l'Esprit des Péninsules

éditions l'Esprit des Péninsules

21, rue du Grand-Prieuré

75011 Paris

Tel : 0149239744

Fax : 0143384314

http/www. livre-en-ligne. fr/peninsul

Diffusion : Harmonia Mundi

Distribution : Les Belles Lettres


Catalogue 1997

C'est à Sofia que Yordan Raditchkov, pour expliquer le succès de ses livres dans les pays scandinaves et la relative indifférence à leur égard en France, recourut à une expression qui allait devenir l'allégorie gracieuse de notre aventure éditoriale :

" Peut-être s'agit-il d'un esprit des péninsules! Vous savez, personne ne considère que le couloir est une pièce de l'appartement. L'Europe non plus ne s'occupe pas des couloirs, des péninsules. "

Mais il n'en fut pas moins toujours entendu, que les péninsules étaient avant tout des états… d'esprit.

Tout comme les péninsules géographiques se trouvent reliées au continent d'un côté et entourées d'eau sur les trois autres, nos auteurs demeurent aux trois-quarts immergés dans la pleine mer d'un imaginaire très personnel et ne s'arriment à la terre des hommes que le temps d'une poignée de mains.


HORS COLLECTION

Sables

GERARD LE MEUR

Choix et préface de Predrag Matvejevitch

Gérard Le Meur est né en l948 à Paris. Il écrit " depuis toujours ". Peut-être a-t-il commencé Dieu sait où et comment, " avant même de naître ". Il sourit quand je le cite. Il s'ouvre soudain quand je me mets à lui parler de certains de ses poèmes, de la manière dont j'entends en faire un choix. " Laissez de côté ce que j'ai pu écrire sous l'effet des médicaments ", m'interrompt-il. " Je vous l'ai dit, cela asphyxie.

Il acquiesce lorsque je lui propose, une situation de ses propres poèmes : entre un Rimbaud qui poursuit ses " péninsules démarrées " et un Artaud qui se délivre de " la cruauté " de son théâtre quotidien. Il me paraît plus proche du premier par ses dérives, du second par son destin. Il préférerait, quant à lui, un autre mot que celui de destin. Une vie de reclus où toute sortie devient escapade : " L'île de la Cité visitée une fois "…



ISBN 2-910435-22-9, 72 pages, 80FF, 1997


LETTRES MEDITERRANEENNES

La Brigue et le Talion

RODRIGO DE ZAYAS

Premier volet de la tétralogie Ce Nom sans écho

Premier volet d'une tétralogie intitulée Ce Nom sans écho qui constitue une traversée du siècle " de la naissance d'Israël à celle de la Palestine ", selon la définition de l'auteur.

Le livre alterne deux récits unis par un jeu de correspondances et les liens de parenté des personnages.

1936. Judith Penuel s'engage auprès des républicains espagnols pour venger ses ancêtres sefarades jadis expulsés de Grenade, avant de se consacrer à un projet colossal : la création d'un état juif.

Le deuxième récit a pour cadre l'Espagne du XVIe siècle et les persécutions à l'encontre des musulmans. Son protagoniste participe à des batailles de plus en plus désespérées contre les troupes de Philippe II et l'Inquisition.


Rodrigo de Zayas est né à Madrid en 1935 et a reçu une éducation française successivement à Damas, Grenoble et Paris. Acteur engagé de la vie intellectuelle et politique de son pays, il se consacre notamment à la musique et à l'histoire. Il publie ici son premier roman, directement écrit en français.

" Porté par une vaste érudition, avec le français comme arme de combat, le musicien et romancier espagnol offre une tétralogie épique sur les quatre derniers siècles. Pour penser l'impensable du monde moderne. "

Francis Marmande, Le Monde



ISBN 2-910435-07-5, 344 pages, 139FF, 1996


LETTRES MEDITERRANEENNES

Les Faussaires

RODRIGO DE ZAYAS

Deuxième volet de la tétralogie Ce Nom sans écho

1937. Judith Penuel entreprend de réaliser la mission posthume que lui a confiée son père : échanger son immense fortune contre la création d'un État juif avec le soutien du gouvernement américain.

Parallèlement à cette tâche, elle organise un trafic de faux tableaux en direction de l'Allemagne nazie dans le but de ruiner cette dernière, tout comme ses ancêtres sefarades acculèrent jadis l'Espagne catholique à la banqueroute en l'inondant de fausse monnaie.

C'est là l'occasion d'une réflexion sur la contrefaçon en art, mais aussi en finance, en politique et en religion.


