chose dans ce retour") ou quelques
lettres de cachots du "révolutionnaire" Louis-Sébastien
Mercier pour qui l'évocation de la vie privée adoucissait
la peine. Ce numéro est un dépaysement fort réussi
autour de l'immobilisme.
P. S.
L'Animal N°6
112 pages - 100 FF (2, rue Georges de La Tour 57070 Metz)