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Article paru dans le N°24 du Matricule (sept.98)

Décharge

L'ami Jacmo s'apprête à prendre un sacré coup de vieux avec sa revue Décharge (cinq livraisons par an : 130 FF) qui approche dangereusement du centième numéro. Ce N°98 qui, comme le fait remarquer le plus vieux revuiste de France (25 ans d'encre sur les mains), coïncide avec France 98 ("Un sacré tour de force") nous offre ici une Collection privée de Jean-Louis Massot (qui "cause américain comme un Belge" selon l'hallucinante présentation de Pierre Autin-Grenier. Par ailleurs une large part de la revue est consacrée au poète Alain Malherbe. A noter également, qu'avec le long texte de Laurence Bougault, Le Grand Jouir, on se dit que la revue presque centenaire ne manque pas de sève.

Décharge N°98 - 80 pages, 25 FF

Jacques Morin 3, rue d'Auxerre - 89 560 Courson-les-Carrières
decharge@litterature.net

Note : ces fieffés coquins de chez Décharge ont investi le Net. ils ont déjà déménagé deux fois leur site en papier kraft, maintenant c'est ici

 

Article paru dans le N°26 du Matricule (mai.99)

Décharge

Dos carré, couverture quadri : pour un peu, on ne reconnaîtrait pas la revue trimestrielle Décharge, couverte il y a peu encore d'un papier kraft qui affichait son ambition de rester modeste et artisanale. Arrivée à cet âge canonique malgré les marrées plus souvent basses que hautes, la revue de Jacmo s'est offert le luxe d'un mariage de raison qui n'exclut pas la passion. La centième livraison ressemblait un peu à un album de famille à feuilleter la larme à l'oeil. Le regard dans le rétroviseur faisait un peu contre nature pour une revue habituée à découvrir de nouveaux talents. Certes, ce numéro anniversaire est un formidable outil pour explorer le temps de la poésie (on en croise quelques-uns qui ne font toujours pas leur âge). Le numéro 101 de mars (Décharge avance plus vite que nous) est un nouveau départ malgré le pessimisme tendre de Jean-Pierre Georges qui vient d'être nommé chroniqueur ("Ma vie, ça fuit quelque part"). Côté sang neuf, le couple Valérie Rouzeau-Jean-Pascal Dubost, apporte sa contribution par un dossier consacré à Sabine Macher dont on a déjà salué l'immense talent. La revue nous offre, inédit, un extrait d'un texte écrit comme un journal : pour marquer le temps. Le ton drolatique de la revue a trouvé son écho chez Alain Kewes qui parvient à comparer le travail sur Internet "aux stages de poterie-peinture sur soie de (ses) plus belles années". Les différentes chroniques ont en commun cette bougonnante fraternité qui se sauve du sérieux par un humour et un style toujours sans fard.Mais, ce qui rend probablement indispensable Décharge c'est sa mine d'informations éditoriales, côté petites structures et revues de têtus. Jacmo himself s'y colle et l'on découvre de nouveaux noms, des adresses de revues dont on ignorait l'existence. Il est vrai que quelques dizaines d'années à porter le flambeau revuiste finit par faire de votre carnet d'adresse l'exact contraire de votre portefeuille. Côté création, on appréciera le Tout arrive de justesse du dernier lauréat du prix Max-Pol Fouchet, Bruno Berchoud qui rejoint la cohorte des poètes du quotidien habitués à Décharge, une jolie strophe d'Eliane Bélaud ("Je me tais/ en pliant les mots/ sous la langue/ le silence s'apprend"), la petite prose de Mathias Richard qui fait songer à Nathalie Quintane ("parfois on ne sait plus si on voit un chien noir écrasé ou un cadavre de pneu") et surtout les courtes "légende(s) de quatre murmures" d'Yves Artufel. C'est justice de consacrer quelques pages à ce poète dont la voix hésite entre l'aube et le crépuscule.

T. G.

Décharge N°101 96 pages, 40 FF (!) Abt : 130 FF

Jacques Morin 3, rue d'Auxerre 89 560 Courson-les-Carrières - http://www.multimania.com/decharge
decharge@litterature.net

 

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