" De Zayas a choisi une formule enlevée, souvent truculente, qui porte son lecteur au rythme implacable des récits d'aventure. "

Bertrand Leclair, La Quinzaine littéraire


ISBN 2-910435-09-1, 304 pages, 135FF, 1996


HORS COLLECTION

La Bosnie, carrefour d'identités culturelles

MIDHAT BEGIC

Traduit du serbo-croate par Mauricette Begic'

Le lecteur découvrira ici, ou fera plus ample connaissance, avec Ivo Andric et Miroslav Krleza, les deux plus grands écrivains qu'aient comptés les Slaves du Sud, le Rire d'Henri Bergson et la Cosmopolis de Maxime Gorki, les Nourritures Terrestres de Gide et les Noyers de l'Altenburg de Malraux, l'Aleph de Borges et la célèbre polémique entre Sartre et Camus.

Essayiste subtil et intellectuel laïque, agnostique issu d'une famille musulmane, partisan de l'unité des Slaves du Sud et, en même temps, esprit européen, Midhat Begic (1911-1983) a ressenti, plus que d'autres, le " trouble identitaire " douloureusement intériorisé par des générations d'intellectuels musulmans de Bosnie-Herzégovine

" Ce livre nous impressionne par ce qu'il nous apprend des grands écrivains slaves du sud; il impressionne aussi par l'analyse subtile qu'il nous livre de la fuite baudelairienne ou de la dynamite des oeuvres de Malraux; il émeut parce qu'il incarne et fait mesurer la richesse, le Carrefour d'identités culturelles de cette Bosnie aujourd'hui déchirée "

Catherine Samary, Le Monde Diplomatique

" La lecture des essais de Midhat Begic vaut mieux qu'une soirée spéciale Bosnie à la télévision pour comprendre le drame de l'ex-Yougoslavie "

Info-Matin


ISBN 2-910435-14-8, 256 pages, 95FF, 1994


HORS COLLECTION

Une leçon de Ténèbres

SAMUEL SANDRE

En l'an de grâce 1652, la Lorraine est ravagée par la peste. A Lunéville, Georges de La Tour, dont la femme vient de succomber à l'épidémie, décide de mettre fin à ses jours. Un enfant aux traits angéliques survient et le ramène à la vie, mais le peintre demeure frappé d'amnésie. Deux personnages décisifs l'accompagneront dans la quête de son passé : un moine qui a entrepris de réfuter un livre " blasphématoire " (l'oeuvre de Spinoza?) et un jeune peintre, aussi turbulent que talentueux, dont le visage et les premières oeuvres lui paraissent singulièrement familiers.

Peu d'artistes aussi célèbres que Georges de La Tour (1593-1652) demeurent entourés d'un pareil mystère quant à leur biographie et à leur personnalité artistique. Fort de l'admiration de longue date qu'il porte au peintre lorrain, Samuel Sandre entreprend ici de reconstituer ce que l'on a pu appeler " le puzzle de sa vie et de son oeuvre ". Sa leçon de Ténèbres mobilise toutes les ressources de l'imagination romanesque ainsi qu'une parfaite connaissance de l'artiste et de son époque pour éclairer d'un jour nouveau l'une des figures les plus émouvantes de la peinture occidentale.


Samuel Sandre, jeune peintre de talent, signe ici son premier roman.

" Vous avez transformé la peinture de La Tour en roman finalement borgésien, mais qui reste entre ténèbres et lueurs, comme si la magie de La Tour était entrée dans votre écriture… "

Edgar Morin


ISBN 2-910435-21-0, 216 pages, 120FF, 1997


LETTRES MEDITERRANEENNES

Shéol

RODRIGO DE ZAYAS

Troisième volet de la tétralogie Ce Nom sans écho

1944. Judith Penuel a choisi envers et contre tout de rester en France, près de ses deux enfants. Elle reçoit un jour la visite d'un officier allemand qui prétend être en réalité un agent britannique infiltré au sein de la Gestapo. Il l'informe qu'elle est recherchée par les autorités nazies à la fois pour ses origines juives et pour meurtre, et se propose de l'aider à fuir le pays.

Tous deux se mettent en route et, à l'occasion d'un incident d'apparence anodine, le récit emprunte deux directions divergentes, se poursuit selon deux possibles enchaînements des événements.

Le lecteur est successivement invité à suivre chacun de ces chemins virtuels.


" Il est des éruditions qui fonctionnent comme des mécaniques précieuses d'horlogerie. Les voir en mouvement est simplement beau. "

Thierry Guichard, Le Matricule des Anges


La Pourpre prophétique, quatrième et dernier volume de la tétralogie Ce nom sans Écho, paraîtra en janvier 1998.

