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Article paru dans le N°28 du Matricule (octobre-décembre 99)

Digraphe

Gérard Augustin - Digraphe -
Digraphe a eu une vie assez mouvementée et changé quatre fois d'éditeurs (Galilée, Flammarion, Messidor, Mercure de France) et est maintenant indépendante. C'est Derrida qui m'a fait connaître Digraphe où je suis entré en 78. À l'époque il s'agissait d'aller à l'encontre des concepts classiques de la littérature, refuser la séparation entre la raison et les sens, de passer d'un genre à l'autre. C'est ainsi qu'on essaie de le faire à nouveau. Entre temps, il (Digraphe, ndlr) a beaucoup changé... Il y avait une pensée militante, Jean Ristat est membre du Parti communiste, et donc il y a eu une période de combat contre l'État, contre la droite, contre la marchandisation. J'essaie de donner une structure : retourner à la découverte des jeunes talents, redonner une dimension philosophique. Je viens de faire un numéro (N°ree;85) qui explore le mythe. Il y a Jesper Svendro qui est un helléniste suédois extraordinaire, grand poète, Nanos Valaoritis, Siegfreid Plümper-Hüttenbrink qui écrit les pensées d'un flâneur, il y a Falempin qui écrit des textes dans une sorte de gongorisme, avec une réflexion constante sur Alcina de Haendel. Il n'y a pas un texte qu'on peut classer. Avec toujours la pensée, la littérature, la poésie. L'idéal de Digraphe c'est créer de la littérature, accueillir ce que les éditeurs rejettent par tous les moyens : la littérature.

Gérard Augustin

Article paru dans le N°25 du Matricule (janv.99)

Digraphe

Digraphe, dirigé par Jean Ristat, consacre sa livraison d'automne au critique Marcel Moré (1887-1969). Riche outil didactique et d'une grande lisibilité, ce dossier tente de cerner la personnalité et la contribution de cet homme de culture énigmatique, quêteur d'absolu, admirateur de Léon Bloy, dont l'histoire littéraire retiendra ses livres sur Jules Verne, sainte Thérèse de Lisieux, Mozart ou Verdi ainsi que la paternité des Cahiers Dieu Vivant. Pendant la guerre, cet ancien polytechnicien et commis d'agent de change organisait le samedi à Paris des séances sabbatiques auxquelles assistaient M. et Mme Queneau, Blanchot, Deleuze, Butor... (ainsi que Bataille et Sartre dont Digraphe publie des extraits de leur vigoureuse discussion sur le péché). De ces réunions naquit donc en 1945 Dieu Vivant. Cette revue chrétienne et philosophique, d'orientation apocalyptique, soeur ennemie d'Esprit, en ce qu'elle rejetait le progrès et le christianisme social, offrit durant dix ans une large tribune aux débats d'idées et aux témoignages mystiques. Ce volume passionnant se clôt par de nombreuses lettres inédites de Marcel Moré à son ami Michel Leiris.

Digraphe N°86-87, 238 pages, 110 F - 17, rue Visconti 75006 Paris)

 

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