ISBN 2-910435-10-5, 244 pages, 129FF, 1996


LETTRES MEDITERRANEENNES

Contes d'Islam

RENE KHAWAM

La vingtaine de récits ici rassemblés peuvent être classés selon deux principales sources d'inspiration. D'une part, une admirable évocation de la naissance de l'Islam et de ses vertus fondamentales : l'ouverture et la tolérance. D'autre part, un vibrant hommage à des vertus aussi immémoriales que le soleil d'Arabie.

Plusieurs de ces Contes mettent ainsi en scène des juges habiles à démasquer les escrocs et les parjures par d'habiles feintes rhétoriques, ou des amoureuses expertes à écarter les prétendants indésirables au terme de combinaisons à faire pâlir de jalousie les plus grands joueurs d'échecs.


René Khawam est né en 1917 à Alep, dans une famille syro-libanaise, et s'est installé en France en 1947.

Disciple et confident du grand orientaliste Louis Massignon, René Khawam a obtenu en 1996 le Grand Prix National de la Traduction.


" Servi par un style d'une grande pureté, les Contes d'Islam de René R. Khawam est un livre enchanteur et sulfureux, de construction habile et originale, qui concilie licence poétique et véracité historique. "

Claude Darras, Le Provençal


ISBN 2-910435-12-1, 208 pages, 119FF, 1997


L'ALAMBIC

État des lieux - Ce que vous auriez pu deviner

YVES MARTIN

" De ce matelas, toutes sortes d'objets ont fait la conquête, mouchoirs grimés, sperme, lames de journaux qui risquent de devenir coupantes. Lettres qui se glissent là pour avoir enfin des réponses différentes, plus ambiguës, larvaires. Dans quelques mois, il ne me protégera plus. J'avancerai dans la nuit dans ce drôle d'imperméable, ouvert comme un pendu sur la place publique avec des retournements dangereux de balançoires. Les chemins de terre de la ville n'ont jamais disparu, ni les caillasses. Les voilà. Douleur! Douleur! "

Yves Martin dresse ici un État des lieux existentiel sous la forme d'une minutieuse topographie de son appartement. Mise à nu, parfois teintée d'amertume, à l'occasion de laquelle le lecteur accède au coeur du mystère : " la valise aux manuscrits ".




ISBN 2-910435-27-X, 60 pages, 55 FF, 1997


L'ALAMBIC

La vengeance du portrait ovale

GABRIEL DE LAUTREC

Chef-d'oeuvre incontesté de l'auteur, La Vengeance du portrait ovale, qui emprunte à Edgar Poe l'un de ses titres les plus célèbres, est un recueil de vingt-sept récits à la croisée du roman noir, du fantastique et de la science-fiction. L'inspiration si singulière qui s'y manifeste tient autant à la personnalité de l'auteur et à sa prédilection pour l'humour grinçant et le mélange des genres, qu'à l'influence de l'alcool et du haschich, dont il faisait un usage régulier.

Ces dernières influences sont aisément repérables dans maints textes du présent recueil, à commencer par le plus fameux d'entre eux, Le Bocal vert, dans la manière " médicale " du Théâtre du Grand-Guignol, qui évoque l'univers inquiétant d'un collectionneur de bocaux pharmaceutiques.


Disciple d'Alphonse Allais, honoré du Prix des Humoristes en 1920, inventeur du mètre en caoutchouc et inspirateur du célèbre " Tout va très bien Madame la Marquise ", Gabriel de Lautrec (1857-1938), est l'auteur de textes insolites.

" Une suite de contes mystérieux écrits avec une exemplaire sobriété. Le talent de Gabriel de Lautrec est polychrome […], ces histoires-ci éveillent le merveilleux frisson de la peur. Il est vrai que pendant la lecture de ces captivantes pages, il m'a semblé sentir autour de moi le fantôme goguenard de Mark Twain, l'ombre hallucinante d'Edgar Poe, l'imagination conteuse de Wells, le cynisme intermittent de Pierre Mac Orlan ou même l'inquiétant génie de Maurice Renard. "

Jean Ray


ISBN 2-910435-22-9, 248 pages, 120FF, 1997


LETTRES MEDITERRANEENNES

Dialogues oecuméniques de Guérison suivi de Traité sur la Sainte Trinité

GERASSIME

Traduit de l'arabe par René Khawam

Les Dialogues OEcuméniques de Guérison sont l'oeuvre de Gérassime, Supérieur du couvent de Saint-Syméon le Thaumaturge à Antioche, et disciple de Saint Jean Damascène, que les experts situent entre le XIIe et le XIIIe siècle.

Le lecteur d'aujourd'hui trouve ainsi accès aux écrits des Arabes chrétiens, trop souvent connus des seuls spécialistes, en dépit du rôle important qu'ils ont joué dans le domaine culturel.

Ces Dialogues répondent à des objections particulières à l'époque mais qui restent d'actualité : la religion chrétienne n'est pas universelle, les chrétiens adorent trois dieux et rabaissent l'un des trois au rang de créature.

En dehors du souffle de fraîcheur qu'il apporte par-delà les siècles, ce texte offre des documents de grande valeur puisque des variantes du Prologue de Saint-Jean, de certains verset des Évangiles et d'une Epître de Saint-Paul présentent une forme différente des textes admis.


René R. Khawam a obtenu le Grand Prix National de la Traduction 1996 pour l'ensemble de son oeuvre.

ISBN 2-910435-08-3, 304 pages, 149FF, 1996


LETTRES MEDITERRANEENNES

Le Mariage de l'Émir Conjonctif

Les Comédiens de la rue

L'Amoureux et l'Orphelin

MOUHAMMAD IBN-DANIYAL

Théâtre d'Ombres - 3 volumes

Traduit de l'arabe par René Khawam

Quand un médecin est poète, quand en même temps, il s'intéresse à l'art dramatique, on peut obtenir un chef-d'oeuvre d'humour, de paillardise et d'érotisme. Confrère de Rabelais et Céline (il possède la truculence du premier et le goût pour la charge du second), Mouhammad Ibn-Dâniyâl (1265-1310), vécut en Egypte au temps des Mamelouks. Ceux-ci détrônèrent bientôt les sultans égyptiens et exercèrent une dictature absolue sur tout le pays, bannissant toute forme de contestation populaire. L'espace de liberté critique se limita alors aux planches du " Théâtre d'ombres ". Les pièces représentées prenaient pour héros des ombres et déployaient une verve satirique à l'encontre de personnages imaginaires où l'on reconnaissait sans peine les hommes politiques au pouvoir. Leurs auteurs devancèrent ainsi de plusieurs siècles ceux de nos modernes " Guignols de l'Info ".

En dehors de ces consultations, Mouhammad Ibn-Dâniyâl aimait à parcourir les rues du Caire et goûter le spectacle offert par les vendeurs ambulants et les bateleurs (personnages principaux des Comédiens de la rue), voire à participer aux cérémonies et aux banquets de mariage (Le mariage de l'Émir Conjonctif), toujours en quête d'histoires d'amour piquantes et savoureuses (L'amoureux passionné et l'Orphelin).

René R. Khawam a obtenu le Grand Prix National de la Traduction 1996 pour l'ensemble de son oeuvre.

Le Mariage de l'Émir Conjonctif, ISBN 2-910435-13-X, 144 pages, 110 FF, 1997

Les Comédiens de la rue, ISBN 2-910435-17-2, 59 FF, 104 pages, 1997

L'Amoureux et l'Orphelin, ISBN 2-910435-23-7, 82 pages, 55 FF, 1997


DOMAINE RUSSE

Ibycus

ALEXEI TOLSTOI

Traduit du russe par Paul Lequesne

Côté cour, Sémion Ivanovitch Nevzorov partage son existence entre de vagues rêves de midinette et quelques " polissonneries " avec sa maîtresse Knopka. Côté rue, la monotonie des semaines de bureau n'est guère rompue qu'à l'occasion des heures passées au cabaret du " Pôle Nord ". Ses camarades de beuverie n'accordent donc guère crédit aux propos d'une voyante qui prédit à notre homme " un destin rempli d'aventures variées ".

C'est alors que la guerre puis la révolution russe - " on s'engagea dans un gouffre, on versa les quatre roues en l'air " - se chargent de réaliser au-delà de toute espérance les prophéties de la vieille Tzigane.

Alexeï Tolstoï place dès lors son talent multiforme au service du plus échevelé des romans-feuilletons, et la vie de Nevzorov se confond bientôt avec une suite déchaînée de péripéties, au long d'une ligne de fuite éperdue depuis Saint-Pétersbourg jusqu'à Istanbul, en passant par Odessa.

Une figure du tarot de Mademoiselle Lenormand " Le Symbole de la mort ou le crâne parlant d'Ibycus " accompagne Nevzorov.

L'on retrouve dans Ibycus tous les thèmes favoris d'Alexeï Tolstoï, la plupart fortement teintés d'autobiographie : l'exil, les bouffonneries du destin et de l'Histoire, le rouge et le blanc… servis par une inimitable vitesse d'écriture.



Du même auteur, Les Villes bleues, Manuscrit trouvé sous un lit et La Vipère sont également disponibles en coffret. ISBN 2-910435-15-6, 195FF

ISBN 2-910435-19-0, 216 pages, 120FF, 1997


BALKANIQUES

Nous les moineaux

YORDAN RADITCHKOV

Traduit du bulgare par Véronika Nentcheva et Marie Vrinat

Aussi célèbre en Bulgarie que, chez nous, le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, Nous les moineaux s'adresse avec le même bonheur aux lecteurs de tous âges.

Djiff le narrateur, Mon-Cher-Monsieur, le râleur, Cui, celui qui ne vole qu'en marche arrière, Piou-Piou, le chanteur, et tous les autres forment une bande de piafs inséparables, même dans les plus périlleuses aventures : apprendre à voler, affronter un épouvantail ou un épervier, traverser le Danube ou partir en voyage sur la lune.

Traduit en une quinzaine de langues, Yordan Raditchkov a déjà publié en français Les Cours obscures (Gallimard) et Les Récits de Tcherkaski (L'Esprit des Péninsules).



ISBN 2-910435-25-3, 130 pages, 90FF, 1997


BALKANIQUES

La Graine noire

TACHKO GHEORGHIEVSKI

1948. La guerre civile sévit toujours en Grèce. Plusieurs centaines de soldats de l'armée royale, soupçonnés de communisme, sont déportés sur une île déserte au milieu de la mer Egée.

Parmi les prisonniers du camp se trouve Doné, simple paysan macédonien injustement accusé d'insubordination.

Plutôt que de se révolter ou de chercher à s'évader, celui-ci se réfugie toutes les nuits en pensée auprès de la femme qu'il a laissée dans son village natal. A la faveur de ces retours au pays imaginaires, Doné tire de la terre de Macédoine les forces nécessaires pour résister à toutes les humiliations et à tous les mauvais traitements.

Cet homme naïf et contrefait en vient bientôt à ressembler aux héros légendaires du peuple macédonien.

La Graine noire s'attache à un épisode peu connu de la guerre civile qui fit rage en Grèce, suite au partage des Balkans décidé à Yalta, et constitue une émouvante allégorie du destin de la Macédoine, ce petit pays si souvent malmené par l'Histoire.


Né en 1935, Tachko Ghéorghievski vit actuellement à Skopje (République de Macédoine). Récompensés par plusieurs prix nationaux, ses ouvrages ont été traduits en une dizaine de langues, dont le français (Le Cheval rouge, L'Age d'Homme, 1989).



ISBN 2-910435-16-4, 119 pages, 95FF, 1997


DOMAINE RUSSE

Les Villes bleues

ALEXEI TOLSTOI

Traduit du russe par Paul Lequesne

Alexeï N. Tolstoï publia en 1925 un bref texte dont la subtilité formelle suffit à rendre quel sentiment de perplexité devait alors éprouver l'auteur face à sa propre destinée et à celle de son jeune pays. L'argument finalement fort simple du récit - reconstitution d'un acte criminel commis par un jeune étudiant en architecture, ancien soldat de l'Armée rouge, que hantent jusqu'au délire les visions d'une ville futuriste et d'une société idéale - prend, à la lumière des bouleversements survenus dans l'ex Union Soviétique, l'aspect d'une aveuglante métaphore : le camarade Boujeninov est le bâtisseur d'un rêve, l'architecte d'un monde qui n'existera jamais.


Maître à écrire de nombre d'écrivains soviétiques des années trente, de Boulgakov à Olecha, Tolstoï fut d'abord hostile à la révolution et chef de file de l'intelligentsia " blanche " en exil, avant de compter au nombre de ces écrivains " repentis " qui firent allégeance à Staline. Son oeuvre surprendra le lecteur par ses fulgurances d'écriture et son pouvoir fabuleux de donner consistance aux plus insignifiants quidams en quelques traits qui portent juste.

" Tolstoï : des accents qui rappellent à la fois Romain Rolland et Louis Aragon, la véhémence en plus. "

Alain Bosquet, Le Figaro

Les Villes bleues, Manuscrit trouvé sous un lit et La Vipère sont également disponibles en coffret. ISBN 2-910435-15-6, 195FF

ISBN 2-910435-01-6, 96 pages, 65FF, 1994


BALKANIQUES

Le dernier Voyage d'Ago Umeri

BASHKIM SHEHU

Traduit de l'albanais par Anne-Marie Autissier

Un homme étrange, vêtu de haillons, fait son apparition dans un village de l'Albanie profonde et dit s'appeler Victor Dragoti. Or ce nom est celui d'un fugitif abattu neuf ans plus tôt par les gardes-côtes tandis qu'il essayait de quitter le pays à la nage. S'agit-il d'un fou ou d'un revenant?

Le Dernier Voyage d'Ago Umeri est le roman de la liberté contre la tyrannie, de l'amour fou contre la mort, et une tentative d'exorciser le passé tragique d'un homme, d'un pays et plus généralement, de cette moitié de continent jadis appelée l'Autre Europe.


Bashkim Shehu est né à Tirana en 1955. Son père, haut dignitaire du parti communiste albanais fut assassiné dans des circonstances obscures par Enver Hodja, " Le Sultan rouge ". Son fils aîné disparut tout aussi mystérieusement, électrocuté dans son lit, bientôt suivi par sa veuve, décédée en prison. Bashkim Shehu lui-même fut emprisonné en tant que détenu politique de 1982 à 1991, puis condamné à un an et demi d'exil intérieur.

Ce conte noir et sanglant qui emprunte aux mythes balkaniques autant qu'à la vie de l'auteur, est comme un exutoire pour cet Oreste d'aujourd'hui qui ne peut ni pardonner ni abandonner sa quête. "

Nicole Zand, Le Monde


ISBN 2-910435-04-0, 160 pages, 110FF, 1995


DOMAINE RUSSE

Manuscrit trouvé sous un lit suivi de Mirage et

Vendredi noir

ALEXEI TOLSTOI

Traduit du russe par Paul Lequesne

Antérieurs aux Villes bleues, les trois textes présentés ici se situent dans le milieu de l'émigration blanche. Le récit très noir qui donne son titre à l'ensemble - peinture au vitriol de la France d'après-guerre et de l'état d'esprit des émigrés - permet de goûter une virtuosité d'écriture hors du commun et un art de l'ellipse poussé à la perfection.

Rédigé un an plus tard (1924), Mirage conte avec une concision exemplaire les tribulations d'un Russe dans les ruines de l'Empire tsariste, puis à Paris et New York.

Vendredi noir (1924) s'organise autour des biographies successives - et imaginaires - d'un certain Adolf Zader dont l'irruption bouleverse l'existence des hôtes russes d'une pension berlinoise.

" La vivacité du style y est saisissante. Une impression de grande modernité. Le destin désaxé des personnages donne à lire, en filigrane, le chaos du monde et, au-delà, l'itinéraire de l'auteur ".

Anne Thébaud, La Quinzaine littéraire


Les Villes bleues, Manuscrit trouvé sous un lit et La Vipère sont également disponibles en coffret. ISBN 2-910435-15-6, 195FF

ISBN 2-910435-03-2112 pages, 69FF, 1995


BALKANIQUES

Une Anthologie de la poésie moldave

COLLECTIF - EDITION BILINGUE

Traduit du roumain par Odile Serre et Alain Paruit pour le français, et par Cornélia Golna pour l'anglais.

L'unité de la génération de poètes moldaves contemporains tient non seulement à l'âge - ils sont nés entre 1958 (Gârnet) et 1964 (Galaicu-Pàun) -, mais également à ce qu'ils rejettent tous : la poésie des générations précédentes, déclamatoire, d'inspiration rurale et d'expression métaphorique. Au traitement traditionnel, lyrique et émotionnel des thèmes, succède un traitement cérébral, froid, qui introduit la distance nécessaire entre l'objet et le sujet de l'émotion.

La présentation de cette anthologie par Sorin Alexandrescu (Une nouvelle poésie roumaine en Moldavie), constitue une introduction fort éclairante à l'une des poésies les plus méconnues du Vieux Continent.


" Les profonds changements politiques et économiques vécus par les Moldaves trouvent un écho dans ces poésies mêlant l'intériorité à une vision froide du paysage urbain et de la modernité. Un pays se dessine dans la douleur d'un nouvel enfantement. "

Marc Blanchet, Le Matricule des Anges


ISBN 2-910435-11-3, 216 pages, 120FF, 1996


DOMAINE RUSSE

La Vipère suivi de La Route ancienne

ALEXEI TOLSTOI

Traduit du russe par Paul Lequesne

Laissée deux fois pour morte, Olga Viatcheslavovna s'est distinguée au cours de la guerre civile par ses exploits et sa hargne dans les rangs de la Cavalerie rouge. Retournée à la vie civile, elle se retrouve seule, dépouillée de sa propre histoire et de ses quelques rêves, après que le seul être qu'elle aimait eut été tué sous ses yeux. Elle semble se résigner à une existence, sans saveur ni éclat, quand elle s'éprend d'un homme dont elle ignore qu'il est le fiancé de l'une de ses colocataires. Le dénouement sera meurtrier.

La Route ancienne est l'ultime méditation d'un officier français mortellement blessé, observant d'un oeil à la fois curieux et détaché la vie qui s'agite encore autour de lui sur le navire qui l'emporte et lentement suit la route que parcoururent pendant des milliers d'années les peuples de mer Noire et de Méditerranée.


" Ce qui est admirable dans ces nouvelles d'Alexeï Tolstoï, c'est leur élan, leur variété, leur féroce insolence, leur mordant! "

Alain Bosquet, Le Figaro


Les Villes bleues, Manuscrit trouvé sous un lit et La Vipère sont également disponibles en coffret. ISBN 2-910435-15-6, 195FF

ISBN 2-910435-14-8, 112 pages, 70FF, 1997


DOMAINE RUSSE

Le Gaucher

NIKOLAI LESKOV

Traduit du russe par Paul Lequesne

Postface de Michel Parfenov

Le Gaucher peut être présenté comme un conte grotesque, mais il relève également d'un genre littéraire très prisé en Russie : le skaz.

Dans Technique du métier d'écrivain, Viktor Chklovski définit en quoi consiste le skaz et en profite pour résumer l'intrigue du Gaucher : " (…) les Anglais ont offert à Alexandre Ier une puce-automate en acier. Cette puce est capable de danser. Son successeur, Nicolas Ier, décide de surpasser les Anglais et confie la puce à un artisan, le Gaucher. Celui-ci réussit à la ferrer. C'est un exploit, et en même temps une absurdité technique : la puce, en effet, ne peut plus danser. Tel est, pour l'essentiel, l'ossature du sujet.

Le texte entier est rédigé dans un style terriblement vantard, mais le narrateur semble ne pas comprendre la signification de ce qu'il raconte. Les pyramides sont ainsi rebaptisées “céramydes”, complet-veston donne “gilet-complet”, etc… Le lecteur devine par lui-même le sens des mots. "

Nikolaï Sémionovitch Leskov (1831-1895) demeure peu connu en France où, malgré deux volumes de nouvelles publiés par l'Âge d'Homme, et un tome dans " La Pléiade ", on ne le fréquente guère que comme l'auteur du récit Lady Macbeth de Mtsensk, qui servit au livret du célèbre opéra de Chostakovitch. Leskov, ainsi qu'en témoigna Gorki, mérite pourtant " d'être placé sur le même plan que les créateurs de littérature russe comme Léon Tolstoï, Gogol, Tourguéniev, Gontcharov. Son talent ne le cède guère, en force et en beauté, au talent de n'importe lequel de ces illustres chroniqueurs de la terre russe…"

" Qu'il nous soit permis de saluer la magistrale performance du traducteur qui rend enfin lisible un des chefs d'oeuvre de la littérature russe. "

Michel Parfenov

ISBN 2-910435-19-9, 70 pages, 55FF, 1997


BALKANIQUES

Terre sans continent

PREC ZOGAJ

Traduit de l'albanais par Elisabeth Chabuel

Terre sans continent définit aussi bien l'Albanie - ce pays que la démence idéologique de ses dirigeants relégua dans un espace temps distinct de celui de ses voisins européens - qu'un territoire intime : État d'Enfance et Empire de l'Amour inlassablement arpentés aux fins d'en recenser les possessions - Le souvenir d'un visage ou d'un reflet sur la mer, la torpeur presque palpable des dimanches, les rêveries que suscitent un passant anonyme ou la nouvelle de sa mort.


Né à Tirana en 1957, Preç Zogaj appartient à cette nouvelle génération d'écrivains albanais apparue dans les années quatre-vingt-dix - Besnik Mustafaj, Ilirian Zhupa, Agim Isaku. Tout comme ces derniers, sa notoriété est autant littéraire - une dizaine de volumes (poèmes, nouvelles et romans) - que politique. Il fonda en 1991 le premier journal d'opposition en Albanie et fut ensuite député puis ministre de la Culture de son pays.

" Quarante-cinq poèmes pour évoquer, depuis la terre d'Albanie, le destin universel de la tendresse, du deuil, du plaisir, de l'absence, du voyage. Des poèmes simples et nus comme la pauvreté. "

B. Chevalley



ISBN 2-910435-05-9, 72 pages, 70FF, 1995


BALKANIQUES

Les Récits de Tcherkaski

YORDAN RADITCHKOV

Traduit du bulgare par Marie Vrinat

" Yordan Raditchkov appartient à ce monde paysan qui, à travers ses récits, est devenu une fable, le petit monde imaginaire de Tcherkaski. Recouvert de neige et peuplé de poules et de cochons qui ont au moins autant d'importance que les humains, Tcherkaski est un village dans lequel les diables se cachent dans les endroits les plus inattendus; les traîneaux se mettent à glisser tout seuls, les fusils à tirer, les épis de maïs et les geais ont leur mot à dire tout comme le garde champêtre, et un ballon captif fait la guerre à tout le village.

Raditchkov est un poète du froid, de la neige, du blanc hivernal. C'est un écrivain ironique et raffiné, qui transforme le monde en une bulle de savon, mais c'est aussi un paysan sanguin, enraciné dans cette totalité épique dont il tire ses récits. "

Claudio Magris


" Auteur important de la prose bulgare, Yordan Raditchkov se réclame de la tradition orale des Balkans en même temps que de Gogol et Rabelais. "

Nicole Zand, Le Monde

" Un Garcia Marquez des Balkans. "

Martin Nag, Frichtennewspaper

" Un talent digne du Prix Nobel. "

Renato Minore, Il Messaggero



ISBN 2-910435-02-4, 106 pages, 110FF, 1994


DOMAINE RUSSE

Technique du métier d'écrivain

VICTOR CHKLOVSKI

Traduit du russe par Paul Lequesne

Technique du métier d'écrivain se présente comme un véritable petit manuel pratique, abondamment illustré par les grands auteurs - Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov bien sûr, mais aussi Boccacio, Dickens et Maupassant, sans oublier Chklovski lui-même! -, où l'on trouvera exposé, dans une langue claire et raisonnée, un certain nombre de règles à suivre, d'exemples à méditer, d'écueils à éviter, le tout s'adressant à quiconque prétendrait faire ses premières armes dans la littérature.

Le lecteur y apprendra ainsi pourquoi il vaut mieux ne pas se hâter de devenir écrivain professionnel, comment l'on rédige des articles de journaux, comment un écrivain définit et construit ses personnages; il y apprendra à collectionner les mots, noms communs et noms propres, et y découvrira quelques notions élémentaires sur la nature du sujet, l'importance de la langue littéraire, et la fabrication d'une oeuvre (développement de l'intrigue, définition des caractères, peaufinement des détails). Pour finir, il retiendra quelques conseils à propos de la poésie et notamment pourquoi il vaut mieux ne pas s'y risquer…


Il ne devrait plus être besoin aujourd'hui de présenter Victor Chklovski (1893-1984). Co-fondateur, avec Tynianov et Jakobson, de l'école formaliste russe, il faut souligner le rôle capital qu'il joua dans la révolution de la littérature, et l'influence majeure qu'il eut sur presque tous les écrivains de sa génération et des suivantes (ses définitions et propositions furent notamment à l'origine des travaux de Bakhtine sur la théorie de la prose). On pourra notamment lire en français : Sur la Théorie de la prose, éd. l'Age d'Homme, La Marche du cheval, éd. Champs libre, et Zoo, ou lettres qui ne parlent pas d'amour, éd. Gallimard.

ISBN 2-910435-20-2, 112 pages, 70FF, 1997


BALKANIQUES

Le Coeur dans la boîte en carton

SVETOSLAV MINKOV ET KONSTANTIN KONSTANTINOV

Traduit du bulgare par Kracimir Kavaldjiev et Eric Naulleau

Resté inédit en français pendant exactement soixante ans, ce roman-grotesque apparaît comme la version bulgare du combat qui s'engagea en Europe, durant les années trente entre le pot de terre de la littérature et le pot de fer de la réalité.

Écrit en 1933 par deux des plus importants écrivains bulgares de ce siècle, Le Coeur dans la boîte en carton narre les pérégrinations d'un poète à la recherche de " son organe le plus vital et le plus précieux ", mystérieusement disparu de sa poitrine.

Tout autant que son thème, la subtilité et l'ironie des procédés textuels employés, entre humour noir et fantaisie extrême, invitent à voir en ce récit, le " chant du signe " d'une certaine foi dans les pouvoirs de l'écriture.


" Une lecture aux accents kafkaïens des plus roboratives. A goûter sans délai. "

Gérard Nousse, Passerelles


108 pages, 68FF, juin 1993


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